Un baume sur la pénurie infirmière
Pour la première fois depuis 1997, il y a plus d'embauches que de départs
Isabelle Paré
17 mai 2003
Enfin du sang neuf! Pour la première fois depuis les retraites massives qui ont poussé 4000 infirmières hors des hôpitaux en 1997, le réseau de la santé affichera cette année un bilan positif, puisque le nombre des nouvelles infirmières embauchées surpassera celui des départs.
Dans le réseau de la santé, on commence donc à voir la lumière poindre au bout du tunnel. Encore catastrophistes il n'y a pas si longtemps, les responsables de la planification de la main-d'oeuvre du ministère de la Santé et des Services sociaux commencent aujourd'hui à respirer.
«Nos projections de pénurie étaient de l'ordre de
15 000 infirmières manquantes d'ici 2015 si rien n'était fait. Compte tenu des efforts déployés, il est évident qu'il s'ajoute du personnel à l'heure actuelle. On a renversé la tendance des entrées et des départs. Aujourd'hui, il n'y a plus d'écart négatif», s'est réjoui Jacques Larouche, sous-ministre adjoint aux politiques de main-d'oeuvre du ministère de la Santé, lors d'une entrevue accordée il y a quelques jours.
Selon les chiffres compilés par ce ministère, on s'attend en 2003 à ce que 2520 jeunes infirmières fassent leur entrée dans le métier et apportent des renforts dans les hôpitaux et les CLSC. Par ailleurs, on estime que 1903 infirmières prendront leur retraite au cours de la prochaine année. Ce qui laisse prévoir un solde net de 617 infirmières additionnelles dans le réseau.
«On a eu des années avec très peu de graduées et beaucoup de départs à la retraite. Ce n'est plus le cas à l'heure actuelle, car il y a eu une progression importante dans le volume des étudiantes depuis les dernières années», a expliqué hier Dominique Breton, porte-parole pour le ministère de la Santé et des Services sociaux.
En effet, ce renversement de tendance découle du bond spectaculaire survenu dans les inscriptions aux programmes de formation en sciences infirmières depuis 1999, soit après que Québec eut décidé de lever les contingentements dans ces programmes.
Selon Dominique Breton, le nombre d'étudiantes en sciences infirmières en formation dans les cégeps et les universités au Québec a grimpé de 65 % en quatre ans. Alors que 3100 étudiantes étaient sur les bancs d'école en 1999, plus de 4500 y poursuivent aujourd'hui leurs études.
«On dirait que le secteur de la santé est de nouveau perçu par les étudiants comme un secteur intéressant où il y a des perspectives d'emploi», avance Jacques Larouche avec enthousiasme.
À l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), on se montre tout aussi heureux de ce qui paraissait encore hier être une pénurie insurmontable. On se souviendra que l'ordre, ainsi que les syndicats infirmiers, avait été parmi les premiers acteurs du réseau à tirer la sonnette d'alarme et à enjoindre au gouvernement de faire des gestes concrets pour pallier un manque de personnel.
Même si on compte maintenant près de 65 000 infirmières dans le réseau de la santé, on estime toujours à 1500 le nombre d'infirmières manquantes pour combler les postes vacants et répondre aux besoins de la clientèle. On sait que, depuis plusieurs années, les heures supplémentaires sont devenues la norme dans plusieurs hôpitaux des régions les plus durement touchées par la pénurie d'infirmières, soit Montréal et l'Outaouais.
«C'est une excellente nouvelle», a affirmé pour sa part Sylvie Vallières, responsable des communications pour l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).
Mais la corporation infirmière juge malgré tout que la partie est encore loin d'être gagnée, même si des points importants ont été marqués. Certes, la profession a réussi à regagner la faveur des étudiants, il reste cependant beaucoup à faire pour garder au poste les infirmières déjà embauchées dans les hôpitaux.
En effet, on a observé que 15 % des jeunes infirmières qui font leur entrée dans le métier le quittent au cours des cinq années suivantes. Une perte sèche pour le système, qui fait très mal aux hôpitaux. Sans qu'on sache les causes réelles de ces départs, on cite le manque d'encadrement offert aux jeunes recrues, les conditions de travail difficiles et le faible nombre de postes à temps complet de jour offerts dans le réseau.
