L'espace en un seul geste
«L'architecture, c'est avant tout la mise en place d'une idée claire, d'un geste reconnaissable»
Emmanuelle Vieira
31 mai 2003
Photo Marc Cramer
Les architectes Saucier + Perrotte entament un nouveau virage avec deux nouveaux projets d'aménagement de bureaux: leur nouvelle agence à Toronto et les bureaux de Jet Film à Montréal. Ces deux intérieurs explorent l'idée d'un espace fluide, structuré par un objet sculptural qui symbolise l'architecture vue comme une stratification de la matière...
À force d'être sollicités pour des projets ontariens, les architectes Saucier + Perrotte ont ouvert un nouveau bureau dans l'un des très beaux quartiers longeant l'avenue Spadina à Toronto. Pour marquer le coup, ils ont décidé d'aménager leur nouvelle agence dans le but de refléter leur pensée actuelle. L'espace dont ils disposaient était à l'origine une ancienne manufacture textile constituée d'une enveloppe de béton brut, d'un parquet ancien et de deux imposantes et élégantes colonnes blanches.
Au lieu de compartimenter l'espace en différentes sections, ce qui serait venu masquer l'architecture présente, les architectes ont choisi de le sculpter en un seul geste. Ils ont gardé toute l'unicité du lieu en plaçant en son centre un long ruban de matière qui se plie et se replie à l'horizontale et à la verticale. Cette seule surface, qui permet d'accommoder toutes les unités nécessaires au bon fonctionnement d'une agence, remplit simultanément le rôle de mur, de plafond et de plancher. La sculpture monumentale vient définir les plans de travail, une table de réunion, un lieu d'exposition et un passage permettant de circuler entre la périphérie et le coeur de l'oeuvre. «C'est la même matière repliée qui fait qu'à un endroit, on rencontre un client et, un peu plus loin, qu'on dessine un projet ou discute autour d'une maquette. Cette unité dans la matière symbolise le flux créateur qui circule à différents niveaux dans une agence», explique Gilles Saucier.
Le contraste de l'enveloppe brute et de l'objet précieux
Les nouveaux bureaux de l'entreprise de production de films publicitaires Jet Film ont récemment été aménagés par les architectes Saucier + Perrotte selon le même esprit que leur agence torontoise. Issus de la rénovation d'une ancienne écurie, ces locaux sont nés de la création d'un volume sculpté en un seul geste, qui se replie encore une fois dans l'espace tel un long ruban qui vient former murs, plafonds et planchers. Cette stratégie permet d'instaurer une continuité spatiale et matérielle qui épouse parfaitement l'architecture existante tout en lui laissant la place de s'exprimer...
Un rapport enrichissant s'établit entre le volume sculpté, très précieux, et l'enveloppe texturée, très brute. Le vide présent entre les deux structures révèle l'évolution de l'architecture à travers deux époques différentes. Cette rencontre du présent et du passé permet d'établir des tensions, elles-mêmes soulignées par l'emploi de la couleur et de la lumière. Ainsi, les lieux sont éclairés par des lampes fluorescentes neutres qui mettent en valeur les couleurs, comme le vert acide, choisies pour le volume-ruban. Ce dernier est fonctionnel autant qu'esthétique et définit un univers à la fois clos et ouvert, qui structure le vide à l'intérieur de l'enveloppe existante.
«L'architecture n'est pas une accumulation de jolies façades ou de jolis volumes, c'est avant tout la mise en place d'une idée claire, d'un geste reconnaissable. Ici, le volume-ruban symbolise notre création architecturale dans un espace précis, il synthétise parfaitement notre pensée actuelle», précise Gilles Saucier.
Le vide, très présent dans l'espace, sert à véhiculer toutes sortes d'émotions qui découlent du rapport entre l'enveloppe, l'objet précieux et le design qui relie les deux. Cette communion des éléments présents fait de ces nouveaux bureaux un endroit à la fois magique et poétique, où le design et l'architecture s'entrelacent pour le meilleur...
À force d'être sollicités pour des projets ontariens, les architectes Saucier + Perrotte ont ouvert un nouveau bureau dans l'un des très beaux quartiers longeant l'avenue Spadina à Toronto. Pour marquer le coup, ils ont décidé d'aménager leur nouvelle agence dans le but de refléter leur pensée actuelle. L'espace dont ils disposaient était à l'origine une ancienne manufacture textile constituée d'une enveloppe de béton brut, d'un parquet ancien et de deux imposantes et élégantes colonnes blanches.
Au lieu de compartimenter l'espace en différentes sections, ce qui serait venu masquer l'architecture présente, les architectes ont choisi de le sculpter en un seul geste. Ils ont gardé toute l'unicité du lieu en plaçant en son centre un long ruban de matière qui se plie et se replie à l'horizontale et à la verticale. Cette seule surface, qui permet d'accommoder toutes les unités nécessaires au bon fonctionnement d'une agence, remplit simultanément le rôle de mur, de plafond et de plancher. La sculpture monumentale vient définir les plans de travail, une table de réunion, un lieu d'exposition et un passage permettant de circuler entre la périphérie et le coeur de l'oeuvre. «C'est la même matière repliée qui fait qu'à un endroit, on rencontre un client et, un peu plus loin, qu'on dessine un projet ou discute autour d'une maquette. Cette unité dans la matière symbolise le flux créateur qui circule à différents niveaux dans une agence», explique Gilles Saucier.
Le contraste de l'enveloppe brute et de l'objet précieux
Les nouveaux bureaux de l'entreprise de production de films publicitaires Jet Film ont récemment été aménagés par les architectes Saucier + Perrotte selon le même esprit que leur agence torontoise. Issus de la rénovation d'une ancienne écurie, ces locaux sont nés de la création d'un volume sculpté en un seul geste, qui se replie encore une fois dans l'espace tel un long ruban qui vient former murs, plafonds et planchers. Cette stratégie permet d'instaurer une continuité spatiale et matérielle qui épouse parfaitement l'architecture existante tout en lui laissant la place de s'exprimer...
Un rapport enrichissant s'établit entre le volume sculpté, très précieux, et l'enveloppe texturée, très brute. Le vide présent entre les deux structures révèle l'évolution de l'architecture à travers deux époques différentes. Cette rencontre du présent et du passé permet d'établir des tensions, elles-mêmes soulignées par l'emploi de la couleur et de la lumière. Ainsi, les lieux sont éclairés par des lampes fluorescentes neutres qui mettent en valeur les couleurs, comme le vert acide, choisies pour le volume-ruban. Ce dernier est fonctionnel autant qu'esthétique et définit un univers à la fois clos et ouvert, qui structure le vide à l'intérieur de l'enveloppe existante.
«L'architecture n'est pas une accumulation de jolies façades ou de jolis volumes, c'est avant tout la mise en place d'une idée claire, d'un geste reconnaissable. Ici, le volume-ruban symbolise notre création architecturale dans un espace précis, il synthétise parfaitement notre pensée actuelle», précise Gilles Saucier.
Le vide, très présent dans l'espace, sert à véhiculer toutes sortes d'émotions qui découlent du rapport entre l'enveloppe, l'objet précieux et le design qui relie les deux. Cette communion des éléments présents fait de ces nouveaux bureaux un endroit à la fois magique et poétique, où le design et l'architecture s'entrelacent pour le meilleur...
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