TELUQ-UQAM - L'histoire d'un sabordage
Geneviève Breault - Coordonnatrice générale de l'Association étudiante de la Télé-Université
8 juillet 2009
Le 18 mai 2005, le gouvernement du Québec accordait à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) de nouvelles lettres patentes autorisant l'intégration de la Télé-Université (TELUQ) à titre de composante. Cette décision gouvernementale survenait après trois ans d'échanges exploratoires entre les deux établissements.
Quatre ans après l'incorporation juridique formelle de la TELUQ à l'UQAM, nous voici à l'heure des bilans. Les étudiants qui font leurs études à distance, dont près de 60 % habitent la grande région de Montréal, n'ont toujours pas accès aux services de l'UQAM: centre sportif, soutien psychologique, soutien à l'apprentissage, service d'orientation, service d'information scolaire et d'insertion professionnelle, banque d'emplois, etc. La liste est longue et se rallonge chaque fois qu'un étudiant présente une demande de service.
Lorsque des étudiants d'une université doivent recourir à la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) pour déposer une requête en vue de suivre un cours à la même université, nous ne pouvons pas parler d'intégration, mais bien, tout au plus, de cohabitation désintéressée.
Où est donc passée «cette grande université publique bimodale apte à multiplier les possibilités de formation pour les étudiants et les étudiantes des établissements du réseau de l'Université du Québec et à renouveler l'enseignement supérieur»? Nous posons la question. A-t-elle déjà coulé, ou sommes-nous en train de réunir toutes les conditions pour s'assurer d'y planter un dernier coup d'épée?
Explications possibles
À qui la faute? Qui allons-nous envoyer aux requins? L'ex-recteur de l'UQAM Roch Denis qui, en démissionnant en novembre 2006 s'est sauvé du navire, emportant avec lui la carte au trésor, laissant derrière lui son équipage sans eau et sans nourriture? La crise financière de l'UQAM qui pousse les matelots à vider l'eau du navire seau par seau au lieu d'éviter les boulets? L'administration et les employés de la TELUQ qui ne pensent qu'à sauver leurs fesses et leurs salaires? Car tenons-nous-le pour dit: il n'y a de place que pour un seul équipage sur un navire.
La position officielle de l'administration de la TELUQ dans ce dossier est simple: l'UQAM doit respecter les termes du protocole de rattachement ainsi que les lettres patentes supplémentaires délivrées en 2005. C'est ça, ou rien: nothing, nietski, nada. Depuis quelque temps, ce «rien» s'est toutefois métamorphosé en la possibilité pour la TELUQ de plier bagage et de rentrer chez elle, criant aux pirates devant un possible démantèlement de la TELUQ, tel que l'envisage le rapport Brossard, rendu public l'hiver dernier.
Étudiants négligés
Avant de quitter définitivement le navire en sautant les yeux fermés dans un canot de sauvetage possiblement troué, a-t-on consulté les principaux intéressés? S'est-on interrogé sur les volontés et les besoins des étudiants en leur demandant leur avis? Non, on les a laissés dans la cale. Est-ce parce que les étudiants de la TELUQ ne sont pas de vrais étudiants, mais bien des clients qui viennent acheter des diplômes et qui, par conséquent, n'ont pas leur mot à dire?
Ou encore, est-ce parce qu'on craint que la qualité de leur formation soit si insuffisante qu'elle n'ait pas su leur insuffler le moindre sens critique ou encore la capacité d'articuler leurs idées? Serait-ce plutôt parce que, comme il fut démontré lors du conflit de travail entre la TELUQ et le Syndicat des tuteurs et tutrices à l'hiver 2008, l'administration de la TELUQ, tellement déconnectée de la réalité et des besoins des étudiants, oublie leur présence ainsi que sa raison d'être?
C'est un non-sens qu'un processus qui touche directement plus de 10 000 étudiants se déroule sans que quelqu'un se soucie de leur demander leur avis. Est-ce là que l'appellation «établissement d'enseignement supérieur» prend tout son sens?
Quatre ans après l'incorporation juridique formelle de la TELUQ à l'UQAM, nous voici à l'heure des bilans. Les étudiants qui font leurs études à distance, dont près de 60 % habitent la grande région de Montréal, n'ont toujours pas accès aux services de l'UQAM: centre sportif, soutien psychologique, soutien à l'apprentissage, service d'orientation, service d'information scolaire et d'insertion professionnelle, banque d'emplois, etc. La liste est longue et se rallonge chaque fois qu'un étudiant présente une demande de service.
Lorsque des étudiants d'une université doivent recourir à la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) pour déposer une requête en vue de suivre un cours à la même université, nous ne pouvons pas parler d'intégration, mais bien, tout au plus, de cohabitation désintéressée.
Où est donc passée «cette grande université publique bimodale apte à multiplier les possibilités de formation pour les étudiants et les étudiantes des établissements du réseau de l'Université du Québec et à renouveler l'enseignement supérieur»? Nous posons la question. A-t-elle déjà coulé, ou sommes-nous en train de réunir toutes les conditions pour s'assurer d'y planter un dernier coup d'épée?
Explications possibles
À qui la faute? Qui allons-nous envoyer aux requins? L'ex-recteur de l'UQAM Roch Denis qui, en démissionnant en novembre 2006 s'est sauvé du navire, emportant avec lui la carte au trésor, laissant derrière lui son équipage sans eau et sans nourriture? La crise financière de l'UQAM qui pousse les matelots à vider l'eau du navire seau par seau au lieu d'éviter les boulets? L'administration et les employés de la TELUQ qui ne pensent qu'à sauver leurs fesses et leurs salaires? Car tenons-nous-le pour dit: il n'y a de place que pour un seul équipage sur un navire.
La position officielle de l'administration de la TELUQ dans ce dossier est simple: l'UQAM doit respecter les termes du protocole de rattachement ainsi que les lettres patentes supplémentaires délivrées en 2005. C'est ça, ou rien: nothing, nietski, nada. Depuis quelque temps, ce «rien» s'est toutefois métamorphosé en la possibilité pour la TELUQ de plier bagage et de rentrer chez elle, criant aux pirates devant un possible démantèlement de la TELUQ, tel que l'envisage le rapport Brossard, rendu public l'hiver dernier.
Étudiants négligés
Avant de quitter définitivement le navire en sautant les yeux fermés dans un canot de sauvetage possiblement troué, a-t-on consulté les principaux intéressés? S'est-on interrogé sur les volontés et les besoins des étudiants en leur demandant leur avis? Non, on les a laissés dans la cale. Est-ce parce que les étudiants de la TELUQ ne sont pas de vrais étudiants, mais bien des clients qui viennent acheter des diplômes et qui, par conséquent, n'ont pas leur mot à dire?
Ou encore, est-ce parce qu'on craint que la qualité de leur formation soit si insuffisante qu'elle n'ait pas su leur insuffler le moindre sens critique ou encore la capacité d'articuler leurs idées? Serait-ce plutôt parce que, comme il fut démontré lors du conflit de travail entre la TELUQ et le Syndicat des tuteurs et tutrices à l'hiver 2008, l'administration de la TELUQ, tellement déconnectée de la réalité et des besoins des étudiants, oublie leur présence ainsi que sa raison d'être?
C'est un non-sens qu'un processus qui touche directement plus de 10 000 étudiants se déroule sans que quelqu'un se soucie de leur demander leur avis. Est-ce là que l'appellation «établissement d'enseignement supérieur» prend tout son sens?
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