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Une vieille branche

Jean Riopel - Le 8 juillet 2009  10 juillet 2009 
En prenant connaissance de la réaction de M. Chevrette à la suite de l'intervention de Richard Desjardins, je constate que le mépris et la démagogie sont profondément enracinés dans la rhétorique du porte-parole. Son ton paternaliste et son fiel corrosif nous font voir sa belle combativité, mais du même souffle, son attitude servile et son propos subjectif nous éclairent sur ses intentions véritables.

Il faut donc croire que M. Desjardins a visé juste et qu'il a porté un bon coup de hache dans la fibre recyclée de cette vieille branche politicienne qui reprend du service pour sauver les régions et une industrie qui, selon ses dires, a la fleur de lys pyrogravé sur le coeur. M. Chevrette, en donneur de leçons, aplanit les imperfections de son interlocuteur à grands coups du rabot de son idéologie du «2x4». Il y a cependant un noeud dans le gourdin moralisateur que brandit M. Chevrette. Il y a les faits qui ne trompent pas et une situation désastreuse qui perdure pendant que les entreprises et le gouvernement persistent dans le laxisme et le cafouillage. Les rapports alarmants et les mises en garde se multiplient et ils ne sont pas le fruit d'une bande d'écologistes illuminés, mais d'une ribambelle d'experts qui s'appuient sur des faits. Pour ce qui est des régions, il est désolant de constater qu'elles sont prises en otage par la mentalité corporatiste de nos élus, quelle que soit leur allégeance, qui s'applique à les maintenir dans un état de dépendance. [...]

En maintenant cette position de colonisés dans la gestion de nos richesses collectives, le gouvernement place les citoyens et les communautés entre l'arbre et l'écorce. Pas de surprise quand on voit ceux-ci endosser docilement tous les projets, puisqu'on les prive sciemment des moyens qui leur octroieraient le luxe de les refuser. M. Chevrette, vous pouvez en toute légitimité accomplir la mission pour laquelle on vous a recruté, mais abstenez-vous de le faire au nom de ceux et celles qui n'ont que la précarité et l'incertitude à se mettre sous la dent.
 
 
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