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L'enseignement privé n'a pas à être démocratisé

3 septembre 2009 
Le 31 août dernier, Le Devoir publiait dans sa section Idées un texte d'opinion du professeur à la retraite Jean-Pierre Proulx intitulé «Démocratiser l'enseignement privé». L'auteur y affirmait qu'on devrait exiger des écoles privées subventionnées qu'elles accueillent des enfants en difficulté ou issus de familles défavorisées, à défaut de quoi on devrait leur retirer leurs subventions.

Avant toute chose, je tiens à souligner que je n'ai fréquenté que l'école publique au cours de ma jeune vie et que j'en ai gardé un excellent souvenir. Toutefois, je tiens à remettre en question les propositions émise par M. Proulx puisqu'elles ne feront que nuire au réseau privé sans pour autant aider de façon notable le réseau public.

En somme, ce professeur retraité de l'Université de Montréal trouve injuste le fait que seuls les gens normaux puissent accéder à l'école privée, alors que l'école publique doit conserver tous les cas problèmes. N'est-ce pas justement parce que l'école privée est... privée? Un établissement public doit suivre des normes venant d'en haut et visant à défendre le bien commun. Une institution privée à l'inverse doit répondre de ses propres directives, qui sont rédigées dans l'intérêt de ses membres. Demander aux institutions scolaires privées de fonctionner comme les établissements publics, cela revient à tuer dans les faits les institutions privées et par le fait même la liberté de choix des parents.

L'une des raisons pour lesquelles les parents envoient leurs enfants à l'école privée est justement qu'ils souhaitent leur éviter d'être exposés à des enfants que l'on croit à tort ou à raison plus turbulents, comme les enfants ayant des troubles de l'apprentissage ou de comportement, ou qui sont issus de milieux défavorisés. Ce phénomène de ségrégation choisie — et non subie — est encore plus marqué sur l'île de Montréal, qui compte de nombreux quartiers ethnoculturels.

Les parents craignent trois choses:

- que les enfants que l'on juge indésirables monopolisent l'attention des enseignants, diminuant par le fait même la qualité de l'instruction et de l'encadrement fournis au reste de la classe;

- que ces mêmes enfants dérangent directement les autres, nuisant à leur écoute et donc à leur apprentissage;

- qu'ils en viennent à influencer négativement les autres enfants, au point où ces derniers refuseront aussi d'apprendre normalement.

À Montréal, les parents «de souche» craignent aussi l'environnement devenu trop pluriethnique et multiculturel des écoles publiques et envoient donc leurs enfants dans les écoles privées, jugées plus homogènes.

Que ces raisons soient fondées ou non importe peu; elles existent dans l'esprit des gens lorsque vient le temps de choisir une école pour leurs enfants. La réalité, c'est que bien des parents ont perdu confiance dans l'école publique, qui est en mutation constante — et c'est sans parler de la réforme...

Si on appliquait les propositions de

M. Proulx, les parents perdraient une grande liberté de choix pour leurs enfants. Il ne resterait plus alors que l'école privée non subventionnée, qui n'est réservée qu'à une minorité bien fortunée. Les classes moyennes n'auraient plus alors qu'à protester en silence.






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