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Le virus politique

Paule Des Rivières   25 avril 2003 
Bien qu'aucun cas de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) n'ait (encore?) été signalé ici, des interrogations légitimes habitent les Québécois. Ceux-ci veulent savoir si leurs représentants ont pris les mesures nécessaires advenant le cas où la province, et plus vraisemblablement Montréal, serait touchée à son tour. Soyons clairs. La panique n'est jamais bonne conseillère et il serait carrément irresponsable d'alimenter la peur en exagérant les risques de contagion.

Mais cela dit, compte tenu du fait que les échanges avec Toronto sont constants, il est primordial que des mesures soient mises en place maintenant, de manière à pouvoir réagir rapidement si des cas de pneumonie atypique devaient être diagnostiqués.

Par ailleurs, il est important que les représentants élus rassurent eux-mêmes la population. Il n'est pas souhaitable que seules les autorités médicales soient envoyées au front, comme cela a été le cas à Toronto, où le maire Mel Lastman et le premier ministre Ernie Eves ont fait montre depuis deux semaines d'une inexplicable discrétion. Il aura fallu l'avis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour faire sortir les élus de leur réserve. Et ce fut pour dénoncer d'une seule voix la décision de l'organisation internationale de déconseiller aux gens de se rendre à Toronto. Même indignation à Ottawa, sauf pour David Dodge, le gouverneur de la Banque du Canada, qui fut tout de même sous-ministre à la Santé. En fait, terrifiés devant l'ampleur des dégâts commerciaux qu'annonce cette mise au ban, le gouvernement ontarien mais aussi le gouvernement fédéral n'ont rien trouvé de mieux à faire que de dénigrer l'OMS. Quant au gouvernement fédéral, il est lui aussi étrangement silencieux dans cette crise. Le premier ministre Jean Chrétien est à l'extérieur du pays.

Ici, sans jouer les prophètes de malheur, on ne saurait assez insister sur la nécessité d'être prêt si jamais le virus de cette pneumonie atypique venait à s'infiltrer. En fait, chaque jour qui passe non seulement permet une meilleure connaissance du comportement de ce virus mutant mais laisse également plus de temps pour se préparer adéquatement. Il est fondamental que toute personne ayant des doutes sur son état de santé puisse voir un médecin rapidement, sans attendre deux heures en salle d'urgence! Il y a là un travail d'information à faire, dès maintenant. Le personnel des établissements de santé, par définition sur la ligne de front, a tout particulièrement besoin de savoir que le gouvernement a pris ses précautions. Une population avertie en vaut deux.
 
 
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