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Lettres: Pour la survie des régions, une vraie CPTAQ

Guy Boissé - Montréal, le 4 mai 2003  16 mai 2003 
En campagne électorale, Jean Charest affirmait qu'il était prêt et qu'il représentait le parti du changement. Le monde rural québécois, comme celui de la santé, est dans un bourbier inacceptable. Il y faut du changement, notamment en ce qui a trait à la Commission de protection du territoire agricole: il faut l'actualiser, lui faire rencontrer les valeurs que la société adopte actuellement et pour l'avenir.

La CPTAQ est un outil collectif valable dans la mesure où il protège les intérêts supérieurs de tout le peuple duquel il émane et qui a pour territoire le Québec. Pas uniquement les intérêts d'une partie des agriculteurs.

En ce sens, la CPTAQ devrait servir la vision émergente de l'agriculture véhiculée par l'Ordre des agronomes et l'UQCN, entre autres, à savoir une agriculture prise dans sa multifonctionnalité, c'est-à-dire que l'on comprenne les aspects sociaux, économiques et environnementaux dans le développement de ce secteur d'activité.

Dans le contexte où, d'une part, les régions se vident et, d'autre part, de plus en plus de gens veulent aller vivre à la campagne, dans le pays qui leur appartient également, la CPTAQ devrait favoriser l'établissement sur des fermes de gens pour qui l'agriculture ne se pratique pas nécessairement à grande échelle et n'est pas obligatoirement l'activité prépondérante de leur vie. Un agriculture sur cinq est considéré «à temps partiel» au Québec. Accorder des permis de construction sur des terrains zonés verts à plus d'individus qui veulent avoir une activité agricole, même «à temps partiel», favorise non seulement le développement de l'agriculture et des régions mais contribue également à amoindrir le clivage entre urbains et ruraux.

Les agriculteurs sont des êtres humains qui ont besoin d'autres êtres humains pour vivre et se développer socialement, intellectuellement et spirituellement. La CPTAQ devrait tenir compte de ce «facteur» humain et favoriser l'établissement de personnes pratiquant d'autres métiers que l'agriculture sur des lots impropres à la foresterie et la culture. Elle devrait cesser d'être dogmatique parce qu'elle ne réussit ainsi qu'à se faire des opposants des gens de qui elle est finalement redevable.

De plus, la CPTAQ, outil collectif, devrait jouer son rôle de protectrice du territoire, un bien collectif. Elle devrait prendre part activement à la protection des forêts, des rivières et de l'eau que les humains et les animaux dont nous nous nourrissons boivent. En ce sens, elle devrait constituer un moyen de pression sur les forestiers, les producteurs d'eau embouteillée et les agriculteurs pour qu'ils adoptent des comportements et des pratiques responsables et qui profitent à l'ensemble de la population du Québec.

M. Charest, la balle est dans votre camp.
 
 
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