Le PQ ne doit pas abandonner le centre
Certains événements récents, accompagnés des discussions qui s'en sont suivies à l'intérieur et à l'extérieur du Parti québécois, m'amènent à vouloir faire une mise au point sur l'orientation politique que nous devons afficher et défendre. Plus spécifiquement, je crois que le PQ doit s'afficher clairement comme un parti représentatif du grand centre politique où se situe la majorité des électeurs québécois. Ce faisant, il ne devrait pas avoir peur de rejeter l'étiquette de centre gauche qu'il s'est souvent lui-même attribuée.
Premièrement, il y a eu l'élection d'un député issu de la gauche radicale, Amir Khadir, dans la circonscription de Mercier. Certains péquistes, particulièrement dans Mercier et les circonscriptions adjacentes, croient à tort qu'un réalignement à gauche est le seul moyen d'enrayer la prétendue «menace» posée par Québec solidaire.
Or, rien n'est plus faux. D'abord, il est impossible de concurrencer QS par la gauche: ne connaissant ni ne voulant connaître les paramètres restrictifs inhérents à l'exercice du pouvoir, ce parti sera toujours plus à gauche que tous les autres; nous ne pouvons tout simplement pas le battre sur ce terrain.
Ensuite, tous les sondages, de même que les résultats des récentes élections partielles, montrent que l'influence politique de QS est circonscrite à l'est par l'avenue Papineau et à l'ouest par le boulevard Saint-Laurent. Ce serait donc une grave erreur que de modifier la stratégie du PQ, un parti véritablement national, pour contrer l'influence d'un parti qui n'a d'appuis importants que dans une, peut-être deux circonscriptions.
Départ coûteux
Deuxièmement, il y a eu le départ récent du député François Legault, représentant de l'aile de centre droit du PQ. Personnellement, je considère cette démission comme une perte pour notre parti, mais je demeure sûr que les idées qu'il défendait sont toujours bien vivantes parmi nos membres et au sein de nos instances.
En revanche, je demeure inquiet qu'en l'absence des Legault, Facal, Boisclair et Bouchard, nous n'ayons perdu nos meilleurs porte-parole en faveur d'un État efficace et de la culture des résultats dans nos institutions publiques. Ce faisant, le vide laissé pourrait permettre à l'aile gauche du parti, traditionnellement très proche des grandes centrales syndicales, de réaffirmer son emprise sur l'élaboration de notre programme. À mon avis, à l'approche du prochain Conseil national au terme duquel nous nous doterons d'un programme en vue de la prochaine campagne électorale, c'est bien plus d'un recentrage que d'une dérive vers la gauche que le PQ a besoin.
Une telle dérive aurait de multiples conséquences, dont la plus grave serait sans doute une défaite annoncée pour notre parti lors des prochaines élections. En outre, une réaffirmation du PQ vers la gauche ferait le jeu de nos adversaires fédéralistes: elle consacrerait la division du mouvement souverainiste sur l'axe gauche-droite.
Droit devant!
Ainsi, les indépendantistes qui ne sont pas partisans d'un État omniprésent et à la merci des groupes de pression opteront soit pour l'ADQ, soit pour le PI (Parti indépendantiste), ou ils resteront tout simplement chez eux lors du prochain rendez-vous électoral. Ce faisant, nous aurions ouvert la voie à un quatrième mandat libéral et à un affaiblissement global de l'option souverainiste. L'ex-premier ministre Bernard Landry, pourtant identifié à l'aile de centre gauche du parti, avait bien raison d'affirmer que la souveraineté n'est ni à gauche ni à droite: elle doit être en avant!
Par contre, nous devons choisir le centre pour des raisons plus profondes que la simple stratégie électorale et, éventuellement, référendaire. En effet, le centre correspond aux aspirations politiques d'une majorité de Québécois qui veulent tirer parti du meilleur de ce que la gauche a à offrir, soit la justice sociale et l'équité, mais aussi du meilleur de ce que la droite a à offrir, soit la prospérité et l'efficacité.
Protéger le centre
Ainsi, en dehors des considérations liées à la question nationale, c'est avec une combinaison de mesures de droite et de gauche que nous serons en mesure d'offrir le meilleur programme de gouvernement susceptible de convaincre l'électorat que nous avons un plan à la fois réaliste et ambitieux.
Nous pourrons leur dire qu'il est possible d'effacer le déficit structurel qui nous afflige, de réduire le temps d'attente dans les urgences en rendant nos hôpitaux plus efficaces, d'enrayer la problématique du décrochage scolaire en offrant un système d'éducation compétitif et bien financé, mais aussi de sortir le Québec de la torpeur qui le paralyse et l'empêche de mener à bien une foule de projets dynamiques et structurants.
