Breton dégonflera le mythe du déficit zéro
L'examen de l'état des finances publiques dégonflera le mythe du déficit zéro entretenu par le gouvernement du Parti québécois. Le rapport que doit remettre en début de semaine l'ancien vérificateur général Guy Breton pourrait révéler que l'équilibre budgétaire des cinq dernières années était artificiel.
Le problème ne se limiterait pas au budget présenté à la veille du déclenchement des élections, soit le 11 mars dernier, par la ministre des Finances, Pauline Marois. Les acrobaties comptables concerneraient également les exercices financiers depuis 1998-99, année de l'atteinte du déficit zéro. Argument massue de Bernard Landry au cours de la campagne électorale pour étayer la crédibilité des neuf années de son gouvernement en matière de gestion, le déficit zéro en prendrait ainsi pour son rhume.
«Le déficit zéro, c'était une belle formule, mais c'était artificiel. Le gouvernement a fait du maquillage», a affirmé hier au Devoir une source libérale réclamant l'anonymat. Mardi dernier, le premier ministre élu Jean Charest a confié à M. Breton le mandat de passer les livres de l'État au peigne fin. Dès la semaine dernière, les rapports des divers ministères que les hauts fonctionnaires avaient préparés démontraient un manque à gagner de quelque deux milliards de dollars. Après un examen préliminaire, on parle davantage, dans les milieux libéraux, d'un problème avoisinant les quatre milliards de dollars.
Déjà, en 1997, Guy Breton, alors vérificateur général en titre, dénonçait le système comptable du gouvernement du Québec. On avait exclu la création de 15 fonds spéciaux qui masquaient le déficit des opérations budgétaires. On relevait également le problème des déficits actuariels alors que les obligations du gouvernement n'étaient pas toutes comptabilisées. L'année suivante, Bernard Landry, alors ministre des Finances, entreprenait une réforme des normes comptables du gouvernement.
Mais en 2000, M. Breton revenait à la charge, accusant M. Landry d'avoir dissimulé des surplus de 541 millions, un des manquements aux règles comptables soulevés. Quelques mois plus tard, le vérificateur tombait une fois de plus à bras raccourcis sur les pratiques de M. Landry, affirmant que celles-ci manquaient de transparence. Ce dernier avait en effet retranché 730 millions des surplus afin de les verser à huit organismes sans but lucratif. Du coup, ces sommes importantes étaient soustraites à l'examen de l'Assemblée nationale.
Hier, La Presse révélait que la liste des horreurs budgétaires que découvrent les membres du comité de transition chargé de préparer l'entrée en fonction du gouvernement Charest s'allongeait encore. Les déficits accumulés des hôpitaux seraient passés de 690 millions à 790 millions. Depuis trois ans, les hôpitaux sont assujettis à une loi antidéficit.
Par ailleurs, Mme Marois a reconnu cette semaine qu'elle savait que le budget qu'elle avait présenté en mars dernier affichait un trou de un milliard lié à une diminution prévisible des transferts du gouvernement fédéral. Le budget Marois prévoyait l'obtention de 788 millions de plus alors que les données du recensement, qui servent de base de calcul aux transferts du gouvernement du Canada aux provinces, montraient une diminution des transferts de 294 millions pour 2003-04, soit un écart de plus de un milliard.
L'exercice auquel se livrent les libéraux relèverait, selon les péquistes, d'un réflexe purement partisan de la part d'un nouveau gouvernement. La maison est en ordre et les firmes internationales de cotation ont salué les efforts du gouvernement du Parti québécois au fil des ans.
L'état réel de la situation sera connu en début de semaine et Jean Charest entend bien rendre public le rapport Breton pour bien souligner «sa volonté de transparence».
Le problème ne se limiterait pas au budget présenté à la veille du déclenchement des élections, soit le 11 mars dernier, par la ministre des Finances, Pauline Marois. Les acrobaties comptables concerneraient également les exercices financiers depuis 1998-99, année de l'atteinte du déficit zéro. Argument massue de Bernard Landry au cours de la campagne électorale pour étayer la crédibilité des neuf années de son gouvernement en matière de gestion, le déficit zéro en prendrait ainsi pour son rhume.
«Le déficit zéro, c'était une belle formule, mais c'était artificiel. Le gouvernement a fait du maquillage», a affirmé hier au Devoir une source libérale réclamant l'anonymat. Mardi dernier, le premier ministre élu Jean Charest a confié à M. Breton le mandat de passer les livres de l'État au peigne fin. Dès la semaine dernière, les rapports des divers ministères que les hauts fonctionnaires avaient préparés démontraient un manque à gagner de quelque deux milliards de dollars. Après un examen préliminaire, on parle davantage, dans les milieux libéraux, d'un problème avoisinant les quatre milliards de dollars.
Déjà, en 1997, Guy Breton, alors vérificateur général en titre, dénonçait le système comptable du gouvernement du Québec. On avait exclu la création de 15 fonds spéciaux qui masquaient le déficit des opérations budgétaires. On relevait également le problème des déficits actuariels alors que les obligations du gouvernement n'étaient pas toutes comptabilisées. L'année suivante, Bernard Landry, alors ministre des Finances, entreprenait une réforme des normes comptables du gouvernement.
Mais en 2000, M. Breton revenait à la charge, accusant M. Landry d'avoir dissimulé des surplus de 541 millions, un des manquements aux règles comptables soulevés. Quelques mois plus tard, le vérificateur tombait une fois de plus à bras raccourcis sur les pratiques de M. Landry, affirmant que celles-ci manquaient de transparence. Ce dernier avait en effet retranché 730 millions des surplus afin de les verser à huit organismes sans but lucratif. Du coup, ces sommes importantes étaient soustraites à l'examen de l'Assemblée nationale.
Hier, La Presse révélait que la liste des horreurs budgétaires que découvrent les membres du comité de transition chargé de préparer l'entrée en fonction du gouvernement Charest s'allongeait encore. Les déficits accumulés des hôpitaux seraient passés de 690 millions à 790 millions. Depuis trois ans, les hôpitaux sont assujettis à une loi antidéficit.
Par ailleurs, Mme Marois a reconnu cette semaine qu'elle savait que le budget qu'elle avait présenté en mars dernier affichait un trou de un milliard lié à une diminution prévisible des transferts du gouvernement fédéral. Le budget Marois prévoyait l'obtention de 788 millions de plus alors que les données du recensement, qui servent de base de calcul aux transferts du gouvernement du Canada aux provinces, montraient une diminution des transferts de 294 millions pour 2003-04, soit un écart de plus de un milliard.
L'exercice auquel se livrent les libéraux relèverait, selon les péquistes, d'un réflexe purement partisan de la part d'un nouveau gouvernement. La maison est en ordre et les firmes internationales de cotation ont salué les efforts du gouvernement du Parti québécois au fil des ans.
L'état réel de la situation sera connu en début de semaine et Jean Charest entend bien rendre public le rapport Breton pour bien souligner «sa volonté de transparence».
Haut de la page

