Une occasion unique pour les transports collectifs
Florence Junca Adenot - Directrice du forum Urba 2015 du département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM et p.-d.g. de l'Agence métropolitaine de transport de 1996 à 2003
16 septembre 2009
Les médias mentionnaient récemment l'intention de la Société des ponts fédéraux de confier un mandat d'étude en vue de rénover le pont Champlain en y ajoutant deux voies ou d'en construire un neuf à sa place. Ce projet représente une occasion unique pour consolider l'usage des transports collectifs dans cet axe important qui relie la rive sud-ouest et le centre de Montréal.
La voie réservée pour autobus, dans l'axe de l'autoroute 10, à contresens sur le pont, a été ouverte comme mesure temporaire en 1978. Elle offre un choix intéressant qui explique son succès puisque 66 % des déplacements, le matin, se font en autobus, soit plus de 18 000 personnes, l'équivalent d'un métro ou d'un pont.
La réfection du pont Champlain devrait, à mon avis, réserver ses voies centrales au transport collectif en y priorisant le passage d'un train léger sur rails (SLR), sur 12,9 km depuis le stationnement Chevrier, à Brossard.
Cette solution, à un coût bien moindre que le SLR sur l'Estacade, dont le coût estimé à quelque 1,5 milliard de dollars freine les décideurs, présente, en plus, de multiples avantages. La voie réservée commence à être saturée avec le passage des quelque 400 autobus chaque matin.
Leur arrivée au terminus du centre-ville génère une congestion importante autour de Bonaventure qui est difficile à résoudre. Il s'agit d'un véritable casse-tête pour la Ville de Montréal en quête de solutions dans sa planification du Havre Bonaventure, autant à court terme, pour réduire la congestion, qu'à moyen terme. Faut-il faire passer — et comment? — les 400 autobus au travers du projet de Griffintown ou le long de la nouvelle entrée majestueuse de Montréal, à la sortie de Bonaventure?
Pour les sociétés de transport, les solutions sont aussi difficiles. Être réduit à envisager d'ouvrir un deuxième terminus d'autobus, plus à l'ouest, en raison de la saturation de l'actuel terminus du centre-ville serait une très mauvaise nouvelle pour les usagers de ces services.
Le SLR entrant vers la gare Centrale réglerait les problèmes de la Ville de Montréal, de l'AMT et des sociétés de transport et encouragerait fortement les automobilistes à laisser leur voiture sur la Rive-Sud. Déjà, certains travaux ont été exécutés. Les travaux réalisés sur l'autoroute 10 depuis 10 ans ont tous incorporé la présence éventuelle d'un SLR. Ils n'auraient pas besoin d'être refaits.
Enfin, la solution intelligente trouvée lors de l'établissement de la voie réservée s'avère lourde. Chaque matin et chaque soir, 470 cônes de 5 kilos doivent être installés et enlevés pour garantir une voie réservée à contresens sécuritaire. Un SLR les rendrait inutiles.
Introduire un SLR sur le pont Champlain, dans l'étude qui débute, me semble être la seule solution qui permette d'accroître encore l'usage à un coût raisonnable des transports collectifs dans cet axe, de diminuer le nombre de voitures se dirigeant vers Montréal, de lutter contre l'émission de gaz à effet de serre, d'améliorer la qualité de vie des citadins du centre de l'agglomération et les services aux résidants de la Rive-Sud.
Il s'agit de conditions incontournables pour une métropole du XXIe siècle.
La voie réservée pour autobus, dans l'axe de l'autoroute 10, à contresens sur le pont, a été ouverte comme mesure temporaire en 1978. Elle offre un choix intéressant qui explique son succès puisque 66 % des déplacements, le matin, se font en autobus, soit plus de 18 000 personnes, l'équivalent d'un métro ou d'un pont.
La réfection du pont Champlain devrait, à mon avis, réserver ses voies centrales au transport collectif en y priorisant le passage d'un train léger sur rails (SLR), sur 12,9 km depuis le stationnement Chevrier, à Brossard.
Cette solution, à un coût bien moindre que le SLR sur l'Estacade, dont le coût estimé à quelque 1,5 milliard de dollars freine les décideurs, présente, en plus, de multiples avantages. La voie réservée commence à être saturée avec le passage des quelque 400 autobus chaque matin.
Leur arrivée au terminus du centre-ville génère une congestion importante autour de Bonaventure qui est difficile à résoudre. Il s'agit d'un véritable casse-tête pour la Ville de Montréal en quête de solutions dans sa planification du Havre Bonaventure, autant à court terme, pour réduire la congestion, qu'à moyen terme. Faut-il faire passer — et comment? — les 400 autobus au travers du projet de Griffintown ou le long de la nouvelle entrée majestueuse de Montréal, à la sortie de Bonaventure?
Pour les sociétés de transport, les solutions sont aussi difficiles. Être réduit à envisager d'ouvrir un deuxième terminus d'autobus, plus à l'ouest, en raison de la saturation de l'actuel terminus du centre-ville serait une très mauvaise nouvelle pour les usagers de ces services.
Le SLR entrant vers la gare Centrale réglerait les problèmes de la Ville de Montréal, de l'AMT et des sociétés de transport et encouragerait fortement les automobilistes à laisser leur voiture sur la Rive-Sud. Déjà, certains travaux ont été exécutés. Les travaux réalisés sur l'autoroute 10 depuis 10 ans ont tous incorporé la présence éventuelle d'un SLR. Ils n'auraient pas besoin d'être refaits.
Enfin, la solution intelligente trouvée lors de l'établissement de la voie réservée s'avère lourde. Chaque matin et chaque soir, 470 cônes de 5 kilos doivent être installés et enlevés pour garantir une voie réservée à contresens sécuritaire. Un SLR les rendrait inutiles.
Introduire un SLR sur le pont Champlain, dans l'étude qui débute, me semble être la seule solution qui permette d'accroître encore l'usage à un coût raisonnable des transports collectifs dans cet axe, de diminuer le nombre de voitures se dirigeant vers Montréal, de lutter contre l'émission de gaz à effet de serre, d'améliorer la qualité de vie des citadins du centre de l'agglomération et les services aux résidants de la Rive-Sud.
Il s'agit de conditions incontournables pour une métropole du XXIe siècle.
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