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Compteurs d'eau... et de votes

Gérard Briand - Montréal  24 septembre 2009 
L'annulation du contrat des compteurs d'eau à Montréal soulève non seulement la dynamique suspecte des appels d'offres solidement ancrée dans la métropole, mais aussi cette même dynamique et tout le financement des partis politiques régissant les 1300 autres municipalités qui composent l'autre 50 % de la population du Québec; des créatures totales et entières sous la responsabilité du gouvernement du Québec.

Ainsi, croit-on sincèrement qu'un premier ministre et un gouvernement libéral comme celui de M. Jean Charest ont la moindre volonté politique de changer une telle situation? Le parti qu'il dirige (et des ministres eux-mêmes) a pu profiter par le passé d'un tel système qui a resurgi il y a huit ans déjà avec le projet d'agrandissement avorté du parc du Mont-Orford; du financement par la bande, rappelons-le, d'écoles juives, ou très récemment encore, avec l'implication de son ministre démissionnaire Whissell dans l'attribution de «chauds petits» contrats à l'entreprise de travaux publics de son épouse actionnaire?

À ce titre, les contribuables et les électeurs que nous sommes devons faire pression sur tous les partis politiques, qu'ils soient libéraux ou péquistes, lucides et solidaires — pendant, et surtout, en dehors de toute campagne électorale —, afin de démocratiser le financement des partis politiques et rendre également plus attrayante la fonction de gestion civique, spécialement au municipal et dans le domaine scolaire, qui sont souvent des tremplins pour la gestion de plus grandes responsabilités.

J'en ai pour preuve mes petites expériences antérieures d'engagement de simple citoyen tant à l'échelle québécoise que fédérale, mais aussi au niveau municipal, pourtant réputé «le plus près des gens». Comment ne pas entretenir un cynisme éhonté sur le financement politique lorsque vous découvrez, dans les jours sinon les heures qui précédent toute élection, ces émissaires de nombreux cabinets d'avocats, d'architectes, d'ingénieurs, de constructeurs de routes, de barrages ou de ponts; ces petits et grands entrepreneurs du Québec inc., en région et ailleurs qui, grâce au moindre petit sondage interne qu'ils se sont payé flairent le pouvoir et accourent chez plus d'un candidat pour ouvrir très grand leurs carnets de chèques? Tout cela dans le but évident de s'assurer un minimum de capital de sympathie (et le retour d'ascenseur!) de celui ou parfois de celle qui aura nécessairement le plus de chances de l'emporter!

Tout cela aussi devant une empathie absolument «zombiesque» d'un public électeur connaissant mal ses droits — ou plutôt très faiblement incité à la gestion participative — et dont la réponse naturelle, faut-il s'en étonner, consiste à ne pas se déplacer pour aller voter, comme lors d'élections municipales, où près de 60 % des maires sont élus par acclamation.

Faire connaître la liste de ceux et celles qui contribuent au parti n'est à mon sens qu'un coup de crayon au visage et un faux maquillage qui jure dans le paysage d'une campagne électorale qui culmine le jour J d'une élection. Le financement démocratique permanent des partis (ou de candidats ou de référendums) exige de sérieuses et profondes transformations.

Nous aurions tout à apprendre des appels de certians directeurs d'élections, comme ceux déjà répétés d'un Pierre-F. Côté, un précurseur dans le domaine, ou de propositions faites à ce sujet par une jeune formation politique telle que Québec solidaire.
 
 
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