Expropriation à Val-David - Séraphin à Guindonville
Richard Desjardins - Poète
24 avril 2003
Au temps où j'étais moins connu du grand public, je gagnais ma vie à chanter dans de petites salles, elles aussi moins connues. À Val-David, il y en avait une, Chez Coco. S'y rassemblait un auditoire joyeux, en bonne partie composé d'artisans indépendants et d'artistes. À l'époque, et encore pour certains aujourd'hui, la vie pouvait leur offrir ce territoire de toute beauté à un prix que leur modeste condition pouvait envisager. Plusieurs bons peintres en ont immortalisé les paysages. À leur manière, tous ces artisans ont fait connaître Val-David bien au-delà de ses limites.
Depuis quinze ans, et à partir de Saint-Sauveur, une vague incompressible de «développement» touristique haut de gamme monte vers le nord dans le but de privatiser la beauté et l'offrir aux internationaux qui ont de l'argent. Et plusieurs résidents qui ne peuvent — ou ne veulent — se faire engager auprès de ces nouveaux rois devront subir une dégradation de leur condition ou partir. Ou se faire jeter à la rue.
C'est ce qui se produit actuellement à Val-David. Au milieu du village, un vieux monsieur a construit, il y a 50 ans, une douzaine de petites maisons en pierre et en bois sur un grand terrain qu'il avait acheté. Il en reste sept, dont le loyer mensuel ne dépasse pas 300 $, et qui abritent des travailleurs autonomes, des étudiants, des enfants, aussi des personnes handicapées. On appelle ce lieu: Guindonville, du nom de son propriétaire.
Dans la plus pure tradition des conseils municipaux rétrogrades à la «Séraphin», celui de Val-David a réussi à faire voter, contre la volonté de sa population, l'expropriation non consentie de M. Guindon et de ses locataires pour étendre de l'asphalte à parking en vue d'accueillir les « écotouristes»!
Alors que d'autres options demeurent envisageables, l'expropriation de Guindonville a l'avantage «de se débarrasser d'un bidonville», comme il est écrit noir sur blanc dans le rapport du directeur-gérant de la ville. Tout se fera de façon légaliste et sans coeur.
Même si ce conseil est chassé aux élections du prochain automne, il importe de l'empêcher de «développer» en attaquant ses pauvres. La destruction de Guindonville est prévue pour le 1er juillet.
Depuis quinze ans, et à partir de Saint-Sauveur, une vague incompressible de «développement» touristique haut de gamme monte vers le nord dans le but de privatiser la beauté et l'offrir aux internationaux qui ont de l'argent. Et plusieurs résidents qui ne peuvent — ou ne veulent — se faire engager auprès de ces nouveaux rois devront subir une dégradation de leur condition ou partir. Ou se faire jeter à la rue.
C'est ce qui se produit actuellement à Val-David. Au milieu du village, un vieux monsieur a construit, il y a 50 ans, une douzaine de petites maisons en pierre et en bois sur un grand terrain qu'il avait acheté. Il en reste sept, dont le loyer mensuel ne dépasse pas 300 $, et qui abritent des travailleurs autonomes, des étudiants, des enfants, aussi des personnes handicapées. On appelle ce lieu: Guindonville, du nom de son propriétaire.
Dans la plus pure tradition des conseils municipaux rétrogrades à la «Séraphin», celui de Val-David a réussi à faire voter, contre la volonté de sa population, l'expropriation non consentie de M. Guindon et de ses locataires pour étendre de l'asphalte à parking en vue d'accueillir les « écotouristes»!
Alors que d'autres options demeurent envisageables, l'expropriation de Guindonville a l'avantage «de se débarrasser d'un bidonville», comme il est écrit noir sur blanc dans le rapport du directeur-gérant de la ville. Tout se fera de façon légaliste et sans coeur.
Même si ce conseil est chassé aux élections du prochain automne, il importe de l'empêcher de «développer» en attaquant ses pauvres. La destruction de Guindonville est prévue pour le 1er juillet.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

