Morale pour pauvres
François Filiatrault - Montréal, le 29 juillet 2009
1 août 2009
Un article de Stéphane Baillargeon paru dans Le Devoir de samedi dernier relate comment la jeune «concierge» d'un grand hôtel de Montréal déploie des trésors de débrouillardise (sans doute récompensés par de généreux pourboires) pour satisfaire dans un court laps de temps les demandes, parfois incongrues, parfois délirantes, des clients fortunés de son établissement.
Ce texte, au ton léger qui convient pour la saison estivale, m'a inspiré la réflexion suivante.
On nous a appris, en grandissant, que la maturité consistait à accepter de ne pas voir tous ses désirs comblés, dans l'immédiat ou à long terme, à ne pas céder à toutes ses envies à tout prix, à savoir distinguer ce qui est vraiment nécessaire de ce qui est superflu, à assumer ce qui est inaccessible, quelle qu'en soit la raison, et à réfléchir sur la nature même du besoin ressenti. Dans une telle perspective, et selon beaucoup de théories psychologiques, la frustration, en nous donnant la mesure de la réalité matérielle et sociale, ferait de nous des adultes, nous permettant de nous adapter tout en approfondissant notre connaissance de nous-mêmes.
Mais en lisant cet article, je me rends bien compte qu'il s'agit là non de principes universels, mais bien plutôt d'une morale pour les pauvres. Je dois avouer cependant que je m'en doutais déjà...
Ce texte, au ton léger qui convient pour la saison estivale, m'a inspiré la réflexion suivante.
On nous a appris, en grandissant, que la maturité consistait à accepter de ne pas voir tous ses désirs comblés, dans l'immédiat ou à long terme, à ne pas céder à toutes ses envies à tout prix, à savoir distinguer ce qui est vraiment nécessaire de ce qui est superflu, à assumer ce qui est inaccessible, quelle qu'en soit la raison, et à réfléchir sur la nature même du besoin ressenti. Dans une telle perspective, et selon beaucoup de théories psychologiques, la frustration, en nous donnant la mesure de la réalité matérielle et sociale, ferait de nous des adultes, nous permettant de nous adapter tout en approfondissant notre connaissance de nous-mêmes.
Mais en lisant cet article, je me rends bien compte qu'il s'agit là non de principes universels, mais bien plutôt d'une morale pour les pauvres. Je dois avouer cependant que je m'en doutais déjà...
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