Pourquoi prendre les diffuseurs privés à partie?
Collectif d'auteurs
4 juillet 2009
Le 26 juin, 71 personnalités signaient, à la demande du syndicat de l'information de Radio-Canada, une lettre dénonçant les compressions imposées à la société d'État. Ce plaidoyer comportait aussi une charge méprisante et injustifiée envers les télédiffuseurs et les radiodiffuseurs privés. On notera d'ailleurs que, depuis, plusieurs signataires se sont dissociés de certains propos contenus dans cette lettre.
Comme la plupart de nos concitoyens, nous croyons que Radio-Canada joue un rôle important comme télévision d'État. Cela dit, nous ne pouvons passer sous silence l'initiative de dénigrement du secteur privé qui s'est imbriquée la semaine dernière dans le mouvement de défense de la société d'État. Pour un peu, on aurait l'impression d'assister à un match de boxe. Dans le coin gauche, le diffuseur public, qui ne propose que des émissions créatives et de la plus haute tenue, le même diffuseur qui se pose comme gardien de la langue et du professionnalisme. Dans le coin droit, les diffuseurs privés, que n'intéressent que les chiens écrasés et les événements «pipeules» et qui en parlent dans une langue approximative.
Cette analyse manichéenne soulève deux questions. D'abord, en quoi le fait d'attaquer les diffuseurs privés ajoute-t-il à un argumentaire qui vise à réaffirmer la nécessité d'un diffuseur public fort? De plus, pourquoi continuer à alimenter de tels préjugés à l'égard des «privés»?
Le souci du respect des normes les plus élevées en matière d'éthique et de rigueur journalistique est au coeur du quotidien de TVA. L'encadrement de nos jeunes journalistes est aussi une tâche à laquelle nous portons la plus grande attention, puisqu'elle contribue à garantir la qualité de l'information proposée aux téléspectateurs. Nous ne cachons d'ailleurs pas notre fierté à l'égard de cette information qui, ainsi qu'en fait foi le choix des téléspectateurs, répond visiblement aux attentes des Québécois.
S'il est permis de ne donner qu'un exemple, année après année, c'est vers notre réseau que le Québec se tourne pour prendre le pouls de sa démocratie et connaître ses prochains leaders lors des grands rendez-vous électoraux. Qui peut rêver d'une plus belle marque de confiance?
Chacun sa place
Par ailleurs, comment peut-on affirmer que les diffuseurs privés sont «allergiques au risque et à l'innovation»? Les signataires n'ont-ils pas vu Nos étés, Taxi 0-22 ou Le coeur a ses raisons? Quiconque ose avancer qu'un diffuseur n'innovait pas, ni ne prenait de risques, en appuyant ces productions ne connaît rien à l'économie de la télévision.
Nous croyons à la richesse que constitue une proposition télévisuelle aussi large et aussi diversifiée que possible. Nous croyons que le public et le privé ont tous deux leur place et qu'ensemble ils peuvent participer à l'épanouissement de notre société.
Ont signé ce texte:
Pierre Dion (président
et chef de la direction du Groupe TVA), France Lauzière (vice-présidente programmation au Réseau TVA), Serge Fortin (vice-président information Réseau TVA), Anne Boyer, Pierre Bruneau, Karine Champagne, Gino Chouinard, Michel d'Astous, Alexandra Diaz, Maryse Gagnon, Jean-François Guérin, Michel Jean, Charles Lafortune, Stéphane Laporte, Paul Larocque, Richard Latendresse, Serge Lehoux, Ève-Marie Lortie, Claude Poirier, Yves Poirier, Michel Rivard, Denis Thériault, Sophie Thibault et Réjean Tremblay.
Comme la plupart de nos concitoyens, nous croyons que Radio-Canada joue un rôle important comme télévision d'État. Cela dit, nous ne pouvons passer sous silence l'initiative de dénigrement du secteur privé qui s'est imbriquée la semaine dernière dans le mouvement de défense de la société d'État. Pour un peu, on aurait l'impression d'assister à un match de boxe. Dans le coin gauche, le diffuseur public, qui ne propose que des émissions créatives et de la plus haute tenue, le même diffuseur qui se pose comme gardien de la langue et du professionnalisme. Dans le coin droit, les diffuseurs privés, que n'intéressent que les chiens écrasés et les événements «pipeules» et qui en parlent dans une langue approximative.
Cette analyse manichéenne soulève deux questions. D'abord, en quoi le fait d'attaquer les diffuseurs privés ajoute-t-il à un argumentaire qui vise à réaffirmer la nécessité d'un diffuseur public fort? De plus, pourquoi continuer à alimenter de tels préjugés à l'égard des «privés»?
Le souci du respect des normes les plus élevées en matière d'éthique et de rigueur journalistique est au coeur du quotidien de TVA. L'encadrement de nos jeunes journalistes est aussi une tâche à laquelle nous portons la plus grande attention, puisqu'elle contribue à garantir la qualité de l'information proposée aux téléspectateurs. Nous ne cachons d'ailleurs pas notre fierté à l'égard de cette information qui, ainsi qu'en fait foi le choix des téléspectateurs, répond visiblement aux attentes des Québécois.
S'il est permis de ne donner qu'un exemple, année après année, c'est vers notre réseau que le Québec se tourne pour prendre le pouls de sa démocratie et connaître ses prochains leaders lors des grands rendez-vous électoraux. Qui peut rêver d'une plus belle marque de confiance?
Chacun sa place
Par ailleurs, comment peut-on affirmer que les diffuseurs privés sont «allergiques au risque et à l'innovation»? Les signataires n'ont-ils pas vu Nos étés, Taxi 0-22 ou Le coeur a ses raisons? Quiconque ose avancer qu'un diffuseur n'innovait pas, ni ne prenait de risques, en appuyant ces productions ne connaît rien à l'économie de la télévision.
Nous croyons à la richesse que constitue une proposition télévisuelle aussi large et aussi diversifiée que possible. Nous croyons que le public et le privé ont tous deux leur place et qu'ensemble ils peuvent participer à l'épanouissement de notre société.
Ont signé ce texte:
Pierre Dion (président
et chef de la direction du Groupe TVA), France Lauzière (vice-présidente programmation au Réseau TVA), Serge Fortin (vice-président information Réseau TVA), Anne Boyer, Pierre Bruneau, Karine Champagne, Gino Chouinard, Michel d'Astous, Alexandra Diaz, Maryse Gagnon, Jean-François Guérin, Michel Jean, Charles Lafortune, Stéphane Laporte, Paul Larocque, Richard Latendresse, Serge Lehoux, Ève-Marie Lortie, Claude Poirier, Yves Poirier, Michel Rivard, Denis Thériault, Sophie Thibault et Réjean Tremblay.
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