Riyad sous le choc - La marque d'al-Qaïda
Photo : Agence France-Presse
Un soldat saoudien monte la garde près de voitures détruites par l’explosion d’une voiture piégée dans le complexe résidentiel Al-Hamra à Riyad, en Arabie Saoudite. Quatre explosions, que des experts attribuent au réseau al-Qaïda, ont fait au
Washington — En dépit des durs coups portés par Washington, le réseau terroriste al-Qaïda — auquel plusieurs responsables américains attribuent les sanglants attentats de lundi soir en Arabie Saoudite — a reconstitué des bases arrière opérationnelles dans des zones d'instabilité et continue de représenter une menace. Une menace d'autant plus dangereuse que le réseau s'est transformé en une «idéologie virtuelle» diffusée mondialement par Internet, prévenaient hier des experts.
Quatre attaques suicide à la voiture piégée, le caractère quasi simultané des explosions, des intérêts occidentaux visés: le modus operandi de l'attaque spectaculaire perpétrée en Arabie Saoudite porte la marque de fabrique du groupe terroriste fondamentaliste musulman.
«Hormis le Hezbollah saoudien, qui n'est pas nécessairement lié à al-Qaïda mais peut vraisemblablement travailler main dans la main avec lui, il n'y a pas d'autre groupe en Arabie Saoudite qui puisse exécuter ce type d'attaques suicide coordonnées sur des cibles multiples», estime le spécialiste d'al-Qaïda Peter Bergen.
De plus, les cibles n'ont pas été choisies au hasard, relève l'expert et avocat français Jean-Charles Brisard. «Les deux zones résidentielles abritaient principalement des responsables d'entreprises anglo-saxonnes en Arabie Saoudite et leurs familles, qui travaillaient pour deux coentreprises américano-saoudiennes, autrement dit des symboles de la présence militaro-industrielle occidentale en Arabie Saoudite.»
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont déclaré une guerre sans relâche au terrorisme, et en particulier à al-Qaïda, renversant le régime des talibans en Afghanistan et celui, en Irak, de Saddam Hussein, accusé par Washington notamment de collusion avec des groupes terroristes.
«Les attentats en Arabie Saoudite, les meurtres sans pitié de citoyens américains et d'autres pays nous rappellent que la guerre contre le terrorisme continue», a affirmé hier matin le président Bush.
La tâche pourrait cependant devenir plus compliquée pour Washington car le réseau terroriste s'est dispersé. «Al-Qaïda a perdu l'essentiel de sa structure de commandement mais reconstitue progressivement sa base arrière et opérationnelle dans les zones d'instabilité ou de fragilité», affirme Jean-Charles Brisard, en citant notamment le Pakistan, l'Indonésie, l'Afrique de l'Ouest et l'Arabie Saoudite.
Dans ce dernier pays, «al-Qaïda bénéficie toujours du soutien d'une frange importante du clergé saoudien», note M. Brisard, qui représente par ailleurs des familles de victimes du 11 septembre 2001 dans une plainte civile aux États-Unis contre des financiers présumés d'al-Qaïda.
Ces attentats attestent «de l'existence, longtemps niée en Arabie Saoudite, de réseaux de soutien logistique d'al-Qaïda», ajoute-t-il, dénonçant «l'impunité dont bénéficient notamment les organisations humanitaires saoudiennes».
Les terroristes qui ont frappé lundi à Riyad ont-ils bénéficié de complicités pour pouvoir s'approcher des immeubles? Pas impossible, répond Peter Bergen: «Al-Qaïda s'est déjà vanté par le passé d'avoir des partisans au sein des services de sécurité saoudiens, ce qui ne serait pas surprenant, Ben Laden étant un personnage populaire en Arabie Saoudite.»
Contraint de se disperser, al-Qaïda s'est aussi transformé, passant du réseau terroriste classique à une véritable idéologie, note aussi Peter Bergen, qui vient de consacrer un documentaire à ce phénomène d'idéologisation. «Ses idées sont largement diffusées sur Internet, tout comme les cassettes et enregistrements d'Oussama ben Laden, qui peuvent être écoutés par des dizaines de millions de gens à travers le monde», explique-t-il.
Quatre attaques suicide à la voiture piégée, le caractère quasi simultané des explosions, des intérêts occidentaux visés: le modus operandi de l'attaque spectaculaire perpétrée en Arabie Saoudite porte la marque de fabrique du groupe terroriste fondamentaliste musulman.
«Hormis le Hezbollah saoudien, qui n'est pas nécessairement lié à al-Qaïda mais peut vraisemblablement travailler main dans la main avec lui, il n'y a pas d'autre groupe en Arabie Saoudite qui puisse exécuter ce type d'attaques suicide coordonnées sur des cibles multiples», estime le spécialiste d'al-Qaïda Peter Bergen.
De plus, les cibles n'ont pas été choisies au hasard, relève l'expert et avocat français Jean-Charles Brisard. «Les deux zones résidentielles abritaient principalement des responsables d'entreprises anglo-saxonnes en Arabie Saoudite et leurs familles, qui travaillaient pour deux coentreprises américano-saoudiennes, autrement dit des symboles de la présence militaro-industrielle occidentale en Arabie Saoudite.»
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont déclaré une guerre sans relâche au terrorisme, et en particulier à al-Qaïda, renversant le régime des talibans en Afghanistan et celui, en Irak, de Saddam Hussein, accusé par Washington notamment de collusion avec des groupes terroristes.
«Les attentats en Arabie Saoudite, les meurtres sans pitié de citoyens américains et d'autres pays nous rappellent que la guerre contre le terrorisme continue», a affirmé hier matin le président Bush.
La tâche pourrait cependant devenir plus compliquée pour Washington car le réseau terroriste s'est dispersé. «Al-Qaïda a perdu l'essentiel de sa structure de commandement mais reconstitue progressivement sa base arrière et opérationnelle dans les zones d'instabilité ou de fragilité», affirme Jean-Charles Brisard, en citant notamment le Pakistan, l'Indonésie, l'Afrique de l'Ouest et l'Arabie Saoudite.
Dans ce dernier pays, «al-Qaïda bénéficie toujours du soutien d'une frange importante du clergé saoudien», note M. Brisard, qui représente par ailleurs des familles de victimes du 11 septembre 2001 dans une plainte civile aux États-Unis contre des financiers présumés d'al-Qaïda.
Ces attentats attestent «de l'existence, longtemps niée en Arabie Saoudite, de réseaux de soutien logistique d'al-Qaïda», ajoute-t-il, dénonçant «l'impunité dont bénéficient notamment les organisations humanitaires saoudiennes».
Les terroristes qui ont frappé lundi à Riyad ont-ils bénéficié de complicités pour pouvoir s'approcher des immeubles? Pas impossible, répond Peter Bergen: «Al-Qaïda s'est déjà vanté par le passé d'avoir des partisans au sein des services de sécurité saoudiens, ce qui ne serait pas surprenant, Ben Laden étant un personnage populaire en Arabie Saoudite.»
Contraint de se disperser, al-Qaïda s'est aussi transformé, passant du réseau terroriste classique à une véritable idéologie, note aussi Peter Bergen, qui vient de consacrer un documentaire à ce phénomène d'idéologisation. «Ses idées sont largement diffusées sur Internet, tout comme les cassettes et enregistrements d'Oussama ben Laden, qui peuvent être écoutés par des dizaines de millions de gens à travers le monde», explique-t-il.
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