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Amherst et le courage collectif

27 août 2009 
Le débat actuel sur le changement de nom de la rue Amherst, à Montréal, met bien en lumières notre volonté de réinterpréter l'Histoire. Ailleurs, les noms de rues et de places font l'objet d'une évaluation constante. La rue Richepanse, à Paris dans le quartier de l'opéra Garnier, a été débaptisée sous l'administration Delanoë quand il s'est avéré que le sieur de Richepanse avait été un ardent esclavagiste. La rue s'appelle rue du Chevalier St-Georges, depuis 2001.

Amherst a été responsable de l'assaut contre les troupes de Pontiac, chef indien resté fidèle à la France après le traité de Paris de 1763. Il contrôlait la région des Grands Lacs et semblait indélogeable. Amherst a eu l'idée de «l'empoisonnement collectif» avec des couvertures contaminées à la vérole. Un précurseur des gaz toxiques que Saddam Hussein a utilisés contre les Kurdes. Inutile de dire qu'au Kurdistan, aucune rue ne s'appelle Saddam Hussein. Pas plus qu'à Paris il n'y a de rue Brasillach ou Pétain. Même la communauté anglophone montréalaise devrait avoir honte de cet ancêtre immonde, comme les Allemands ont honte des officiels du IIIe Reich. On ne trouvera pas de rue Goering à Berlin. Bien sûr, les proportions ne sont pas les mêmes, mais à partir de combien de victimes un crime est-il un crime collectif?

Oui, il y a du ménage à faire avec nos noms de rue pour se respecter en tant qu'être humain, et ne pas honorer des criminels de guerre, peu importe de quelle époque ils viennent.






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