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SRAS: Toronto revient sur la liste de l'OMS

Fabien Deglise   27 mai 2003 
Un travailleur de la santé portait un masque de protection pour pénétrer à l’hôpital St. Michael de Toronto, hier. Une affiche mettait les visiteurs en garde contre une recrudescence du syndrome respiratoire aigu sévère.
Photo : Agence Reuters
Un travailleur de la santé portait un masque de protection pour pénétrer à l’hôpital St. Michael de Toronto, hier. Une affiche mettait les visiteurs en garde contre une recrudescence du syndrome respiratoire aigu sévère.
La parenthèse aura été de courte durée. Douze jours à peine après avoir été retirée de la liste noire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Toronto vient d'y retrouver, depuis hier, sa place à titre de «zone de transmission récente du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)». Ainsi en a décidé la «filiale» sanitaire de l'Organisation des Nations unies (ONU) après la découverte dans les 72 dernières heures de huit nouveaux cas probables parmi 34 cas suspects et la confirmation de trois décès liés au SRAS dans la Ville reine.

Un traitement encore très loin de convenir à Montréal où, depuis ce renouveau viral au Canada, un seul cas suspect a été placé sous «surveillance active», a confirmé hier au Devoir la Direction de la santé publique.

La décision prise par l'OMS, après de nombreux échanges avec les autorités sanitaires ontariennes, ne s'accompagne toutefois pas, contrairement à l'avis émis en avril dernier, d'une mise en garde à l'attention des voyageurs pour les dissuader de se rendre à Toronto.

La raison? Le gardien international de la santé publique estime que cette nouvelle vague d'infection a été rapidement endiguée par les responsables ontariens de la santé.

Qui plus est, elle semble avoir atteint seulement des personnes en contact avec les victimes des foyers originaux d'infection et se cantonne uniquement dans quatre établissements hospitaliers de la métropole ontarienne, excluant du même coup tout risque de propagation du mal ailleurs dans la ville. Comme à l'extérieur de la province d'ailleurs...

«Les risques de déplacement du virus en dehors de Toronto sont très faibles, a commenté hier, lors d'une conférence de presse téléphonique, Marc-André Beaulieu de Santé Canada. Pour l'instant, l'épidémie a pris naissance dans le milieu hospitalier et ne touche que des patients et des travailleurs de la santé.»

Néanmoins, dans la foulée de ce regain épidémique, une personne vient d'être placée en «surveillance active» dans la région de Montréal, a expliqué hier en entrevue au Devoir le docteur John Carsley, responsable de l'unité des maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de Montréal. «Cette personne est entrée en contact avec nous dans les derniers jours, a-t-il expliqué. Elle a été en présence d'un patient qui réside actuellement dans un des quatre hôpitaux où le SRAS a refait surface. Nous ne lui avons pas imposé de restriction dans ses déplacements. Par contre, elle doit prendre sa température tous les jours et surveiller l'éventuelle apparition de symptômes liés au SRAS.»

Ce cas suspect évite donc, pour le moment du moins, le sort réservé par les autorités sanitaires québécoises en avril dernier à un groupe de 400 personnes environ placé en quarantaine forcée après avoir côtoyé lors d'un congrès dans l'ouest de l'île de Montréal une personne à risque en provenance de Toronto. La Direction de la santé publique a aussi, dans les dernières semaines, encadré trois à quatre nouvelles mises en quarantaine, mais, à ce jour, le Québec n'a pas enregistré de cas de pneumonie atypique sur son territoire.

Et cela devrait continuer comme ça, croit le Dr Carsley, «puisque les mesures de prévention sont très efficaces pour le moment». Québec vient d'ailleurs, dans la foulée des nouveaux déboires de Toronto de changer ses «critères de dépistage» de cas probables, dans les hôpitaux de la province ou par l'entremise de la ligne Info-Santé, en incluant désormais des questions sur des déplacements possibles dans l'un des quatre hôpitaux de Toronto. Histoire de mettre en observation les personnes qui y seraient récemment passées... même si, reconnaît le médecin, la capitale ontarienne est loin d'être une menace pour Montréal, «vu le nombre limité de cas d'infection recensés à ce jour», dit-il.

«C'est d'ailleurs la même chose pour l'Asie, poursuit-il. Les voyageurs à risque sont désormais identifiés à leur départ, les campagnes d'information sont nombreuses dans les aéroports et nos volumes d'échange [de personnes] avec ce continent sont beaucoup moins élevés ici qu'à Vancouver qui, depuis le début de l'épidémie, n'a que très peu de cas de SRAS.»

Depuis novembre 2002, près de 8100 personnes ont été contaminées par le SRAS dans le monde. Principalement en Asie, mais aussi à Toronto, deuxième foyer d'infection en importance. 724 en sont mortes. Le bilan des victimes canadiennes s'élève lui à 27.






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