Un coup de vieux
Quel bilan faire du réseau de la santé et des services sociaux, cinq ans après les fusions forcées entrées en vigueur en juillet 2004? Le réseau a pris un «coup de vieux», il a mal vieilli. Il a perdu de la souplesse, il est devenu rigide, les décisions sont centralisées, le processus décisionnel s'est empêtré.
Sa capacité d'adaptation s'est réduite; au nom de l'uniformisation, la couleur locale a pris les dimensions d'une peau de chagrin. Les conditions de travail d'un corps d'emploi à l'autre, d'un département à l'autre, d'un bâtiment à l'autre, doivent être identiques, même si cela confine à l'absurde. L'autoritarisme règne. La consultation du personnel est devenue illusoire: les cadres le font, puisque cela est exigé par la «nouvelle gestion publique», mais ils sont conscients que c'est pour les apparences puisque les décisions sont déjà prises au départ. La vérité vient d'en haut. Elle se déverse en cascades, depuis le ministère vers les Agences et la Santé publique, vers les établissements, vers le personnel. Rien ne remonte, les saumons sont disparus de la carte.
Le réseau a pris du tour de taille, il s'est épaissi. Bien sûr, les vieux comme moi font de l'exercice pour rester en forme, mais dans le cas du réseau, les résultats ne sont pas là. Le poids demeure, il croît. Le réseau devient ventru, ventripotent. Il prend les défauts, mais pas les nombreuses qualités des personnes âgées.
Le réseau est (hélas!) à l'image du Québec. La jeunesse y trouve difficilement sa place. Elle a envie de décrocher. La créativité est tellement encadrée qu'elle ne s'y épanouit plus. Les rêves ne sont plus permis. Le travail de fond est marginalisé, les changements réels des conditions de vie ne sont plus la priorité, la prévention est réduite à un ersatz insipide, à un bouillon fade, sans saveur, comme la nourriture des centres d'hébergement. On est loin de Mai 68, on est loin de la jeunesse rebelle.
Le réseau de la santé et des services sociaux ressemble à un CHSLD au personnel insuffisant dont les usagers ne savent plus qui est mandaté pour s'occuper d'eux. Paradoxalement, la soi-disant «modernisation» du réseau a conduit à son vieillissement.
Sa capacité d'adaptation s'est réduite; au nom de l'uniformisation, la couleur locale a pris les dimensions d'une peau de chagrin. Les conditions de travail d'un corps d'emploi à l'autre, d'un département à l'autre, d'un bâtiment à l'autre, doivent être identiques, même si cela confine à l'absurde. L'autoritarisme règne. La consultation du personnel est devenue illusoire: les cadres le font, puisque cela est exigé par la «nouvelle gestion publique», mais ils sont conscients que c'est pour les apparences puisque les décisions sont déjà prises au départ. La vérité vient d'en haut. Elle se déverse en cascades, depuis le ministère vers les Agences et la Santé publique, vers les établissements, vers le personnel. Rien ne remonte, les saumons sont disparus de la carte.
Le réseau a pris du tour de taille, il s'est épaissi. Bien sûr, les vieux comme moi font de l'exercice pour rester en forme, mais dans le cas du réseau, les résultats ne sont pas là. Le poids demeure, il croît. Le réseau devient ventru, ventripotent. Il prend les défauts, mais pas les nombreuses qualités des personnes âgées.
Le réseau est (hélas!) à l'image du Québec. La jeunesse y trouve difficilement sa place. Elle a envie de décrocher. La créativité est tellement encadrée qu'elle ne s'y épanouit plus. Les rêves ne sont plus permis. Le travail de fond est marginalisé, les changements réels des conditions de vie ne sont plus la priorité, la prévention est réduite à un ersatz insipide, à un bouillon fade, sans saveur, comme la nourriture des centres d'hébergement. On est loin de Mai 68, on est loin de la jeunesse rebelle.
Le réseau de la santé et des services sociaux ressemble à un CHSLD au personnel insuffisant dont les usagers ne savent plus qui est mandaté pour s'occuper d'eux. Paradoxalement, la soi-disant «modernisation» du réseau a conduit à son vieillissement.
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