Une commémoration à la hauteur des espérances des jeunes de Montréal-Nord
Frantz Benjamin - L'auteur est commissaire scolaire et ancien président du Conseil interculturel de Montréal
8 août 2009
l fallait un peu s'y attendre. La date du 9 août, en ramenant à l'avant-plan la mort de Fredy Villanueva, survenue dans l'arrondissement de Montréal-Nord à la suite d'une intervention policière, charrie avec elle la suspicion, la douleur et la frustration, mais surtout l'espoir. Avant d'en arriver à l'espoir, mes premières pensées vont à la mère, à la famille et aux amis du jeune Fredy Villanueva. Un an plus tard, quelles leçons avons-nous tirées collectivement de ce drame?
L'enquête à venir du coroner Robert Sansfaçon éclairera bien des choses. Nous espérons que cette enquête abordera tous les aspects, y compris celui du profilage racial. Trop de voix se sont élevées sur cette question pour la balayer aujourd'hui du revers de la main.
Devant les commémorations, les revendications et les récriminations, soyons vigilants. Vigilants devant toute forme de récupération de la douleur, de la colère et du désespoir. Soyons aussi très vigilants devant les accusations hâtives. Le temps n'est pas au jeu du «À qui la faute?». La seule cause qui compte aujourd'hui doit être celle des jeunes Montréalais qui veulent se projeter dans l'avenir.
À titre de commissaire scolaire, je ne veux pas qu'on me reconnaisse un statut de Noir ou d'homme d'origine haïtienne; je souhaite plutôt que le fait d'être Noir et membre de la communauté montréalaise d'origine haïtienne ne soit pas un facteur d'aliénation, de discrimination et d'exclusion à mon endroit. Les jeunes de Montréal-Nord ne souhaitent pas une reconnaissance de leur appartenance ethnoculturelle, mais plutôt que la couleur de leur peau, leur accent, leurs trajectoires migratoires, leurs conditions socioéconomiques ou leurs croyances ne soient plus un facteur d'exclusion.
Avons-nous des institutions qui auront le courage de se dire que, peut-être, nous n'avons pas été tout à fait à l'écoute des besoins des jeunes de nos milieux? Des institutions qui travaillent véritablement à faire tomber les barrières auxquelles les jeunes de Montréal-Nord et de Rivière-des-Praries se heurtent? Avons-nous des organismes qui continueront d'être de vrais acteurs de changement par leurs pratiques et leurs interventions? Avons-nous des pères qui, malgré toutes sortes de contraintes, répondront présents aux côtés des mères courage de nos communautés? Avons-nous des jeunes à Montréal-Nord, à Saint-Michel et dans l'ensemble du territoire montréalais qui, par-delà les obstacles et parfois
les échecs, continueront d'avoir l'audace d'espérer?
L'urgence aujourd'hui est de sortir de la dialectique police-jeunes, ou de celle institutions-milieu, pour parler de préférence de communauté. Donnons-nous le goût de bouger, de travailler ensemble.
Aurons-nous le courage de commémorer cette fin de semaine la mort de Fredy Villanueva en nous engageant, tant individuellement que collectivement, à prendre nos responsabilités dans l'avenir? Ayons une commémoration à la hauteur des espérances des jeunes de Montréal-Nord et de l'ensemble du territoire montréalais.
L'enquête à venir du coroner Robert Sansfaçon éclairera bien des choses. Nous espérons que cette enquête abordera tous les aspects, y compris celui du profilage racial. Trop de voix se sont élevées sur cette question pour la balayer aujourd'hui du revers de la main.
Devant les commémorations, les revendications et les récriminations, soyons vigilants. Vigilants devant toute forme de récupération de la douleur, de la colère et du désespoir. Soyons aussi très vigilants devant les accusations hâtives. Le temps n'est pas au jeu du «À qui la faute?». La seule cause qui compte aujourd'hui doit être celle des jeunes Montréalais qui veulent se projeter dans l'avenir.
À titre de commissaire scolaire, je ne veux pas qu'on me reconnaisse un statut de Noir ou d'homme d'origine haïtienne; je souhaite plutôt que le fait d'être Noir et membre de la communauté montréalaise d'origine haïtienne ne soit pas un facteur d'aliénation, de discrimination et d'exclusion à mon endroit. Les jeunes de Montréal-Nord ne souhaitent pas une reconnaissance de leur appartenance ethnoculturelle, mais plutôt que la couleur de leur peau, leur accent, leurs trajectoires migratoires, leurs conditions socioéconomiques ou leurs croyances ne soient plus un facteur d'exclusion.
Avons-nous des institutions qui auront le courage de se dire que, peut-être, nous n'avons pas été tout à fait à l'écoute des besoins des jeunes de nos milieux? Des institutions qui travaillent véritablement à faire tomber les barrières auxquelles les jeunes de Montréal-Nord et de Rivière-des-Praries se heurtent? Avons-nous des organismes qui continueront d'être de vrais acteurs de changement par leurs pratiques et leurs interventions? Avons-nous des pères qui, malgré toutes sortes de contraintes, répondront présents aux côtés des mères courage de nos communautés? Avons-nous des jeunes à Montréal-Nord, à Saint-Michel et dans l'ensemble du territoire montréalais qui, par-delà les obstacles et parfois
les échecs, continueront d'avoir l'audace d'espérer?
L'urgence aujourd'hui est de sortir de la dialectique police-jeunes, ou de celle institutions-milieu, pour parler de préférence de communauté. Donnons-nous le goût de bouger, de travailler ensemble.
Aurons-nous le courage de commémorer cette fin de semaine la mort de Fredy Villanueva en nous engageant, tant individuellement que collectivement, à prendre nos responsabilités dans l'avenir? Ayons une commémoration à la hauteur des espérances des jeunes de Montréal-Nord et de l'ensemble du territoire montréalais.
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