Sondage Léger--Marketing--Le Devoir - Martin, une menace pour le Bloc
Photo : Agence Reuters
Paul Martin
L'effet Martin se fait d'abord sentir au Québec et pourrait coûter très cher au Bloc québécois si l'ancien ministre des Finances réussissait à prendre la tête du Parti libéral du Canada. Il en irait autrement si Jean Chrétien restait en selle puisque le Bloc a repris le terrain perdu après les dernières élections et est à nouveau au coude à coude avec le PLC, révèle le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir.
Si une élection avait eu lieu en début de semaine, le Bloc et le PLC auraient tous les deux obtenu 37 % des voix au Québec. Mais si Paul Martin avait été aux commandes du Parti libéral, il aurait récolté 50 % des voix contre 30 % pour le Bloc, montre le sondage réalisé entre le 5 et le 9 juin auprès de 1500 Canadiens, dont 400 Québécois.
«Ce qui est intéressant avec [les données sur] M. Chrétien, c'est qu'il s'agit du vote actuel. C'est la réalité. C'est pour ça qu'on peut dire que le Bloc a rejoint le PLC», précise Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing. Par contre, «c'est uniquement au Québec que l'effet Martin joue autant».
À l'extérieur du Québec, on ne décèle pas cette vague de fond pour Paul Martin. Une fois les indécis répartis, le PLC sous Jean Chrétien est, dans l'ensemble du Canada, le premier choix de 41 % des électeurs. Suivent dans l'ordre l'Alliance canadienne, avec 18 % des intentions de vote, le Parti conservateur (15 %), le Bloc (10 %), le Nouveau Parti démocratique (9 %) et les autres (8 %).
Avec Paul Martin aux commandes, le PLC fait à peine mieux, avec 45 % des intentions de vote. Tous les autres partis perdent quelques plumes, sauf le NPD qui arrache un maigre point, mais sans plus.
«Le vote libéral est élevé dès le départ. Les libéraux sont dominants dans le reste du pays, avec 23 points d'avance sur l'Alliance. Il y a donc une limite aux appuis que le PLC peut aller chercher. Il n'a plus beaucoup d'espace de croissance possible», souligne M. Léger.
L'autre grande distinction au Québec est qu'à part le Bloc et le PLC, tous les partis fédéraux y sont marginaux. «Ça demeure divisé entre souverainistes et fédéralistes», dit M. Léger. «Au Québec, sur la scène provinciale, il y a une troisième force, ce qu'il n'y a pas au fédéral. Le vote est divisé en trois.»
Le Bloc, dans ce contexte, ne souffre pas beaucoup de la déconfiture du Parti québécois. Il profite plutôt de l'indignation provoquée par le sort réservé à Paul Martin, mais aussi par les scandales récents.
«Les deux partis, le Bloc et le PLC, étaient au coude à coude lors des dernières élections et le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement Chrétien était à la hausse. Depuis trois mois, ce sont les firmes du Québec qui sont contestées. Ce sont les ministres du Québec qui sont mis en cause et on en voit la conséquence», ajoute le sondeur. Évoquant la montée de Mario Dumont et de l'ADQ, il souligne que, depuis un certain temps, l'assainissement des moeurs politiques et le renouvellement de la classe dirigeante sont au coeur du débat public.
Les Québécois se révèlent d'ailleurs davantage insatisfaits du gouvernement fédéral et sont plus nombreux à vouloir le départ de Jean Chrétien. Alors que 60 % d'entre eux se disaient satisfaits du gouvernement Chrétien en mars, il n'y en a plus que 44 %, trois mois plus tard, à partager cet avis. Une chute de 16 points.
Dans l'ensemble du pays, la satisfaction a chuté depuis le début des controverses entourant le programme de commandites et les allégations de conflits d'intérêts mais la baisse est moins importante qu'au Québec, le taux de satisfaction passant de 53 % en mars dernier à 41 % en début de semaine.
