Lettres: La réalité de l'Église
Robert Jollet - Sillery, le 28 avril 2003
16 mai 2003
«Le Vatican parmi nous: un discours décollé de la réalité» - Jean-Paul Lefèbvre. Estomaqué par les propos pastoraux de Mgr Marc Ouellet, Jean-Paul Lefèbvre propose (Le Devoir, 26 avril 2003) un débat ouvert sur son orientation pastorale. Dans le contexte, il s'agit plutôt d'une polémique. La foi, d'ailleurs, n'est pas matière à débat; l'évangile n'est pas négociable, il se proclame. Ce que Lefèbvre conteste n'est pas seulement la manière ou le style de Mgr Ouellet, une procédure qu'il dit autoritaire, curiale, mais la substance de ses directives en ce qui concerne le mariage des prêtres, l'ordination des femmes, les divorcés, la pilule, tous les points chauds de la théologie du jour. Une théologie qu'on a qualifiée de pelvienne: elle ne s'élève guère plus haut que la ceinture.
Comme si l'association de Mgr Ouellet à l'oeuvre des séminaires ou son stage au Vatican l'avaient coupé de la réalité quotidienne, notre journaliste lui reproche d'ignorer la réalité de la culture contemporaine. Mgr Ouellet a déjà assez montré qu'il sait distinguer entre la culture et son état de déchéance. Un évêque doit être un pasteur qui conduit et défend son troupeau, non pas un mercenaire qui fuit devant le loup, souvent, dans notre culture, les médias — dans ce cas, Le Devoir et son journaliste d'occasion.
L'Église n'a que faire des pasteurs caméléons qui prennent la couleur du fond sur lequel ils rampent, comme le souhaite M. Lefèbvre. Le monde, sous ses acclamations, méprise ces «idiots utiles». «Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel perd sa saveur / Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.»
La position du pape de barrer l'accès à la communion aux divorcés dits remariés et que Mgr Ouellet a le courage de soutenir, loin d'ignorer la réalité, fait face au désastre de notre société où, au Québec, les divorces approchent les 50 % des mariages. La compassion chrétienne dénote un coeur attendri, pas un cerveau ramolli. Un pasteur n'est pas un candyman.
Jean-Paul Lefèbvre exhorte les évêques à défendre la volonté du peuple de Dieu, exprimée, dit-il, dans divers synodes récents, jusqu'à déposer leur charge d'évêque s'il le faut. Cela me paraît invraisemblable, vu leur trop fréquent opportunisme, qui a intensifié la crise actuelle de l'Église.
Quant à vider nos églises, ce que Jean-Paul Lefèbvre redoute, Mgr Ouellet arrive trop tard. Si notre alarmiste était moins «décollé de la réalité», il saurait que nos théologiens, liturgistes, catéchètes, prêtres psychologues manqués et autres experts de tout acabit achèvent cette tâche.
Comme si l'association de Mgr Ouellet à l'oeuvre des séminaires ou son stage au Vatican l'avaient coupé de la réalité quotidienne, notre journaliste lui reproche d'ignorer la réalité de la culture contemporaine. Mgr Ouellet a déjà assez montré qu'il sait distinguer entre la culture et son état de déchéance. Un évêque doit être un pasteur qui conduit et défend son troupeau, non pas un mercenaire qui fuit devant le loup, souvent, dans notre culture, les médias — dans ce cas, Le Devoir et son journaliste d'occasion.
L'Église n'a que faire des pasteurs caméléons qui prennent la couleur du fond sur lequel ils rampent, comme le souhaite M. Lefèbvre. Le monde, sous ses acclamations, méprise ces «idiots utiles». «Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel perd sa saveur / Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.»
La position du pape de barrer l'accès à la communion aux divorcés dits remariés et que Mgr Ouellet a le courage de soutenir, loin d'ignorer la réalité, fait face au désastre de notre société où, au Québec, les divorces approchent les 50 % des mariages. La compassion chrétienne dénote un coeur attendri, pas un cerveau ramolli. Un pasteur n'est pas un candyman.
Jean-Paul Lefèbvre exhorte les évêques à défendre la volonté du peuple de Dieu, exprimée, dit-il, dans divers synodes récents, jusqu'à déposer leur charge d'évêque s'il le faut. Cela me paraît invraisemblable, vu leur trop fréquent opportunisme, qui a intensifié la crise actuelle de l'Église.
Quant à vider nos églises, ce que Jean-Paul Lefèbvre redoute, Mgr Ouellet arrive trop tard. Si notre alarmiste était moins «décollé de la réalité», il saurait que nos théologiens, liturgistes, catéchètes, prêtres psychologues manqués et autres experts de tout acabit achèvent cette tâche.
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