Deux longs mois à tuer
Les Ioniens de la classe de madame Alexandra trouvent très amusante la simulation sur l’intimidation.
Lorsque la cloche annoncera le début des vacances, mardi prochain, beaucoup d'Ioniens — non, ce n'est pas un nouveau pays, ce sont les enfants qui fréquentent l'école primaire Iona — seront tristes, traîneront leurs tongs (gougounes, savates) jusqu'à la maison, regarderont l'heure, puis la date, et feront des «X» sur le calendrier jusqu'à la fin du mois d'août. Deux longs mois à tuer les attendent avant la prochaine rentrée.
L'école de mon quartier, celle où j'ai inscrit mon B en septembre, c'est un peu une succursale de l'ONU: 98 drapeaux représentés, 595 élèves dont huit «de souche», c'est-à-dire nés de parents québécois.
Nous sommes dans le quartier Côte-des-Neiges, l'un des plus multi-ethniques au Québec. Sur le babillard, à l'entrée de ce magnifique bâtiment de briques de facture très banlieue british, une carte du monde indique tous les pays d'origine des enfants et des enseignants. Burundi: 1. Botswana: 1. Brésil: 3. Cameroun: 5 . Chine: 88. Sri Lanka: 23. Philippines: 80. Maroc: 26. Haïti: 15.
On se croirait devant un jeu de Risk. Qui va remporter l'Océanie ou le Canada? On ne le sait pas encore mais si on veut parler de langue officielle, le français part perdant. Iona est la seule et unique porte d'entrée à la culture québécoise pour beaucoup d'entre eux. Ils arrivent ici les oreilles vierges rayon Beau Dommage, sortent directement des saris ou des voiles de leur mère, font le lien entre les professeurs (en français) et leurs parents (en anglais approximatif, quand ce n'est pas en swahili). Bref, ils servent d'interprètes entre la maison et le monde extérieur, une succursale des États-Unis.
«À Iona, les enfants sont contents d'arriver à l'école le lundi matin. Souvent, à la maison, les activités se limitent à la télé et au magasinage...» me glisse Catherine, la directrice adjointe.
Il est vrai qu'à Iona, on les initie aux sports d'hiver, au patin (les casques de protection sont fournis par le club du Canadien), à la raquette, au ski sur le mont Royal. Les enfants qui le désirent commencent plus tôt le matin et apprennent à nager. «La plupart ne savent pas nager en arrivant à l'école, constate Catherine. Nous découvrons les problèmes au fur et à mesure; nous sommes en contact avec l'équipe du Dr Julien, avec les pédopsychiatres de l'hôpital Sainte-Justine. Nous nous payons aussi trois orthopédagogues et demi pour venir en aide aux élèves en difficulté.»
Et certains enseignants gardent une boîte de biscuits (payée à même leur salaire et destinée aux moins choyés) pour l'heure des collations. Parfois, c'est le ramadan, parfois c'est rien à se mettre sous la dent.
Ethno-éducation 101
Si l'ethno-pédiatrie a le vent dans les voiles, l'ethno-éducation, elle, consiste à éduquer les parents, si j'ai bien saisi — mais je suis un peu cancre, surtout vers la fin juin. En principe, le français est la seule langue acceptable à l'école, même si les enfants s'interpellent en anglais entre eux dès que les adultes ont le dos tourné. «Beaucoup de parents pensent qu'ils peuvent s'en sortir sans apprendre le français. Le message n'est pas passé avec les immigrants. Le seul endroit où ces enfants parlent et entendent du français, c'est à l'école. Ils n'écoutent pas Star Ac, ils sont branchés sur American Idol!» me glisse Roger, un des profs de gym.
Sans oublier que beaucoup d'enfants fréquentent également l'école du samedi, celle de leur langue maternelle, russe, arabe, chinoise ou roumaine. «Parfois, les enfants n'ont pas eu le temps de faire leurs devoirs parce qu'ils en ont trop à l'école du samedi», me confie Luc, un des profs de 5e année.
