Lettres: Une férocité indécente
Pierre de Bellefeuille - Montréal, le 2 mai 2003
6 mai 2003
La férocité de votre collaborateur Michel David envers Jacques Parizeau est indécente. Il prétend que l'ancien premier ministre «a fait complètement déraper» la récente campagne de Bernard Landry, alors que le coupable, s'il faut en trouver un, c'est Jean Charest.
David affirme aussi que Parizeau a «perdu le référendum de 1995 à force d'erreurs» alors qu'au contraire, ayant réussi à constituer une alliance avec Lucien Bouchard et Mario Dumont, il est venu à un cheveu de la victoire.
Résumons: tout chez Parizeau fait frémir David, qui écrit: «M. Parizeau est devenu le souvenir vivant d'un des épisodes les plus tristes de l'histoire du mouvement souverainiste». De quoi s'agit-il? De «l'argent et des votes ethniques» au soir du référendum de 1995.
Trêve d'hypocrisie. «Political correctness» mise à part, il n'y a rien de mal à constater comment vote tel ou tel groupe dans la société. Les maisons de sondage le font continuellement, qui nous renseignent sur «le vote francophone».
C'est évidemment l'emploi du mot «ethnique» qui fait sursauter les bien-pensants. Connaissant cette grande susceptibilité, M. Parizeau aurait pu se censurer et éviter d'employer le mot fatal. Mais pareille autocensure ne fait-elle pas partie de la «langue de bois» que les chroniqueurs ne cessent de dénoncer?
David reproche à M. Parizeau d'avoir déclaré ces jours derniers: «il faut indiquer à nos concitoyens ce que nous voulons faire avec la souveraineté». Libre à David de préférer les faux souverainistes qui jouent à cache-cache avec l'indépendance, mais pour ma part, je crois aussi qu'il faut faire apparaître dans l'imaginaire collectif le portrait du pays à naître.
David affirme aussi que Parizeau a «perdu le référendum de 1995 à force d'erreurs» alors qu'au contraire, ayant réussi à constituer une alliance avec Lucien Bouchard et Mario Dumont, il est venu à un cheveu de la victoire.
Résumons: tout chez Parizeau fait frémir David, qui écrit: «M. Parizeau est devenu le souvenir vivant d'un des épisodes les plus tristes de l'histoire du mouvement souverainiste». De quoi s'agit-il? De «l'argent et des votes ethniques» au soir du référendum de 1995.
Trêve d'hypocrisie. «Political correctness» mise à part, il n'y a rien de mal à constater comment vote tel ou tel groupe dans la société. Les maisons de sondage le font continuellement, qui nous renseignent sur «le vote francophone».
C'est évidemment l'emploi du mot «ethnique» qui fait sursauter les bien-pensants. Connaissant cette grande susceptibilité, M. Parizeau aurait pu se censurer et éviter d'employer le mot fatal. Mais pareille autocensure ne fait-elle pas partie de la «langue de bois» que les chroniqueurs ne cessent de dénoncer?
David reproche à M. Parizeau d'avoir déclaré ces jours derniers: «il faut indiquer à nos concitoyens ce que nous voulons faire avec la souveraineté». Libre à David de préférer les faux souverainistes qui jouent à cache-cache avec l'indépendance, mais pour ma part, je crois aussi qu'il faut faire apparaître dans l'imaginaire collectif le portrait du pays à naître.
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