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Des outils pour les villes!

Jean-Robert Sansfaçon   9 mai 2003 
Le 1er juillet prochain, les usagers des transports collectifs montréalais subiront une hausse de tarif de 4 % qui s'ajoutera à une première hausse de 4 % décrétée en janvier, ce qui portera la hausse cumulative à... 75 % depuis 1990! Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, dont la contribution moindre de Montréal au budget des transports collectifs, mais la cause première tient aux coûts de main-d'oeuvre excessifs auxquels la STM et les villes du Québec doivent faire face.

En réaction à l'annonce de la prochaine hausse des tarifs, le représentant du syndicat des chauffeurs d'autobus et des conducteurs du métro a eu le culot de dire que ses membres qui négocient actuellement «ne feraient pas les frais des promesses électorales du maire Tremblay», faisant sans doute référence à l'introduction, l'an dernier, du tarif réduit pour les étudiants. Or non seulement cette hausse avait été compensée par l'augmentation des tarifs pour tous les autres usagers, mais s'il y a un groupe qui ne fait les frais de rien du tout, qui, au contraire, pige à pleines mains dans la cagnotte citoyenne, c'est précisément le syndicat des chauffeurs!

Les coûts de main-d'oeuvre occupent les deux tiers des dépenses de la STM et ne cessent de croître. Dans la présente ronde de négociations, la demande syndicale atteint 18 % pour un contrat de trois ans au seul chapitre salarial, ce qui ne comprend pas les multiples autres demandes à incidence financière. Mais qu'est-ce qui justifie qu'un chauffeur d'autobus gagne 60 000 $ par année, sans calculer les heures supplémentaires? Qu'est-ce qui justifie la retraite à 50 ans, après seulement 30 ans de travail, avec une rente nette supérieure au salaire, alors que les infirmières, les enseignants et tous les autres professionnels de la fonction publique québécoise n'ont accès à la retraite qu'après 35 ans? Qu'est-ce qui justifie que pour avoir accès à cette même retraite, l'employé de la STM n'ait eu à verser que 6 % de son salaire alors que la STM doit contribuer à hauteur de 12 % du salaire annuel, soit le double de la contribution du gouvernement du Québec pour ses fonctionnaires?

Si la STM fait face à un manque à gagner de 18 millions cette année, c'est qu'elle doit injecter 30 millions dans le régime de retraite paradisiaque et totalement disproportionné de ses employés par rapport aux moyens financiers des Montréalais. Il faut mettre un terme à cette forme d'extorsion légalisée de fonds publics, rendue possible par l'usage du chantage des moyens de pression dans un service essentiel au bon fonctionnement d'une ville.

Au lieu d'augmenter continuellement les tarifs des transports collectifs avec le risque évident de faire fuir les usagers, il faut exiger du nouveau gouvernement à Québec qu'il fournisse des outils aux municipalités pour leur permettre de résister au chantage, notamment en adoptant une loi-cadre situant la rémunération globale des employés des grandes villes à l'intérieur des paramètres consentis à ceux du gouvernement provincial. Voilà la première chose à faire avant de chercher de nouvelles sources de revenus du côté des usagers des transports en commun, des contribuables montréalais ou des automobilistes.
 
 
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