Changement, à quel prix?
Alexis Fortier-Lalonde - Étudiant au baccalauréat en administration des affaires aux HEC
12 juin 2002
Il semble évident — quoique choquant — qu'il soit possible de voter pour n'importe quoi. Je suis convaincu, par contre, qu'il n'existe aucune raison pour justifier ce geste gratuit et le texte d'Alexis Cossette-Trudel (Le Devoir, 4 juin 2002) est loin de m'avoir persuadé. Je suis, par ailleurs, outrageusement révolté de voir que, malgré moi, je fais partie des gens de sa génération qui, certes, sont écoeurés de cette social-démocratie à la limite du virtuel mais qui, selon lui, sont prêts à vendre leurs votes à l'entreprise Dumont et, de fait, à n'importe quel prix. Je m'oppose donc délibérément et entièrement à son discours et, si je m'en tiens à ses paroles, aux gens de ma génération.
Si, de toute évidence, son discours est vide de sens, ses images ne le sont pas moins. Pour savoir si bien associer baseball et politique, il faut être nécessairement désespéré et sans doute assoiffé de cette culture de masse qui guidera la majorité québécoise vers l'élection d'un premier ministre néolibéral aux prochaines élections provinciales. Il votera donc pour un parti sans voter, affirme-t-il, pour son programme. Éloge du paradoxe; qu'est-ce que la responsabilité d'un citoyen sinon d'être assez informé sur la position de son vote pour prévoir les possibles répercussions de ce dernier? Celles du sien sont énormes. Il ne votera donc pas pour qu'enfin — comme le souhaite le chef du parti pour lequel il est en faveur — l'entreprise privée puisse agir en toute quiétude, mais pour une «bouffée d'air frais».
Or, à défaut de voter pour ce qu'il qualifie de «vestige de la guerre froide», il votera pour ce qui semble, nul ne pourrait le nier, l'idéologie dominante et certainement la plus actuelle. Ainsi, il souhaite que les Québécois ne soient plus impressionnés ni intimidés par les discours idéologiques théocratiques néolibéraux, qu'ils soient tout à fait à l'aise avec son fatalisme: qu'ils «croient» enfin à l'efficacité des marchés et aux lois du progrès!
Il désire qu'ils participent de toute urgence à cette importante montée de la droite internationale tout en ayant la conscience tranquille: il n'aura pas voté pour ce programme.
Il espère donc, épris d'une naïveté surprenante, que Bernard Landry renoue avec les valeurs sociales-démocrates, qu'il s'attarde davantage aux problèmes liés à la pauvreté. Étonnamment et illégitimement, il laisse M. Dumont et ses idéologies acheter ce qu'il reste du rêve social-démocrate.
De fait, le Québec a grandement besoin de changement. Pourtant, j'espère que les Québécois auront le courage, seront assez patients et déterminés pour espérer mieux que ce qu'offrent les idées neuves, les remises en cause et les débats proposés pas l'ADQ. Pour ce qui est des promesses, je ne sais trop ce qui lui fait croire que Mario Dumont sera en mesure de les tenir mieux que les autres, car, à mes yeux, il reste protagoniste du spectacle politique.
Il faudrait, par contre, l'élire pour en avoir le coeur net; je ne suis pas de ceux qui prendront cette chance.
Si, de toute évidence, son discours est vide de sens, ses images ne le sont pas moins. Pour savoir si bien associer baseball et politique, il faut être nécessairement désespéré et sans doute assoiffé de cette culture de masse qui guidera la majorité québécoise vers l'élection d'un premier ministre néolibéral aux prochaines élections provinciales. Il votera donc pour un parti sans voter, affirme-t-il, pour son programme. Éloge du paradoxe; qu'est-ce que la responsabilité d'un citoyen sinon d'être assez informé sur la position de son vote pour prévoir les possibles répercussions de ce dernier? Celles du sien sont énormes. Il ne votera donc pas pour qu'enfin — comme le souhaite le chef du parti pour lequel il est en faveur — l'entreprise privée puisse agir en toute quiétude, mais pour une «bouffée d'air frais».
Or, à défaut de voter pour ce qu'il qualifie de «vestige de la guerre froide», il votera pour ce qui semble, nul ne pourrait le nier, l'idéologie dominante et certainement la plus actuelle. Ainsi, il souhaite que les Québécois ne soient plus impressionnés ni intimidés par les discours idéologiques théocratiques néolibéraux, qu'ils soient tout à fait à l'aise avec son fatalisme: qu'ils «croient» enfin à l'efficacité des marchés et aux lois du progrès!
Il désire qu'ils participent de toute urgence à cette importante montée de la droite internationale tout en ayant la conscience tranquille: il n'aura pas voté pour ce programme.
Il espère donc, épris d'une naïveté surprenante, que Bernard Landry renoue avec les valeurs sociales-démocrates, qu'il s'attarde davantage aux problèmes liés à la pauvreté. Étonnamment et illégitimement, il laisse M. Dumont et ses idéologies acheter ce qu'il reste du rêve social-démocrate.
De fait, le Québec a grandement besoin de changement. Pourtant, j'espère que les Québécois auront le courage, seront assez patients et déterminés pour espérer mieux que ce qu'offrent les idées neuves, les remises en cause et les débats proposés pas l'ADQ. Pour ce qui est des promesses, je ne sais trop ce qui lui fait croire que Mario Dumont sera en mesure de les tenir mieux que les autres, car, à mes yeux, il reste protagoniste du spectacle politique.
Il faudrait, par contre, l'élire pour en avoir le coeur net; je ne suis pas de ceux qui prendront cette chance.
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