Le grand prix du vide
Lorsque la vie m'angoisse, m'emporte et me fait peur, je m'arrête un instant et j'accorde mon esprit sur la sonde Voyageur. Je songe à cet objet qui voyage dans l'espace en direction de l'infini et cela me repose l'esprit. L'existence même de cette machine m'apparaît comme étant le phénomène le plus extraordinaire que nous puissions imaginer. Parvenir à placer un objet fabriqué par les humains dans le vide absolu, cela s'appelle un merveilleux lancé, conséquence imprévue du plus beau des élans. Ainsi, sans trop savoir pourquoi, quand la vie me contrarie, je m'évade en direction des profondeurs en fixant mon esprit sur cette petite sonde, grosse comme une voiture de course. Voyageuse ou pionnière, la machine en question a regardé les planètes éloignées du système solaire il y a de cela plus de vingt ans et, à la fin de sa vie utile, les ingénieurs l'ont dirigée vers l'espace, autant dire vers le vide, sans autre idée que d'aller voir pour voir. C'est le seul objet humain qui file dans le champ interstellaire.
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