Bref, n'abandonnons pas le centre! Car c'est bien là que se trouve la clef du succès électoral et, à terme, de l'accession du Québec à l'indépendance.
Premièrement, il y a eu l'élection d'un député issu de la gauche radicale, Amir Khadir, dans la circonscription de Mercier. Certains péquistes, particulièrement dans Mercier et les circonscriptions adjacentes, croient à tort qu'un réalignement à gauche est le seul moyen d'enrayer la prétendue «menace» posée par Québec solidaire.
Or, rien n'est plus faux. D'abord, il est impossible de concurrencer QS par la gauche: ne connaissant ni ne voulant connaître les paramètres restrictifs inhérents à l'exercice du pouvoir, ce parti sera toujours plus à gauche que tous les autres; nous ne pouvons tout simplement pas le battre sur ce terrain.
Ensuite, tous les sondages, de même que les résultats des récentes élections partielles, montrent que l'influence politique de QS est circonscrite à l'est par l'avenue Papineau et à l'ouest par le boulevard Saint-Laurent. Ce serait donc une grave erreur que de modifier la stratégie du PQ, un parti véritablement national, pour contrer l'influence d'un parti qui n'a d'appuis importants que dans une, peut-être deux circonscriptions.
Départ coûteux
Deuxièmement, il y a eu le départ récent du député François Legault, représentant de l'aile de centre droit du PQ. Personnellement, je considère cette démission comme une perte pour notre parti, mais je demeure sûr que les idées qu'il défendait sont toujours bien vivantes parmi nos membres et au sein de nos instances.
En revanche, je demeure inquiet qu'en l'absence des Legault, Facal, Boisclair et Bouchard, nous n'ayons perdu nos meilleurs porte-parole en faveur d'un État efficace et de la culture des résultats dans nos institutions publiques. Ce faisant, le vide laissé pourrait permettre à l'aile gauche du parti, traditionnellement très proche des grandes centrales syndicales, de réaffirmer son emprise sur l'élaboration de notre programme. À mon avis, à l'approche du prochain Conseil national au terme duquel nous nous doterons d'un programme en vue de la prochaine campagne électorale, c'est bien plus d'un recentrage que d'une dérive vers la gauche que le PQ a besoin.
Une telle dérive aurait de multiples conséquences, dont la plus grave serait sans doute une défaite annoncée pour notre parti lors des prochaines élections. En outre, une réaffirmation du PQ vers la gauche ferait le jeu de nos adversaires fédéralistes: elle consacrerait la division du mouvement souverainiste sur l'axe gauche-droite.
Droit devant!
Ainsi, les indépendantistes qui ne sont pas partisans d'un État omniprésent et à la merci des groupes de pression opteront soit pour l'ADQ, soit pour le PI (Parti indépendantiste), ou ils resteront tout simplement chez eux lors du prochain rendez-vous électoral. Ce faisant, nous aurions ouvert la voie à un quatrième mandat libéral et à un affaiblissement global de l'option souverainiste. L'ex-premier ministre Bernard Landry, pourtant identifié à l'aile de centre gauche du parti, avait bien raison d'affirmer que la souveraineté n'est ni à gauche ni à droite: elle doit être en avant!
Par contre, nous devons choisir le centre pour des raisons plus profondes que la simple stratégie électorale et, éventuellement, référendaire. En effet, le centre correspond aux aspirations politiques d'une majorité de Québécois qui veulent tirer parti du meilleur de ce que la gauche a à offrir, soit la justice sociale et l'équité, mais aussi du meilleur de ce que la droite a à offrir, soit la prospérité et l'efficacité.
Protéger le centre
Ainsi, en dehors des considérations liées à la question nationale, c'est avec une combinaison de mesures de droite et de gauche que nous serons en mesure d'offrir le meilleur programme de gouvernement susceptible de convaincre l'électorat que nous avons un plan à la fois réaliste et ambitieux.
Nous pourrons leur dire qu'il est possible d'effacer le déficit structurel qui nous afflige, de réduire le temps d'attente dans les urgences en rendant nos hôpitaux plus efficaces, d'enrayer la problématique du décrochage scolaire en offrant un système d'éducation compétitif et bien financé, mais aussi de sortir le Québec de la torpeur qui le paralyse et l'empêche de mener à bien une foule de projets dynamiques et structurants.
Bref, n'abandonnons pas le centre! Car c'est bien là que se trouve la clef du succès électoral et, à terme, de l'accession du Québec à l'indépendance.
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