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Le NPD fait-il le bon choix?

24 septembre 2009 
Jack Layton nous dit que «le choix pour le NPD est clair». C'est vrai. En effet, concernant le projet de loi gouvernemental sur la prolongation des semaines de prestations, le NPD doit choisir entre se tenir debout ou avaler tout rond le mauvais plat de lentilles servi par les conservateurs. C'est bien de cela qu'il s'agit.

Le projet de loi C-50 présenté par le gouvernement conservateur le 14 septembre dernier est vicieux et il y a beaucoup d'escroquerie derrière cette volonté de prolonger les semaines de prestations. Les chiffres avancés par le gouvernement sont douteux (1 milliard de dollars et 190 000 chômeurs qui seraient touchés par la mesure) et il est bien malheureux de voir les porte-parole du NPD se rendre sur toutes les tribunes pour les défendre, non seulement sans recul critique, mais souvent en lieu et place des ministres du gouvernement et en s'appropriant même l'initiative («J'ai demandé à Stephen Harper d'aider les chômeurs»).

Aider les chômeurs?

Depuis une vingtaine d'années déjà, les gouvernements qui se succèdent au fédéral s'évertuent à faire de l'assurance-emploi un monstre à mille têtes, c'est-à-dire une loi complexe farcie d'exceptions et de mesures administratives à durée limitée. Les conservateurs, avec le projet de loi C-50, ont décidé d'en rajouter. Par exemple, ce projet de loi prendra fin le 11 septembre 2010, mais surtout il remplace un paragraphe de la loi — l'article 12 (2), qui fait quelques lignes — par plus de trois pages d'exceptions de toutes sortes.

Le paragraphe 12 (2) de la loi devient 12 (2.1), 12 (2.2), 12 (2.3) et 12 (2.4), faisant la différence entre le moment où la demande de chômage est déposée (quatre périodes différentes) et établissant jusqu'à six types de prolongation possibles selon le nombre d'années cotisées par le demandeur. Ainsi, les «20 semaines de prolongation» ne seraient octroyées qu'à ceux qui auront déposé leur demande de prestations avant le 5 juin 2010 et qui auront versé «au moins 30 % de la cotisation ouvrière maximale pour un an pendant au moins 12 des 15 années précédant le début de sa période de prestations». Tous les autres recevront moins, et la plupart du temps, seulement cinq semaines.

Surtout, sont exclus de la mesure tous les travailleurs qui auront reçu plus de 35 semaines de prestations au cours des cinq dernières années, c'est-à-dire tous les travailleurs saisonniers, tous les travailleurs précaires. Sont exclus aussi tous ceux qui manquent d'ancienneté sur le marché du travail, les jeunes par exemple.

Et on se retrouve avec une situation où certains se verront accorder quelques semaines de prestations supplémentaires alors que d'autres n'y auront pas droit, même s'ils sont du même lieu de travail, de la même usine, qu'ils habitent la même localité, sinon le même quartier.

Ce que nous comprenons

Nous comprenons que ce projet de loi divise les gens entre «bons» et «mauvais» chômeurs, alors que les réalités du chômage, la plupart du temps, s'imposent aux gens en dehors de leur propre volonté. Nous comprenons aussi qu'aider les chômeurs en prolongeant la période de prestations aurait pu non seulement s'adresser à tous les prestataires, mais éviter la voie législative. Nous comprenons donc que les conservateurs ne s'amusent qu'à imposer un petit jeu politique avec les partis de l'opposition et que cela se fait au détriment des gens. Nous comprenons aussi que les travailleurs plus âgés méritent mieux que ces quelques semaines de prestations supplémentaires discriminatoires, qu'ils méritent un véritable Programme d'aide aux travailleurs âgés (PATA), programme que le gouvernement conservateur refuse de rétablir. [...]

Faire le bon choix

Ne pas vouloir une élection est une chose. Prétendre que le projet de loi C-50 va «aider les chômeurs en leur versant 1 milliard de dollars», qu'il s'agit de «voter pour l'amélioration du régime d'assurance-emploi», qu'il s'agit d'un «choix responsable que d'appuyer une politique qui aidera des dizaines de milliers de Canadiens au chômage» en est une autre. Ceux qui connaissent la loi de l'assurance-emploi et son application, ceux qui ont combattu avec toute l'intégrité et la fougue que nous leur connaissons — et ils sont nombreux au NPD — savent que ce projet de loi est misérable et honteux pour notre population. Le NPD doit se ressaisir et faire le bon choix.






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