Quant à M. Chrétien, 69 % des Canadiens souhaitent qu'il prenne sa retraite. Là encore, les Québécois sont en tête de peloton avec 80 % d'entre eux qui lui recommandent de se retirer. Parmi les libéraux, 56 % sont de cet avis.
En contrepartie, 49 % des Canadiens et 61 % des Québécois pensent que Paul Martin serait le meilleur pour diriger le PLC. Jean Chrétien suit loin derrière (15 %) alors que Sheila Copps, John Manley et Allan Rock récoltent moins de 10 % d'appuis.
La majorité des Canadiens (55 %) désapprouvent aussi la décision de Jean Chrétien de congédier Paul Martin. Au Québec, 69 % des gens sont de cet avis. Les gens des provinces atlantiques sont plus cléments à l'endroit du premier ministre. Ils sont moins nombreux à critiquer son geste ou à demander son départ.
Concernant l'effet Martin ailleurs au pays, Jean-Marc Léger fait remarquer que, contrairement aux sondages publiés la semaine dernière et en fin de semaine, celui de sa firme a commencé trois jours après l'éviction de Paul Martin et s'est terminé une semaine après. La poussière avait commencé à retomber, ce qui se reflète dans les résultats.
Mais les méthodes employées expliquent davantage la différence. Un sondage Ekos publié en fin de semaine donnait par exemple l'impression d'un engouement pour Paul Martin. «Leur question ne portait pas sur les intentions de vote, mais sur l'importance du préjugé favorable à l'égard de Paul Martin», explique M. Léger.
Contrairement à Léger Marketing, Ekos ne demandait pas aux personnes de choisir entre tous les partis et leur chef. La firme de sondages voulait plutôt savoir si les gens pouvaient — fortement ou moyennement — songer à voter libéral advenant le fait que l'un ou l'autre des deux hommes soit chef. M. Martin obtenait alors un score de 66 % et M. Chrétien, de 43 %.
Le sondage Léger Marketing-Le Devoir présente, à l'échelle canadienne, une marge d'erreur maximale de plus ou moins 2,6 %, 19 fois sur 20. Pour le Québec, on parle d'une marge d'erreur maximale de 4,5 %, 19 fois sur 20.
Si une élection avait eu lieu en début de semaine, le Bloc et le PLC auraient tous les deux obtenu 37 % des voix au Québec. Mais si Paul Martin avait été aux commandes du Parti libéral, il aurait récolté 50 % des voix contre 30 % pour le Bloc, montre le sondage réalisé entre le 5 et le 9 juin auprès de 1500 Canadiens, dont 400 Québécois.
«Ce qui est intéressant avec [les données sur] M. Chrétien, c'est qu'il s'agit du vote actuel. C'est la réalité. C'est pour ça qu'on peut dire que le Bloc a rejoint le PLC», précise Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing. Par contre, «c'est uniquement au Québec que l'effet Martin joue autant».
À l'extérieur du Québec, on ne décèle pas cette vague de fond pour Paul Martin. Une fois les indécis répartis, le PLC sous Jean Chrétien est, dans l'ensemble du Canada, le premier choix de 41 % des électeurs. Suivent dans l'ordre l'Alliance canadienne, avec 18 % des intentions de vote, le Parti conservateur (15 %), le Bloc (10 %), le Nouveau Parti démocratique (9 %) et les autres (8 %).
Avec Paul Martin aux commandes, le PLC fait à peine mieux, avec 45 % des intentions de vote. Tous les autres partis perdent quelques plumes, sauf le NPD qui arrache un maigre point, mais sans plus.
«Le vote libéral est élevé dès le départ. Les libéraux sont dominants dans le reste du pays, avec 23 points d'avance sur l'Alliance. Il y a donc une limite aux appuis que le PLC peut aller chercher. Il n'a plus beaucoup d'espace de croissance possible», souligne M. Léger.
