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Lettres: Maître chez soi

Jean-Pierre Paquette - Le 15 avril 2003  23 avril 2003 
Je me dois d'exprimer ainsi mon état d'âme ce matin. Le sort en est jeté! Nous devrons vivre avec un gouvernement libéral. Nous aurons quand même une bonne opposition! Une chance pour la démocratie, pour nos droits, pour la conservation et l'épanouissement de notre culture, pour la fierté de notre langue, pour nos progrès internationaux en matière de commerce, de culture et d'économie. Il est malheureux que l'ADQ n'ait presque pris que des votes du PQ: ce n'est sûrement pas ce que pensait Mario Dumont dans sa stratégie!

Seulement 70,25 % des Québécois ont voté! C'est un danger énorme pour notre démocratie et pour la conception d'un Québec uni. Charest a été élu par seulement 32 % des Québécois. Il ne faut pas être un grand savant pour constater qu'une grande majorité de Québécois ne seront pas représentés. Charest l'a dit lui-même: il a son programme depuis septembre dernier et ce programme fait l'affaire de seulement 32 % des Québécois. Certaines personnes âgées, les anglos moins le fun, des citoyens de certaines villes qui ne désirent pas le partage, ceux qui n'avaient pas eu leur part du gâteau, les téteux de contrats, les propriétaires de certains médias, les groupes de pression souvent attachés au domaine de la santé comme les compagnies pharmaceutiques, les peureux, et vous en connaissez sûrement, font partie des 32 % de Québécois qui ont voté libéral.

Les 30 % qui n'ont pas voté sont malheureusement des imbéciles qui verront la démocratie s'effriter, comme aux États-Unis, ou simplement disparaître, comme c'est le cas de plusieurs pays dans le monde. Le vote, en démocratie, c'est le droit à l'expression, c'est l'accès à la liberté.

Pour les 55 % dont le choix n'est pas allé aux libéraux, avec une cinquantaine de députés dans l'opposition, il faudra être vigilant. Toutefois, ça me réconforte un petit peu. Charest ne pourra pas essayer de nous endormir et de nous faire croire, entre autres, que le système de santé est si malade qu'il le prétend. Il faut d'abord parler de prévention.

J'ose maintenant espérer une réflexion profonde non égocentrique, réflexion par toutes les classes de notre société, à tous les niveaux hiérarchiques, par tous ses citoyens, de toute provenance, de toute profession, de toute allégeance politique.

Que cette recherche mise sur l'excellence, l'intégrité et la richesse d'un projet permettant à tous les Québécois d'accéder à la fierté, avec le courage, les avantages, la dignité d'être maître chez soi et responsable de son avenir.

Québécois et Canadiens d'expression française hors Québec, nous avons du pain sur la planche. Il faut se tenir debout, arrêter de penser seulement aux quatre prochaines années.

L'avenir, c'est comme l'éternité: il faut bien s'y préparer.
 
 
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