Popularité de l'Action démocratique - L'héritage de la Révolution tranquille est menacé
Suite à deux récents sondages (SOM-La Presse et Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail) confirmant la surprenante ascension du parti de Mario Dumont, l'Action démocratique du Québec, dans les intentions de vote des Québécois, un effet boule de neige se fait fortement sentir: les médias font leurs choux gras de cette popularité inattendue et de plus en plus de gens sont attirés par les promesses de renouveau que semble incarner la jeune formation politique.
Jusqu'à tout récemment, à peu près personne ne prenait le «petit Dumont» au sérieux. Il faisait partie de notre décor politique, mais sans plus. En conséquence, on n'accordait guère d'intérêt au contenu de son programme. Mais à partir du moment où des sondages crédibles nous apprennent qu'un nombre significatif d'électeurs manifestent leur intention de voter pour l'ADQ, il y a lieu de se poser des questions et d'analyser les lignes directrices de son programme afin de bien saisir les enjeux du changement qu'on nous propose.
Quand on sait que «83 % des Québécois sont incapables de nommer un seul élément du programme de l'ADQ» (sondage Léger Marketing, Le Devoir, 1er et 2 juin 2002), on comprend l'urgence de procéder à une clarification des idées et des propositions avancées par le parti de Mario Dumont. Ce qu'il faut savoir d'entrée de jeu, c'est que nous sommes en présence d'une formation politique qui propose des changements radicaux. Si, un jour ou l'autre, l'ADQ accédait au pouvoir, le Québec subirait à coup sûr des transformations profondes.
Ces transformations contribueraient-elles à faire du Québec un endroit où il fait bon vivre? Un endroit où les gens peuvent s'épanouir et ainsi participer à la construction d'une société meilleure? Rien n'est moins sûr. Car l'individualisme borné et le pragmatisme étroit qui sont à la base du programme adéquiste ne peuvent que donner des fruits bien amers.
Par exemple, dans le domaine de la santé, que propose l'ADQ pour réduire le problème des listes d'attente? Nous intimant de «cesser de jouer à l'autruche», affirmant que «même les animaux n'attendent pas autant pour se faire soigner dans les cliniques vétérinaires» (ici, il faut comprendre qu'il n'y a pas de liste d'attente parce qu'il s'agit de services privés, mais on omet de préciser que les animaux qui sont sans le sou n'y ont malheureusement pas accès), l'ADQ propose d'introduire «des mécanismes de concurrence» et d'encourager le secteur privé à prendre sa place en offrant des services rapides à ceux qui peuvent se les payer. (Les citations de ce paragraphe sont tirées d'un dépliant publicitaire faisant la promotion de la candidate de l'ADQ dans la circonscription de Berthier, Marie Grégoire, pour les élections partielles du 17 juin.)
Pour illustrer cette belle philosophie, le député adéquiste de Saguenay, François Corriveau, y est allé d'un témoignage profondément affligeant: étant lui-même le père d'une petite fille de quatre ans, il s'est fait un devoir de dire aux médias qu'il n'hésiterait pas, bien qu'il ne soit pas fortuné, à payer pour faire soigner son enfant si cela était nécessaire. Le pauvre député ne semble pas se rendre compte qu'il est inacceptable, dans une société riche comme la nôtre, que des parents en soient réduits à devoir payer pour faire soigner leur enfant. C'est pourquoi, lors de la Révolution tranquille, nous nous sommes donné un système de santé universel et gratuit. Et ceci nous a permis de construire une société où l'injustice est moins criante qu'auparavant. Il faut féliciter Jean Charest d'avoir eu la présence d'esprit de répliquer au propos du député Corriveau en disant: «Ma vie à moi, l'avenir du Québec, ce n'est pas juste mon enfant, c'est l'enfant de mes voisins» (Jean Charest cité par Robert Dutrisac, Le Devoir, 3 juin 2002).
Poursuivons en donnant un autre exemple des reculs qui seraient imposés à la société québécoise dans l'hypothèse d'une mise en oeuvre des politiques adéquistes. Mettant fin à la sécurité d'emploi dans la fonction publique, favorisant le recours à la sous-traitance dans tous les milieux de travail, cherchant par tous les moyens à briser le mouvement syndical (c'est la vieille stratégie machiavélique selon laquelle il faut «diviser pour mieux régner»), un gouvernement adéquiste, de par son attitude belliqueuse face aux travailleurs syndiqués, installerait un climat d'affrontement social. Qui sortirait gagnant d'une telle situation? Personne. Parce que, fatalement, de pareilles politiques néolibérales ne mènent qu'à un nivellement par le bas des conditions de travail pour l'ensemble de la population.
Reprenons nos esprits: personne de sensé ne peut vouloir revenir aux conditions de vie qui existaient avant la Révolution tranquille. Plus jamais nous ne voulons que des familles se retrouvent dans la misère parce qu'un des leurs a été malade ou blessé; plus jamais nous ne voulons que l'État du Québec cautionne la mise en place de conditions de travail plaçant les travailleurs dans des situations d'insécurité favorisant les pires abus de la part des employeurs.
Les changements que nous propose l'Action démocratique de Mario Dumont nous ramèneraient 40 ans en arrière. Ce parti a beau comporter un nombre important de jeunes, les idées qu'ils défendent souffrent d'un vieillissement prématuré. Nous ne voulons pas laisser l'ADQ dilapider l'héritage de la Révolution tranquille, un héritage de partage et de générosité qui nous a permis de construire une société à l'avant-garde des nations du monde en matière de justice sociale et de libertés personnelles. Cet héritage, nous en sommes fiers et nous voulons le préserver afin de pouvoir le léguer aux générations futures.
