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Saucier + Perrotte en Ontario

Emmanuelle Vieira   31 mai 2003 
L’agence Saucier + Perrotte architectes termine actuellement trois gros projets en Ontario : les résidences pour étudiants de New College à Toronto, l’Institut de recherches en physique théorique à Waterloo et le Communication Culture & Information Technology Building (CCIT) à Mississauga. Ces projets marquent une avancée de l'agence hors des frontières québécoises et montrent clairement un nouveau tournant vers une architecture plus mature et plus définie.

Les résidences pour étudiants de New College, c'est un projet qui explore la relation entre une communauté étudiante et son environnement. Le bâtiment de sept niveaux, situé sur l'avenue Spadina, au nord de la rue Willcoks, comprend 280 chambres et deux grands jardins sculptés à même la masse des résidences. Le concept repose sur l'idée d'habiter l'espace urbain et propose une alternance d'espaces communautaires et individuels en partant du niveau de la rue jusqu'au dernier étage.

Le bâtiment permet, grâce à une promenade paysagée, de passer du sous-sol au 6e étage en restant toujours à l'extérieur, et propose deux jardins suspendus qui sont un véritable monde de lumière et de verdure en plein coeur du tumulte de la ville : « Vivre l'architecture, c'est avant tout une question de parcourir l'espace et la stimulation vient autant de l'oeil que du geste. Expérimenter les neuf étages des résidences est une aventure extraordinaire à vivre », dit Gilles Saucier avec des étincelles dans les yeux...

En façade, le bâtiment se lit comme un horizon qui ondule et la matière sculptée et stratifiée s'élève au rythme de la promenade extérieure. Les volumes de brique d'argile et de zinc se répondent entre eux tout en donnant vie à cette sculpture vivante d'où jaillit une matière qui est encore plus présente que dans les projets antérieurs de l'agence.

L'institut de recherche

en physique théorique

à Waterloo

Ce centre de recherche privé est situé sur la rive de Silver Lake, entre la limite nord du centre-ville de Waterloo et la limite sud du parc principal de la ville.

Les architectes, encore une fois, tentent de redéfinir les limites entre l'espace privé et public, à l'aide d'une série de murs de verre parallèles ancrés dans une plaque de matière qui émerge du sol et qui révèle un large bassin d'eau.

Comme dans le projet des résidences pour étudiants, les circulations verticales sont enracinées dans le jardin, elles grimpent aussi les murs et parcourent tout le bâtiment.

Ces espaces sont comme les veines de l'édifice qui lui donnent vie et alimentent la plupart des échanges. « La façade nord qui fait face au parc nous montre l'institut comme un organisme, un microcosme d'éléments singuliers », précise Gilles Saucier.

Le CCIT à Mississauga

À l'échelle du campus, le bâtiment agit en tant que lien entre le Centre d'étudiants et la future bibliothèque.

Il permet aussi au paysage existant de pénétrer à l'intérieur du bâtiment grâce à une circulation le long de la façade principale, qui met en relation la forêt et les nouvelles cours paysagées à l'intérieur.

À l'image des couches d'écorces de platanes présentes in situ, le paysage est stratifié pour donner naissance à une tout autre topographie qui forme la base du bâtiment. Ce sol « construit » permet aux circulations de couler vers les cours intérieures et de s'étendre à l'ensemble du campus.

L'espace public, à l'image de celui des deux bâtiments précédents, est encore une fois très fluide et très paysagé. « Ces projets sont dans la continuité de nos recherches : nous travaillons beaucoup sur l'idée de géologie, de stratification de la matière, la façon de parvenir à la froisser, à la plier, à la relever, tout ça en un seul geste. Nous cherchons à créer en un seul volume, un espace qui englobe une multitude de fonctions et qui envoie un message extrêmement précis sur ce qu'est le bâtiment », explique Gilles Saucier.

L'architecture de ces trois projets, tout comme l'aménagement de l'agence de Toronto, montre clairement l'orientation de l'agence Saucier + Perrotte vers une architecture très « organique » et très vivante, basée sur la maîtrise de gestes simples mais longuement mûris.


Gilles Saucier et André Perrotte, architectes

www.saucierperrotte.com
 
 
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