Compressions - Les garderies et l'aide sociale écoperaient
De 300 à 500 millions de moins seraient alloués à l'Emploi, la Solidarité sociale et la Famille
Clairandrée Cauchy
26 mai 2003
La note du premier budget libéral risque d'être salée pour le ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille (MESSF). Les compressions exigées par le Conseil du trésor oscilleraient entre 300 et 500 millions, selon les informations recueillies par Le Devoir.
Cela représenterait une compression de 5 à 8 % sur un budget de six milliards, soit le troisième en importance après la Santé et l'Éducation, tous deux «protégés» par les engagements électoraux.
Au cours des deux dernières semaines, le Conseil du trésor a fait connaître aux différents ministères leur enveloppe budgétaire pour l'année financière 2003-2004. Entérinés au conseil des ministres mercredi dernier, ces crédits ne seront officiellement connus que lors de leur dépôt à l'Assemblée nationale, qui ne devrait pas avoir lieu avant la mi-juin. Au cabinet du ministre Claude Béchard, on a préféré ne pas commenter le montant des compressions exigées par le Trésor.
L'attachée de presse précise que le ministère étudie présentement «les scénarios en lien avec les demandes reçues du Trésor». Le nouveau ministère, qui chapeaute la sécurité du revenu, Emploi-Québec et le réseau des garderies, disposait de crédits équivalant à six milliards en 2002-2003, soit 14 % des dépenses budgétaires lorsqu'on exclut le service de la dette.
Mince marge de manoeuvre
La marge de manoeuvre est mince pour effectuer ces compressions sans mettre en péril le réseau des garderies à 5 $ ou réduire les chèques de la sécurité du revenu. Il ne faut pas trop miser sur des réductions dans la masse salariale pour absorber le choc, puisque la rémunération ne compte que pour 235 millions sur le budget de six milliards. Déjà, le gouvernement précédent demandait aux ministères d'autofinancer les augmentations salariales. Le coup serait donc encaissé par les deux plus importants programmes du ministère, soit le réseau des centres de la petite enfance, auquel une somme de 1,2 milliard était allouée en 2002-2003, et la sécurité du revenu, où les chèques d'aide sociale représentent un budget de 2,7 milliards.
Près de 960 millions sont aussi alloués à Emploi-Québec (EQ), qui offre notamment des services d'aide à l'emploi. Les trois quarts du budget d'EQ proviennent du gouvernement fédéral et ne peuvent donc faire l'objet de compressions.
Avec ces compressions, le gouvernement remettra très probablement en question l'augmentation de 11 % du budget de l'ancien ministère de la Famille, prévue dans le budget Marois déposé avant l'élection et qui n'a jamais été voté. On y prévoyait plus de 200 millions supplémentaires notamment pour atteindre l'objectif de 200 000 places en garderie d'ici 2005-2006.
En campagne électorale, le Parti libéral s'est engagé à maintenir le système des services de garde à 5 $ et à garantir le niveau actuel de prestations à l'aide sociale.
Lutte contre la pauvreté compromise?
Un telle fourchette de compressions inquiète au plus haut point la porte-parole du Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté, Vivian Labrie. «Si ces chiffres s'avéraient exacts, cela enverrait un très mauvais signal quant à l'application de la loi 112 [sur l'élimination de la pauvreté] qui prévoit l'amélioration du revenu des personnes qui vivent dans la pauvreté.»
«Une vraie volonté de lutter contre la pauvreté doit se traduire par une augmentation des crédits et non une diminution», estime Mme Labrie. En attendant le plan de lutte contre la pauvreté, prévu initialement en mai puis reporté au plus tard à l'automne, le Collectif a exigé récemment que le prochain budget prévoie des mesures urgentes comme la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux et les personnes âgées ainsi que la garantie que les prestations de sécurité du revenu ne pourront être réduites.
Cela représenterait une compression de 5 à 8 % sur un budget de six milliards, soit le troisième en importance après la Santé et l'Éducation, tous deux «protégés» par les engagements électoraux.
Au cours des deux dernières semaines, le Conseil du trésor a fait connaître aux différents ministères leur enveloppe budgétaire pour l'année financière 2003-2004. Entérinés au conseil des ministres mercredi dernier, ces crédits ne seront officiellement connus que lors de leur dépôt à l'Assemblée nationale, qui ne devrait pas avoir lieu avant la mi-juin. Au cabinet du ministre Claude Béchard, on a préféré ne pas commenter le montant des compressions exigées par le Trésor.
L'attachée de presse précise que le ministère étudie présentement «les scénarios en lien avec les demandes reçues du Trésor». Le nouveau ministère, qui chapeaute la sécurité du revenu, Emploi-Québec et le réseau des garderies, disposait de crédits équivalant à six milliards en 2002-2003, soit 14 % des dépenses budgétaires lorsqu'on exclut le service de la dette.
Mince marge de manoeuvre
La marge de manoeuvre est mince pour effectuer ces compressions sans mettre en péril le réseau des garderies à 5 $ ou réduire les chèques de la sécurité du revenu. Il ne faut pas trop miser sur des réductions dans la masse salariale pour absorber le choc, puisque la rémunération ne compte que pour 235 millions sur le budget de six milliards. Déjà, le gouvernement précédent demandait aux ministères d'autofinancer les augmentations salariales. Le coup serait donc encaissé par les deux plus importants programmes du ministère, soit le réseau des centres de la petite enfance, auquel une somme de 1,2 milliard était allouée en 2002-2003, et la sécurité du revenu, où les chèques d'aide sociale représentent un budget de 2,7 milliards.
Près de 960 millions sont aussi alloués à Emploi-Québec (EQ), qui offre notamment des services d'aide à l'emploi. Les trois quarts du budget d'EQ proviennent du gouvernement fédéral et ne peuvent donc faire l'objet de compressions.
Avec ces compressions, le gouvernement remettra très probablement en question l'augmentation de 11 % du budget de l'ancien ministère de la Famille, prévue dans le budget Marois déposé avant l'élection et qui n'a jamais été voté. On y prévoyait plus de 200 millions supplémentaires notamment pour atteindre l'objectif de 200 000 places en garderie d'ici 2005-2006.
En campagne électorale, le Parti libéral s'est engagé à maintenir le système des services de garde à 5 $ et à garantir le niveau actuel de prestations à l'aide sociale.
Lutte contre la pauvreté compromise?
Un telle fourchette de compressions inquiète au plus haut point la porte-parole du Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté, Vivian Labrie. «Si ces chiffres s'avéraient exacts, cela enverrait un très mauvais signal quant à l'application de la loi 112 [sur l'élimination de la pauvreté] qui prévoit l'amélioration du revenu des personnes qui vivent dans la pauvreté.»
«Une vraie volonté de lutter contre la pauvreté doit se traduire par une augmentation des crédits et non une diminution», estime Mme Labrie. En attendant le plan de lutte contre la pauvreté, prévu initialement en mai puis reporté au plus tard à l'automne, le Collectif a exigé récemment que le prochain budget prévoie des mesures urgentes comme la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux et les personnes âgées ainsi que la garantie que les prestations de sécurité du revenu ne pourront être réduites.
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