Adieu, Paul Marchand
Dominique Engel - Le 26 juin 2009
27 juin 2009
Il y a 16 ans, au 65, rue Saint-Paul Ouest, il nous est arrivé de fumer ensemble, vous le cigare, et moi la pipe. Je ne savais même pas que votre voix monocorde racontait mot à mot la connerie des humains sur les radios du monde. On parlait, c'est tout, dans la fumée de nos tabacs respectifs, aux heures où la rue Saint-Paul se reposait des excès banlieusards, juste avant que le soleil ose se lever.
Je ne savais pas le vide que j'allais découvrir 16 ans plus tard. Quel regard cynique vous aviez sur tout, et quelle tendresse vous mettiez à nous plonger le nez dans nos complaisances et dans notre confort benoît. Je vous ai cru clown, et vous étiez devin — mais je n'en savais rien. Pour ces quelques instants où je vous ai croisé sur le seuil du 65, rue Saint-Paul Ouest, je vous dis merci. Fallait-il votre mort pour vous savoir si fort de votre «dérangeance»? Il ne me reste qu'un mot. INDÉPENDANCE.
Merci, Paul Marchand.
Je ne savais pas le vide que j'allais découvrir 16 ans plus tard. Quel regard cynique vous aviez sur tout, et quelle tendresse vous mettiez à nous plonger le nez dans nos complaisances et dans notre confort benoît. Je vous ai cru clown, et vous étiez devin — mais je n'en savais rien. Pour ces quelques instants où je vous ai croisé sur le seuil du 65, rue Saint-Paul Ouest, je vous dis merci. Fallait-il votre mort pour vous savoir si fort de votre «dérangeance»? Il ne me reste qu'un mot. INDÉPENDANCE.
Merci, Paul Marchand.
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