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Plus qu'un faux pas, un geste répréhensible

Pierre St-Germain - Président de la Fédération autonome de l'enseignement  20 août 2009 
La décision d'Hydro-Québec d'octroyer 250 000 $ sur cinq ans au collège Notre-Dame, un établissement d'enseignement secondaire privé de Montréal, a fait l'unanimité contre elle. En dénonçant avec vigueur ce geste, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a réaffirmé l'importance de ne pas détourner des fonds publics au profit d'entreprises privées.

On a appris ensuite que le collège Jean-de-Brébeuf, un établissement secondaire et collégial privé de Montréal, a décidé lui aussi de renoncer à une contribution de 200 000 $ d'Hydro-Québec. Car, faut-il le dire de nouveau, le collège Notre-Dame et le collège Jean-de-Brébeuf sont des entreprises privées, des PME du secteur de l'éducation, comme le sont tous les collèges privés. Ceux-ci profitent déjà largement des subventions de l'État — et donc de l'argent de tous les contribuables — même si leur fréquentation demeure réservée à un nombre restreint d'élèves.

Certains commentaires tendent à banaliser le geste fait par le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, en évoquant un faux pas qui n'a rien de répréhensible et en soulignant le rôle prétendument essentiel joué par les écoles privées. Nous savons tous que la qualité qu'on leur attribue généralement repose davantage sur les critères de sélection et d'encadrement familial de leurs élèves.

L'école publique n'a rien à envier quant à la qualité de son corps professoral, et sa mission demeure universelle et accessible à tous. C'est là qu'une société juste et préoccupée par la réussite scolaire de tous doit placer sa priorité en matière d'éducation. Serions-nous aussi tolérants si le président d'Hydro-Québec avait accordé une subvention à une entreprise privée faisant concurrence à une société d'État?

Au contraire, à titre de président d'Hydro-Québec, M. Vandal se doit d'être le gardien de l'intérêt public. Il est étonnant que le conseil d'administration d'Hydro-Québec ait contribué à une telle décision, et plus outrageant encore, qu'il ne réalise toujours pas l'ampleur des gestes posés. Cette attitude devrait inquiéter au plus haut point la ministre Nathalie Normandeau. Faut-il rappeler qu'Hydro-Québec, un des joyaux de nos institutions publiques, est née de l'étatisation de nombreuses sociétés d'électricité privées afin d'assurer l'équité des tarifs d'électricité et le respect du principe de la redistribution de la richesse collective?

Il revient au gouvernement du Québec d'assurer l'équité dans la redistribution de l'argent des Québécoises et Québécois. Il appartient au ministère de l'Éducation d'assurer le financement de l'éducation publique. L'argent des contribuables ne doit aucunement être détourné au profit des établissements privés.

La décision du collège Notre-Dame et du collège Jean-de-Brébeuf de renoncer à ces sommes démontre la pertinence d'avoir dénoncé cette situation qui ne respecte pas les règles de préservation de l'intérêt public dans l'utilisation de fonds publics.

La FAE exhorte le gouvernement à adopter des règles de transparence afin que les politiques de dons des sociétés d'État soient publiques et qu'elles répondent au principe de la préservation du bien commun. C'est une question d'éthique et d'éducation collective!
 
 
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