Déjà l'impasse!
Serge Truffaut
13 mai 2003
À peine sortie des presses, la Feuille de route élaborée par les membres du Quartet (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) pour introduire un peu de paix au Proche-Orient a débouché sur un premier cul-de-sac. Au lendemain des rencontres que le secrétaire d'État Colin Powell a eues avec ses homologues israélien et palestinien, la série de négociations amorcée s'annonce aussi hasardeuse, aussi laborieuse que les efforts antérieurs. À preuve, les partis concernées ne veulent même pas respecter les obligations fondées, justifiées, qui sont inscrites dans la première phase d'un processus en comprenant trois.
De quoi s'agit-il? De simultanéité des efforts demandés aux uns et aux autres. Selon les termes de la première étape, le quartet voudrait notamment que l'Autorité palestinienne prenne les mesures qui s'imposent pour mettre un terme immédiat aux attentats terroristes et à l'instrumentalisation militaire de l'Intifada. Parallèlement, le gouvernement israélien devrait ordonner le retrait des zones palestiniennes occupées depuis septembre 2000 et stopper tout le processus de colonisation.
En ce qui concerne la démilitarisation des factions palestiniennes, l'impasse est actuellement totale. Forts de la popularité dont le Djihad palestinien et le Hamas jouissent auprès de la population, les chefs de file de ces deux groupes ont clairement indiqué qu'il n'était pas question d'envoyer les fusils à la casse tant et aussi longtemps qu'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale n'aurait pas été déclaré. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, le fondateur et chef spirituel du Hamas, Ahmed Yacine, est allé jusqu'à remettre en cause la légitimité du nouveau premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas. Il semble évident que tant que le Hamas ne sera pas invité à la table des négociations, ce dernier ne cédera pas un pouce au risque d'affaiblir l'Autorité palestinienne.
De l'autre côté de la frontière, c'est également non. Plus exactement, le gouvernement d'Ariel Sharon estime que toutes les requêtes afférentes à la première phase devraient être assujetties au préambule suivant: que le nouveau premier ministre palestinien s'engage dans une guerre totale contre les groupes effectuant des actes terroristes. En outre, Sharon voudrait que les Palestiniens mettent définitivement en sourdine le droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens ou de leurs descendants.
Comble de l'ironie, si l'on ose dire, le premier ministre Sharon entend négocier directement avec le président Bush et non par l'intermédiaire de Powell. À moins d'un changement d'attitude des deux parties, la Feuille de route est destinée à être déchiquetée.
De quoi s'agit-il? De simultanéité des efforts demandés aux uns et aux autres. Selon les termes de la première étape, le quartet voudrait notamment que l'Autorité palestinienne prenne les mesures qui s'imposent pour mettre un terme immédiat aux attentats terroristes et à l'instrumentalisation militaire de l'Intifada. Parallèlement, le gouvernement israélien devrait ordonner le retrait des zones palestiniennes occupées depuis septembre 2000 et stopper tout le processus de colonisation.
En ce qui concerne la démilitarisation des factions palestiniennes, l'impasse est actuellement totale. Forts de la popularité dont le Djihad palestinien et le Hamas jouissent auprès de la population, les chefs de file de ces deux groupes ont clairement indiqué qu'il n'était pas question d'envoyer les fusils à la casse tant et aussi longtemps qu'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale n'aurait pas été déclaré. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, le fondateur et chef spirituel du Hamas, Ahmed Yacine, est allé jusqu'à remettre en cause la légitimité du nouveau premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas. Il semble évident que tant que le Hamas ne sera pas invité à la table des négociations, ce dernier ne cédera pas un pouce au risque d'affaiblir l'Autorité palestinienne.
De l'autre côté de la frontière, c'est également non. Plus exactement, le gouvernement d'Ariel Sharon estime que toutes les requêtes afférentes à la première phase devraient être assujetties au préambule suivant: que le nouveau premier ministre palestinien s'engage dans une guerre totale contre les groupes effectuant des actes terroristes. En outre, Sharon voudrait que les Palestiniens mettent définitivement en sourdine le droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens ou de leurs descendants.
Comble de l'ironie, si l'on ose dire, le premier ministre Sharon entend négocier directement avec le président Bush et non par l'intermédiaire de Powell. À moins d'un changement d'attitude des deux parties, la Feuille de route est destinée à être déchiquetée.
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