L'autre grande distinction au Québec est qu'à part le Bloc et le PLC, tous les partis fédéraux y sont marginaux. «Ça demeure divisé entre souverainistes et fédéralistes», dit M. Léger. «Au Québec, sur la scène provinciale, il y a une troisième force, ce qu'il n'y a pas au fédéral. Le vote est divisé en trois.»
Le Bloc, dans ce contexte, ne souffre pas beaucoup de la déconfiture du Parti québécois. Il profite plutôt de l'indignation provoquée par le sort réservé à Paul Martin, mais aussi par les scandales récents.
«Les deux partis, le Bloc et le PLC, étaient au coude à coude lors des dernières élections et le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement Chrétien était à la hausse. Depuis trois mois, ce sont les firmes du Québec qui sont contestées. Ce sont les ministres du Québec qui sont mis en cause et on en voit la conséquence», ajoute le sondeur. Évoquant la montée de Mario Dumont et de l'ADQ, il souligne que, depuis un certain temps, l'assainissement des moeurs politiques et le renouvellement de la classe dirigeante sont au coeur du débat public.
Les Québécois se révèlent d'ailleurs davantage insatisfaits du gouvernement fédéral et sont plus nombreux à vouloir le départ de Jean Chrétien. Alors que 60 % d'entre eux se disaient satisfaits du gouvernement Chrétien en mars, il n'y en a plus que 44 %, trois mois plus tard, à partager cet avis. Une chute de 16 points.
Dans l'ensemble du pays, la satisfaction a chuté depuis le début des controverses entourant le programme de commandites et les allégations de conflits d'intérêts mais la baisse est moins importante qu'au Québec, le taux de satisfaction passant de 53 % en mars dernier à 41 % en début de semaine.
Quant à M. Chrétien, 69 % des Canadiens souhaitent qu'il prenne sa retraite. Là encore, les Québécois sont en tête de peloton avec 80 % d'entre eux qui lui recommandent de se retirer. Parmi les libéraux, 56 % sont de cet avis.
En contrepartie, 49 % des Canadiens et 61 % des Québécois pensent que Paul Martin serait le meilleur pour diriger le PLC. Jean Chrétien suit loin derrière (15 %) alors que Sheila Copps, John Manley et Allan Rock récoltent moins de 10 % d'appuis.
La majorité des Canadiens (55 %) désapprouvent aussi la décision de Jean Chrétien de congédier Paul Martin. Au Québec, 69 % des gens sont de cet avis. Les gens des provinces atlantiques sont plus cléments à l'endroit du premier ministre. Ils sont moins nombreux à critiquer son geste ou à demander son départ.
Concernant l'effet Martin ailleurs au pays, Jean-Marc Léger fait remarquer que, contrairement aux sondages publiés la semaine dernière et en fin de semaine, celui de sa firme a commencé trois jours après l'éviction de Paul Martin et s'est terminé une semaine après. La poussière avait commencé à retomber, ce qui se reflète dans les résultats.
Mais les méthodes employées expliquent davantage la différence. Un sondage Ekos publié en fin de semaine donnait par exemple l'impression d'un engouement pour Paul Martin. «Leur question ne portait pas sur les intentions de vote, mais sur l'importance du préjugé favorable à l'égard de Paul Martin», explique M. Léger.
Contrairement à Léger Marketing, Ekos ne demandait pas aux personnes de choisir entre tous les partis et leur chef. La firme de sondages voulait plutôt savoir si les gens pouvaient — fortement ou moyennement — songer à voter libéral advenant le fait que l'un ou l'autre des deux hommes soit chef. M. Martin obtenait alors un score de 66 % et M. Chrétien, de 43 %.
Le sondage Léger Marketing-Le Devoir présente, à l'échelle canadienne, une marge d'erreur maximale de plus ou moins 2,6 %, 19 fois sur 20. Pour le Québec, on parle d'une marge d'erreur maximale de 4,5 %, 19 fois sur 20.
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