Lettres: Ministère des hôpitaux
Louis Samuel Jacques - Québec, le 13 mai 2003
14 mai 2003
Durant la dernière campagne électorale, le mot «santé» était sur toutes les lèvres. Paradoxalement, nous avons très peu entendu parler de santé. La santé, c'est la qualité de l'air, de l'eau et des sols. C'est aussi notre alimentation et notre rythme de vie.
Un véritable système de santé ne permettrait pas que la majorité soit presque obligée de rouler en auto soir et matin. Car ce faisant, nous émettons des millions de particules et des gaz très nocifs pour la santé. Un système de santé cohérent favoriserait la réduction des déchets — car bien qu'on ne les voie qu'un ou deux matins par semaine sur le trottoir, nous en respirons, en mangeons et en buvons une bonne partie, et ce, tous les jours. N'est-ce pas Lavoisier qui a écrit, déjà au XVIIIe siècle, que «rien ne se perd, rien ne se crée»? Aurait-on la mémoire si courte?
Un véritable système de santé ferait aussi en sorte de contrôler les maladies essentiellement sociales que sont, entre autres, l'obésité, la dépression et le suicide. Évidemment, les solutions ne sont pas faciles! Et le gouvernement ne peut pas tout faire. Mais tant que l'on permettra — et favorisera — que des croustilles soient placées à l'endroit le plus visible dans les supermarchés, par exemple, ou que les heures de travail soient plus nombreuses que les heures de sommeil ou de loisirs pour ceux et celles qui ne le désirent pas, on sera loin d'une société «en santé». Nous pourrons avoir les meilleurs hôpitaux les mieux gérés au monde (ce qui est aussi une composante essentielle d'un système de santé), la partie sera néanmoins loin d'être gagnée.
En somme, tant qu'on réduira le système de santé au système hospitalier, il faudra appeler un chat un chat et l'initiative libérale en matière de santé devra commencer par changer le nom de notre ministre de la Santé pour le «Grand gérant des hôpitaux et des CLSC».
Un véritable système de santé ne permettrait pas que la majorité soit presque obligée de rouler en auto soir et matin. Car ce faisant, nous émettons des millions de particules et des gaz très nocifs pour la santé. Un système de santé cohérent favoriserait la réduction des déchets — car bien qu'on ne les voie qu'un ou deux matins par semaine sur le trottoir, nous en respirons, en mangeons et en buvons une bonne partie, et ce, tous les jours. N'est-ce pas Lavoisier qui a écrit, déjà au XVIIIe siècle, que «rien ne se perd, rien ne se crée»? Aurait-on la mémoire si courte?
Un véritable système de santé ferait aussi en sorte de contrôler les maladies essentiellement sociales que sont, entre autres, l'obésité, la dépression et le suicide. Évidemment, les solutions ne sont pas faciles! Et le gouvernement ne peut pas tout faire. Mais tant que l'on permettra — et favorisera — que des croustilles soient placées à l'endroit le plus visible dans les supermarchés, par exemple, ou que les heures de travail soient plus nombreuses que les heures de sommeil ou de loisirs pour ceux et celles qui ne le désirent pas, on sera loin d'une société «en santé». Nous pourrons avoir les meilleurs hôpitaux les mieux gérés au monde (ce qui est aussi une composante essentielle d'un système de santé), la partie sera néanmoins loin d'être gagnée.
En somme, tant qu'on réduira le système de santé au système hospitalier, il faudra appeler un chat un chat et l'initiative libérale en matière de santé devra commencer par changer le nom de notre ministre de la Santé pour le «Grand gérant des hôpitaux et des CLSC».
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