Un syndrome inquiétant
Paule Des Rivières
17 avril 2003
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un nouvel appel à la vigilance cette semaine en soulignant que l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) progresse. En dehors de l'Asie, le Canada est le pays le plus affecté par cette pneumonie atypique et mystérieuse qui pose un défi colossal aux services de santé publique. À Toronto, les autorités viennent de mettre en quarantaine une communauté religieuse de 500 membres après qu'on eut découvert, trop tard au goût de certains, qu'une trentaine d'entre eux étaient infectés.
Le service de santé publique de cette province tente de minimiser les risques de contagion le plus possible, mais jusqu'à présent, il n'a pas réussi à empêcher la progression de la maladie. Le SRAS a fait 13 morts au Canada, comparativement à 64 en Chine (la maladie emporte environ 5 % de ses victimes).
Au Canada, 242 cas ont été recensés. Le Québec a été épargné jusqu'ici, mais la Direction de la santé publique de Montréal n'en est pas moins sur un pied d'alerte. Les microbiologistes et les médecins qui exercent dans des salles d'urgence et des CLSC doivent porter une attention particulière à la détection du SRAS. Le Québec a la chance, si on peut dire, de n'avoir aucun vol direct avec l'Asie. Mais il n'est pas pour autant protégé. En Ontario, les Torontois ont été malchanceux: en effet, deux adultes infectés sont arrivés en provenance de l'Asie avant même que l'OMS n'émette son alerte mondiale, le 13 mars dernier. Le couple a donc eu le temps de transmettre le virus à d'autres membres de sa famille installée au Canada avant que des mesures de contrôle ne soient prises. Depuis, les établissements de santé torontois sont en état d'alerte... tout comme bien des citoyens, non seulement inquiets mais dans un véritable état de panique.
Plusieurs experts ont avec raison reproché aux autorités chinoises d'avoir caché la vérité sur l'ampleur de la pneumonie atypique qui a commencé en novembre dans le Guangdong, province voisine de Hong Kong, mais qui n'a été révélée à l'extérieur de la Chine que le 12 mars. Ainsi, la gravité de cette épidémie est partiellement attribuable au silence de la Chine. Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a finalement reconnu lundi que la situation était «grave» dans son pays; hier, des experts de l'OMS ont pu visiter deux hôpitaux militaires de Pékin.
Il faudra attendre entre trois et quatre semaines avant de savoir si les mesures prises par différents pays, y compris des contrôles aux aéroports, suffiront pour ralentir la progression du SRAS. Les jours qui suivront seront aussi déterminants pour les chercheurs qui ont formellement identifié le virus à l'origine de ce mystérieux syndrome. Pour une rare fois, une véritable collaboration internationale s'organise.
Sans céder à la panique, il est primordial que les services publics canadien et québécois fassent montre d'une grande vigilance. En cette ère de grands déplacements autour de la planète, les virus ne sont pas en reste, et le SRAS demeure une menace. L'oublier pourrait s'avérer coûteux.
pdesrivieres@ledevoir.ca
Le service de santé publique de cette province tente de minimiser les risques de contagion le plus possible, mais jusqu'à présent, il n'a pas réussi à empêcher la progression de la maladie. Le SRAS a fait 13 morts au Canada, comparativement à 64 en Chine (la maladie emporte environ 5 % de ses victimes).
Au Canada, 242 cas ont été recensés. Le Québec a été épargné jusqu'ici, mais la Direction de la santé publique de Montréal n'en est pas moins sur un pied d'alerte. Les microbiologistes et les médecins qui exercent dans des salles d'urgence et des CLSC doivent porter une attention particulière à la détection du SRAS. Le Québec a la chance, si on peut dire, de n'avoir aucun vol direct avec l'Asie. Mais il n'est pas pour autant protégé. En Ontario, les Torontois ont été malchanceux: en effet, deux adultes infectés sont arrivés en provenance de l'Asie avant même que l'OMS n'émette son alerte mondiale, le 13 mars dernier. Le couple a donc eu le temps de transmettre le virus à d'autres membres de sa famille installée au Canada avant que des mesures de contrôle ne soient prises. Depuis, les établissements de santé torontois sont en état d'alerte... tout comme bien des citoyens, non seulement inquiets mais dans un véritable état de panique.
Plusieurs experts ont avec raison reproché aux autorités chinoises d'avoir caché la vérité sur l'ampleur de la pneumonie atypique qui a commencé en novembre dans le Guangdong, province voisine de Hong Kong, mais qui n'a été révélée à l'extérieur de la Chine que le 12 mars. Ainsi, la gravité de cette épidémie est partiellement attribuable au silence de la Chine. Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a finalement reconnu lundi que la situation était «grave» dans son pays; hier, des experts de l'OMS ont pu visiter deux hôpitaux militaires de Pékin.
Il faudra attendre entre trois et quatre semaines avant de savoir si les mesures prises par différents pays, y compris des contrôles aux aéroports, suffiront pour ralentir la progression du SRAS. Les jours qui suivront seront aussi déterminants pour les chercheurs qui ont formellement identifié le virus à l'origine de ce mystérieux syndrome. Pour une rare fois, une véritable collaboration internationale s'organise.
Sans céder à la panique, il est primordial que les services publics canadien et québécois fassent montre d'une grande vigilance. En cette ère de grands déplacements autour de la planète, les virus ne sont pas en reste, et le SRAS demeure une menace. L'oublier pourrait s'avérer coûteux.
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