Jusqu'à tout récemment, à peu près personne ne prenait le «petit Dumont» au sérieux. Il faisait partie de notre décor politique, mais sans plus. En conséquence, on n'accordait guère d'intérêt au contenu de son programme. Mais à partir du moment où des sondages crédibles nous apprennent qu'un nombre significatif d'électeurs manifestent leur intention de voter pour l'ADQ, il y a lieu de se poser des questions et d'analyser les lignes directrices de son programme afin de bien saisir les enjeux du changement qu'on nous propose.
Quand on sait que «83 % des Québécois sont incapables de nommer un seul élément du programme de l'ADQ» (sondage Léger Marketing, Le Devoir, 1er et 2 juin 2002), on comprend l'urgence de procéder à une clarification des idées et des propositions avancées par le parti de Mario Dumont. Ce qu'il faut savoir d'entrée de jeu, c'est que nous sommes en présence d'une formation politique qui propose des changements radicaux. Si, un jour ou l'autre, l'ADQ accédait au pouvoir, le Québec subirait à coup sûr des transformations profondes.
Ces transformations contribueraient-elles à faire du Québec un endroit où il fait bon vivre? Un endroit où les gens peuvent s'épanouir et ainsi participer à la construction d'une société meilleure? Rien n'est moins sûr. Car l'individualisme borné et le pragmatisme étroit qui sont à la base du programme adéquiste ne peuvent que donner des fruits bien amers.
Par exemple, dans le domaine de la santé, que propose l'ADQ pour réduire le problème des listes d'attente? Nous intimant de «cesser de jouer à l'autruche», affirmant que «même les animaux n'attendent pas autant pour se faire soigner dans les cliniques vétérinaires» (ici, il faut comprendre qu'il n'y a pas de liste d'attente parce qu'il s'agit de services privés, mais on omet de préciser que les animaux qui sont sans le sou n'y ont malheureusement pas accès), l'ADQ propose d'introduire «des mécanismes de concurrence» et d'encourager le secteur privé à prendre sa place en offrant des services rapides à ceux qui peuvent se les payer. (Les citations de ce paragraphe sont tirées d'un dépliant publicitaire faisant la promotion de la candidate de l'ADQ dans la circonscription de Berthier, Marie Grégoire, pour les élections partielles du 17 juin.)
Pour illustrer cette belle philosophie, le député adéquiste de Saguenay, François Corriveau, y est allé d'un témoignage profondément affligeant: étant lui-même le père d'une petite fille de quatre ans, il s'est fait un devoir de dire aux médias qu'il n'hésiterait pas, bien qu'il ne soit pas fortuné, à payer pour faire soigner son enfant si cela était nécessaire. Le pauvre député ne semble pas se rendre compte qu'il est inacceptable, dans une société riche comme la nôtre, que des parents en soient réduits à devoir payer pour faire soigner leur enfant. C'est pourquoi, lors de la Révolution tranquille, nous nous sommes donné un système de santé universel et gratuit. Et ceci nous a permis de construire une société où l'injustice est moins criante qu'auparavant. Il faut féliciter Jean Charest d'avoir eu la présence d'esprit de répliquer au propos du député Corriveau en disant: «Ma vie à moi, l'avenir du Québec, ce n'est pas juste mon enfant, c'est l'enfant de mes voisins» (Jean Charest cité par Robert Dutrisac, Le Devoir, 3 juin 2002).
Poursuivons en donnant un autre exemple des reculs qui seraient imposés à la société québécoise dans l'hypothèse d'une mise en oeuvre des politiques adéquistes. Mettant fin à la sécurité d'emploi dans la fonction publique, favorisant le recours à la sous-traitance dans tous les milieux de travail, cherchant par tous les moyens à briser le mouvement syndical (c'est la vieille stratégie machiavélique selon laquelle il faut «diviser pour mieux régner»), un gouvernement adéquiste, de par son attitude belliqueuse face aux travailleurs syndiqués, installerait un climat d'affrontement social. Qui sortirait gagnant d'une telle situation? Personne. Parce que, fatalement, de pareilles politiques néolibérales ne mènent qu'à un nivellement par le bas des conditions de travail pour l'ensemble de la population.
Reprenons nos esprits: personne de sensé ne peut vouloir revenir aux conditions de vie qui existaient avant la Révolution tranquille. Plus jamais nous ne voulons que des familles se retrouvent dans la misère parce qu'un des leurs a été malade ou blessé; plus jamais nous ne voulons que l'État du Québec cautionne la mise en place de conditions de travail plaçant les travailleurs dans des situations d'insécurité favorisant les pires abus de la part des employeurs.
Les changements que nous propose l'Action démocratique de Mario Dumont nous ramèneraient 40 ans en arrière. Ce parti a beau comporter un nombre important de jeunes, les idées qu'ils défendent souffrent d'un vieillissement prématuré. Nous ne voulons pas laisser l'ADQ dilapider l'héritage de la Révolution tranquille, un héritage de partage et de générosité qui nous a permis de construire une société à l'avant-garde des nations du monde en matière de justice sociale et de libertés personnelles. Cet héritage, nous en sommes fiers et nous voulons le préserver afin de pouvoir le léguer aux générations futures.
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