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Lettres: L'impasse de Jean Charest

Patrice Boileau - Carignan, 15 avril 2003  2 mai 2003 
Tout de même curieux d'entendre certains politologues affirmer que Jean Charest pourra mieux négocier avec le Canada anglais.

Rappelons que son séjour à Ottawa s'était bien mal terminé. Sa prise de position en 1997 contre le renvoi à la Cour suprême, piloté par Jean Chrétien, avait sonné le glas pour son rêve de devenir premier ministre du Canada. Le chef du Parti conservateur à l'époque espérait bien faire le plein de votes francophones au Québec par son geste. Mal lui en prit: il s'est plutôt aliéné l'électorat de l'ouest du Canada. Ce manque de patriotisme à l'endroit du Canada a alors été condamné de façon virulente par certains journaux albertains. D'ailleurs, n'y a-t-il pas, depuis, un nouveau parti politique qui représente l'ouest du Canada? On se souviendra de la suite: c'est avec une déception mal dissimulée que Jean Charest a abandonné sa résidence en construction de l'Outaouais pour venir remplacer un Daniel Johnson contesté par ses troupes libérales au Québec. La défaite électorale qu'il a par la suite subie en 1998 a été amère: l'absence d'appui significatif des électeurs francophones l'a privé du pouvoir. C'est sensiblement avec le même pourcentage des voix que Jean Charest se présentera au gouvernement fédéral pour réclamer le manque à gagner qu'Yves Séguin a évalué à deux milliards de dollars par année. Déjà, l'Ontario a décliné l'invitation du premier ministre du Québec de former un bureau traitant du déséquilibre fiscal. On voit mal comment Jean Charest pourra convaincre Ottawa si les autres provinces le boudent. Peut être celles-ci ont-elles déjà abdiqué face à Jean Chrétien, Stéphane Dion et Paul Martin, qui nient l'existence d'un déséquilibre fiscal. Ces derniers inviteront sûrement Jean Charest à renoncer aux baisses d'impôts promises aux Québécois s'il manque d'argent. La pression sera énorme: c'est que l'homme de Westmount ne dispose pas d'un mandat populaire solide. Sa victoire électorale, il la doit à l'Action démocratique du Québec, qui a usurpé le vote des nationalistes mous au Parti québécois. Ceci laisse donc intacte l'idée de la souveraineté pour 45 % des Québécois. Un éventuel échec des pourparlers avec le fédéral et ses effets néfastes sur le sous-financement du réseau de la santé au Québec ne passeront pas inaperçus. Jean Charest sait très bien que la souveraineté constituera alors, pour une majorité de Québécois, l'unique façon de se débarrasser du carcan fiscal fédéral. Jamais le Parti québécois, dans un troisième mandat, essoufflé, n'aurait eu la crédibilité nécessaire pour favoriser pareil consensus...

Rappelons que son séjour à Ottawa s'était bien mal terminé. Sa prise de position en 1997 contre le renvoi à la Cour suprême, piloté par Jean Chrétien, avait sonné le glas pour son rêve de devenir premier ministre du Canada. Le chef du Parti conservateur à l'époque espérait bien faire le plein de votes francophones au Québec par son geste. Mal lui en prit: il s'est plutôt aliéné l'électorat de l'ouest du Canada. Ce manque de patriotisme à l'endroit du Canada a alors été condamné de façon virulente par certains journaux albertains. D'ailleurs, n'y a-t-il pas, depuis, un nouveau parti politique qui représente l'ouest du Canada? On se souviendra de la suite: c'est avec une déception mal dissimulée que Jean Charest a abandonné sa résidence en construction de l'Outaouais pour venir remplacer un Daniel Johnson contesté par ses troupes libérales au Québec. La défaite électorale qu'il a par la suite subie en 1998 a été amère: l'absence d'appui significatif des électeurs francophones l'a privé du pouvoir. C'est sensiblement avec le même pourcentage des voix que Jean Charest se présentera au gouvernement fédéral pour réclamer le manque à gagner qu'Yves Séguin a évalué à deux milliards de dollars par année. Déjà, l'Ontario a décliné l'invitation du premier ministre du Québec de former un bureau traitant du déséquilibre fiscal. On voit mal comment Jean Charest pourra convaincre Ottawa si les autres provinces le boudent. Peut être celles-ci ont-elles déjà abdiqué face à Jean Chrétien, Stéphane Dion et Paul Martin, qui nient l'existence d'un déséquilibre fiscal. Ces derniers inviteront sûrement Jean Charest à renoncer aux baisses d'impôts promises aux Québécois s'il manque d'argent. La pression sera énorme: c'est que l'homme de Westmount ne dispose pas d'un mandat populaire solide. Sa victoire électorale, il la doit à l'Action démocratique du Québec, qui a usurpé le vote des nationalistes mous au Parti québécois. Ceci laisse donc intacte l'idée de la souveraineté pour 45 % des Québécois. Un éventuel échec des pourparlers avec le fédéral et ses effets néfastes sur le sous-financement du réseau de la santé au Québec ne passeront pas inaperçus. Jean Charest sait très bien que la souveraineté constituera alors, pour une majorité de Québécois, l'unique façon de se débarrasser du carcan fiscal fédéral. Jamais le Parti québécois, dans un troisième mandat, essoufflé, n'aurait eu la crédibilité nécessaire pour favoriser pareil consensus...
 
 
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