Bon anniversaire, Tanguy!
Pauvre Tanguy, une autre année s'est passée et je te retrouve encore engoncé entre tes deux béquilles bien que tu n'aies rien de cassé. Dis-moi, vas-tu vraiment demeurer toute vie ainsi: une main agrippant la jupe, l'autre, le pantalon? Qu'est-ce que t'attends pour décoller? Un jet privé? Pour tes 30 ans, on t'avait offert une automobile; on pensait que t'aurais compris: auto, autonomie... t'as pas saisi. Pour tes 40 ans, faudra-t-il qu'on te paye un camion? Camion, déménagement, premier juillet, fête du Canada, la pognes-tu? On en a marre, Tanguy.
T'attendais ta majorité, attends-tu ta pension? C'est quoi le problème? Tu as diplôme et cartes de compétence, un emploi, une blonde, des économies. T'as peur de quoi? Que ton chien te quitte? Que ta blonde te morde? De perdre ton emploi? D'attraper la grippe mexicaine et la picote volante? Ça s'appelle la vie tout ça, bonhomme. La vie! L'élément des étoiles c'est le cosmos, l'élément des poissons c'est l'eau, l'élément des hommes c'est la vie. Faut que ça finisse, un jour, la peur.
Tu commences à me faire pomper souverainement, tu sais.
T'as même peur des mots. T'as peur du mot indépendance! Penses-y deux minutes: avoir peur du mot indépendance. T'es tombé bien bas. Mais je refuse que tu m'entraînes avec toi. L'indépendance, Tanguy, je te rappelle que c'est d'abord un désir. Tu sais ce qu'est un désir? Et ce n'est pas un désir d'avoir, c'est un désir d'être. Un désir puissant et parfaitement légitime. Un désir d'affirmation, de reconnaissance, de respect.
Et toi, t'en as fait quoi de ce désir? Tu l'as galvaudé, prostitué, traîné dans la boue. Bref, tu l'as réduit au rang d'argument de négociation. Donnez-moi ceci ou cela sinon, sinon, sinon...! Ça me donne franchement la nausée. Notre désir de souveraineté et d'indépendance n'est pas un argument de négociation ni un levier de marchandage ou de chantage. Ce n'est pas non plus un REER à rendement garanti, c'est bien au contraire une aventure qui n'a pas de prix! C'est la volonté d'assumer toutes les responsabilités et tous les risques! Tout peut être négociable sauf ce désir.
Le Canada ne peut rien me donner pour me castrer de cette volonté d'être et je ne demande d'ailleurs rien à mes amis canadiens: qu'ils respectent mon pays comme je respecte le leur. Et qu'ils sachent que si la Red River sort de son lit, nous nous ferons un devoir d'être là avec nos sacs de sable. Et que si le verglas paralyse Halifax, leurs voisins québécois arriveront rapidement. Je ne veux pas de faveurs, de passe-droit ou de statut privilégié ni pour moi ni pour le Québec ni pour personne.
Un désir, Tanguy, c'est pas quelque chose contre, c'est quelque chose pour...
Mais tu as peur, mon vieux. C'en est une maladie. Ce n'est ni le confort ni l'indifférence, c'est la peur. Une peur atavique qui à force de temps se mue en honte. Quoi? De quoi je parle? C'est pas très sexy tout ça? Bien sûr, Tanguy, bien sûr, c'est pas sexy le désir...
Tu sais, je voulais te donner une nouvelle plaque pour ta voiture; au lieu de Je me souviens, on aurait lu Déguedine! Mais bon! Oublie tout ça.
Par contre, n'oublie pas d'inscrire sur ton calendrier à la case du 24 juin: vacancy...
Happy Birthday, mon frère.
PS: Tu seras quand même invité au pow-wow de la fierté. Car ça ne pourra pas toujours ne pas arriver! Et quand nous élirons à la tête du pays du Québec notre première présidente qui se nommera peut-être, avec un peu de chance et d'humour, Elisabeth Diaz-Tremblay, bien sûr que nos chanteurs anglophones pourront venir lui chanter la pomme! Et je sais bien que tu vas danser.
T'attendais ta majorité, attends-tu ta pension? C'est quoi le problème? Tu as diplôme et cartes de compétence, un emploi, une blonde, des économies. T'as peur de quoi? Que ton chien te quitte? Que ta blonde te morde? De perdre ton emploi? D'attraper la grippe mexicaine et la picote volante? Ça s'appelle la vie tout ça, bonhomme. La vie! L'élément des étoiles c'est le cosmos, l'élément des poissons c'est l'eau, l'élément des hommes c'est la vie. Faut que ça finisse, un jour, la peur.
Tu commences à me faire pomper souverainement, tu sais.
T'as même peur des mots. T'as peur du mot indépendance! Penses-y deux minutes: avoir peur du mot indépendance. T'es tombé bien bas. Mais je refuse que tu m'entraînes avec toi. L'indépendance, Tanguy, je te rappelle que c'est d'abord un désir. Tu sais ce qu'est un désir? Et ce n'est pas un désir d'avoir, c'est un désir d'être. Un désir puissant et parfaitement légitime. Un désir d'affirmation, de reconnaissance, de respect.
Et toi, t'en as fait quoi de ce désir? Tu l'as galvaudé, prostitué, traîné dans la boue. Bref, tu l'as réduit au rang d'argument de négociation. Donnez-moi ceci ou cela sinon, sinon, sinon...! Ça me donne franchement la nausée. Notre désir de souveraineté et d'indépendance n'est pas un argument de négociation ni un levier de marchandage ou de chantage. Ce n'est pas non plus un REER à rendement garanti, c'est bien au contraire une aventure qui n'a pas de prix! C'est la volonté d'assumer toutes les responsabilités et tous les risques! Tout peut être négociable sauf ce désir.
Le Canada ne peut rien me donner pour me castrer de cette volonté d'être et je ne demande d'ailleurs rien à mes amis canadiens: qu'ils respectent mon pays comme je respecte le leur. Et qu'ils sachent que si la Red River sort de son lit, nous nous ferons un devoir d'être là avec nos sacs de sable. Et que si le verglas paralyse Halifax, leurs voisins québécois arriveront rapidement. Je ne veux pas de faveurs, de passe-droit ou de statut privilégié ni pour moi ni pour le Québec ni pour personne.
Un désir, Tanguy, c'est pas quelque chose contre, c'est quelque chose pour...
Mais tu as peur, mon vieux. C'en est une maladie. Ce n'est ni le confort ni l'indifférence, c'est la peur. Une peur atavique qui à force de temps se mue en honte. Quoi? De quoi je parle? C'est pas très sexy tout ça? Bien sûr, Tanguy, bien sûr, c'est pas sexy le désir...
Tu sais, je voulais te donner une nouvelle plaque pour ta voiture; au lieu de Je me souviens, on aurait lu Déguedine! Mais bon! Oublie tout ça.
Par contre, n'oublie pas d'inscrire sur ton calendrier à la case du 24 juin: vacancy...
Happy Birthday, mon frère.
PS: Tu seras quand même invité au pow-wow de la fierté. Car ça ne pourra pas toujours ne pas arriver! Et quand nous élirons à la tête du pays du Québec notre première présidente qui se nommera peut-être, avec un peu de chance et d'humour, Elisabeth Diaz-Tremblay, bien sûr que nos chanteurs anglophones pourront venir lui chanter la pomme! Et je sais bien que tu vas danser.
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