«Les bancs des écoles sont pleins, on ne peut en prendre plus. Ce qu'il faut maintenant, c'est s'assurer que ces jeunes terminent leurs études et qu'elles restent dans le métier pour longtemps», souligne Mme Vallières.
Dans le réseau de la santé, on commence donc à voir la lumière poindre au bout du tunnel. Encore catastrophistes il n'y a pas si longtemps, les responsables de la planification de la main-d'oeuvre du ministère de la Santé et des Services sociaux commencent aujourd'hui à respirer.
«Nos projections de pénurie étaient de l'ordre de
15 000 infirmières manquantes d'ici 2015 si rien n'était fait. Compte tenu des efforts déployés, il est évident qu'il s'ajoute du personnel à l'heure actuelle. On a renversé la tendance des entrées et des départs. Aujourd'hui, il n'y a plus d'écart négatif», s'est réjoui Jacques Larouche, sous-ministre adjoint aux politiques de main-d'oeuvre du ministère de la Santé, lors d'une entrevue accordée il y a quelques jours.
Selon les chiffres compilés par ce ministère, on s'attend en 2003 à ce que 2520 jeunes infirmières fassent leur entrée dans le métier et apportent des renforts dans les hôpitaux et les CLSC. Par ailleurs, on estime que 1903 infirmières prendront leur retraite au cours de la prochaine année. Ce qui laisse prévoir un solde net de 617 infirmières additionnelles dans le réseau.
«On a eu des années avec très peu de graduées et beaucoup de départs à la retraite. Ce n'est plus le cas à l'heure actuelle, car il y a eu une progression importante dans le volume des étudiantes depuis les dernières années», a expliqué hier Dominique Breton, porte-parole pour le ministère de la Santé et des Services sociaux.
En effet, ce renversement de tendance découle du bond spectaculaire survenu dans les inscriptions aux programmes de formation en sciences infirmières depuis 1999, soit après que Québec eut décidé de lever les contingentements dans ces programmes.
Selon Dominique Breton, le nombre d'étudiantes en sciences infirmières en formation dans les cégeps et les universités au Québec a grimpé de 65 % en quatre ans. Alors que 3100 étudiantes étaient sur les bancs d'école en 1999, plus de 4500 y poursuivent aujourd'hui leurs études.
«On dirait que le secteur de la santé est de nouveau perçu par les étudiants comme un secteur intéressant où il y a des perspectives d'emploi», avance Jacques Larouche avec enthousiasme.
À l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), on se montre tout aussi heureux de ce qui paraissait encore hier être une pénurie insurmontable. On se souviendra que l'ordre, ainsi que les syndicats infirmiers, avait été parmi les premiers acteurs du réseau à tirer la sonnette d'alarme et à enjoindre au gouvernement de faire des gestes concrets pour pallier un manque de personnel.
Même si on compte maintenant près de 65 000 infirmières dans le réseau de la santé, on estime toujours à 1500 le nombre d'infirmières manquantes pour combler les postes vacants et répondre aux besoins de la clientèle. On sait que, depuis plusieurs années, les heures supplémentaires sont devenues la norme dans plusieurs hôpitaux des régions les plus durement touchées par la pénurie d'infirmières, soit Montréal et l'Outaouais.
«C'est une excellente nouvelle», a affirmé pour sa part Sylvie Vallières, responsable des communications pour l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).
Mais la corporation infirmière juge malgré tout que la partie est encore loin d'être gagnée, même si des points importants ont été marqués. Certes, la profession a réussi à regagner la faveur des étudiants, il reste cependant beaucoup à faire pour garder au poste les infirmières déjà embauchées dans les hôpitaux.
En effet, on a observé que 15 % des jeunes infirmières qui font leur entrée dans le métier le quittent au cours des cinq années suivantes. Une perte sèche pour le système, qui fait très mal aux hôpitaux. Sans qu'on sache les causes réelles de ces départs, on cite le manque d'encadrement offert aux jeunes recrues, les conditions de travail difficiles et le faible nombre de postes à temps complet de jour offerts dans le réseau.
«Les bancs des écoles sont pleins, on ne peut en prendre plus. Ce qu'il faut maintenant, c'est s'assurer que ces jeunes terminent leurs études et qu'elles restent dans le métier pour longtemps», souligne Mme Vallières.
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