Mes salutations, Monsieur Fauteux
Robert Spickler - Le 2 juillet 2009
3 juillet 2009
Inutile de regarder votre montre. Si vous êtes un habitué du restaurant Le Paris, le temps entre 12h45 et 13h est marqué de l'entrée discrète et familière de Jacques Fauteux. Discrète, parce que cette manière l'incarne. Familière, parce qu'il ne manque jamais son rendez-vous quotidien... depuis combien d'années déjà?
Là s'arrête la familiarité. La discrétion l'emporte toujours. D'un pas lent, il va à la table, sa table, la même table depuis toujours. Martini et journal en ouverture.
Si vous l'avez déjà salué, vous devenez peu à peu son commensal. Pour un temps, il vous salue avec une politesse surannée comme si vous étiez de sa cour. Par la suite, il échange sur le temps qu'il fait ou commente la une de son journal, non sans l'accompagner d'un zeste d'humour. Beaucoup plus tard, il fera une place discrète à la familiarité.
Une anecdote décrit le mieux cet homme que j'ai appris à tant apprécier au cours des ans. Il entre, à l'heure habituelle. Il vient vers moi, réfléchi — fidèle à son habitude —, place une main sur mon épaule, s'excuse d'interrompre ma conversation et me dit, très sérieusement: «Une dame au lit avec son amant, surprise par le mari, s'écrie: "Miel, mon sari!"» Sans un mot, sans un rire, sans même s'assurer de l'effet produit, il s'en va vers sa table refaire ses gestes quotidiens.
Là s'arrête la familiarité. La discrétion l'emporte toujours. D'un pas lent, il va à la table, sa table, la même table depuis toujours. Martini et journal en ouverture.
Si vous l'avez déjà salué, vous devenez peu à peu son commensal. Pour un temps, il vous salue avec une politesse surannée comme si vous étiez de sa cour. Par la suite, il échange sur le temps qu'il fait ou commente la une de son journal, non sans l'accompagner d'un zeste d'humour. Beaucoup plus tard, il fera une place discrète à la familiarité.
Une anecdote décrit le mieux cet homme que j'ai appris à tant apprécier au cours des ans. Il entre, à l'heure habituelle. Il vient vers moi, réfléchi — fidèle à son habitude —, place une main sur mon épaule, s'excuse d'interrompre ma conversation et me dit, très sérieusement: «Une dame au lit avec son amant, surprise par le mari, s'écrie: "Miel, mon sari!"» Sans un mot, sans un rire, sans même s'assurer de l'effet produit, il s'en va vers sa table refaire ses gestes quotidiens.
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