À Iona, les parents ont droit à des interprètes lors des réunions de parents et on organise des rencontres pour préparer les enfants (mais surtout leurs parents) à la rentrée, ou pour les initier à la discipline familiale au Québec, au choc des valeurs (un enfant ionien qui se couche à minuit, c'est courant); on leur offre une session d'information sur «comment affronter l'hiver au Québec» ou sur l'intimidation et la sécurité sur Internet. On organise également des sorties familiales le samedi: aux pommes, à la cabane à sucre, à la glissade sur le mont Royal, à la Grande Bibliothèque. Je me demande si les parents ne versent pas une larme, eux aussi, à la fin des classes...
Dans la classe de madame Alexandra
Aujourd'hui, dans la classe de 3e année, les élèves ont droit à une heure de cours sur l'intimidation. Ils doivent essayer de déceler ce qu'est un comportement intimidant, une mise en scène très amusante de madame Alexandra à l'appui. Dans la bibliothèque, une intervenante en littérature jeunesse tente de sensibiliser les 6e année aux différences et termine l'avant-midi avec des acrostiches autour du thème du racisme. Ils ont beau venir des quatre coins du monde, chacun nourrit sa définition de la «normalité».
Et l'anormalité, c'est parfois une femme qui enseigne: «Certains élèves vont avoir de la difficulté quand c'est une femme qui assume l'autorité. La dynamique est différente avec un homme», constate Luc.
«En général, les immigrants respectent davantage les profs que les Québécois. Ils nous vouvoient d'emblée. L'enseignant jouit d'un statut privilégié», convient Julie, une des enseignantes ioniennes. Roger abonde: «J'ai enseigné en Inde, en Birmanie, en Amérique latine et c'est beaucoup plus facile quand il y a du respect et de la politesse. Iona est remarquable pour ça!»
Dragosh, le professeur d'arts plastiques, doit lui aussi faire de l'éducation auprès des parents, lesquels ont souvent tout quitté pour miser sur l'avenir de leurs enfants: «Ils ne voient pas les arts d'un très bon oeil et ne veulent pas que leur enfant devienne un artiste. Je suis d'accord avec eux. Je ne veux pas créer des artistes qui vont aller à la rue se chercher du BS. Par contre, je peux expliquer aux parents que même en médecine ou en architecture, leur enfant doit avoir une compréhension des volumes et de l'espace, développer sa créativité, sa motricité, son sens de l'observation. Cette génération n'est plus capable de tenir un crayon et n'a plus aucun contact avec la matière! Ils en ont même dédain. Ils se battent à coups de joy sticks!»
En attendant le retour en classe, l'été sera long comme une journée sans joy stick pour les Ioniens. Il n'y a que leurs professeurs qui sauteront de joie en entendant sonner la cloche des vacances...
*****
Retrouvé: mon passeport québécois (Guides de voyage Ulysse, 9,95 $). On y fournit des explications de base sur le pays et sa géographie. La langue officielle: le français. La fête nationale, une fête païenne associée au solstice d'été reprise par Ludger Duvernay, le 24 juin 1834, et devenue fête officielle en 1977. La population québécoise: de tout mais à l'origine des autochtones auxquels se sont joints des Français, puis des immigrants britanniques et américains. Sur la chicane, rien... Un must pour tous les immigrants qui débarquent mais je n'essaierais pas d'aller à Plattsburgh avec ça.
**
Songé: à inscrire mon B à l'école du samedi. Sans blague, faudrait peut-être s'y mettre et leur donner des cours de «québécois», leur patois, leur culture, leurs ancêtres, leur cuisine, leur religion, leur faune et leur flore. Des fois qu'ils l'oublieraient en chemin...
**
Aimé: La Rue de Garmann, de Stian Hole (Albin Michel jeunesse), une histoire d'amitié entre le jeune Garmann, collectionneur de plantes, et l'homme aux timbres, un postier à la retraite. Y a aussi le méchant Roy qui pousse Garmann à faire des bêtises. Le triomphe de la bonté sur l'intimidation. À partir de six ans. Magnifiquement illustré par l'auteur.
**
Adoré: le livre Le Bonheur, c'est quoi? (Nathan), d'Oscar Brenifier (dessins de Catherine Meurisse). Un jour, j'aimerais bien enseigner la philo aux enfants du primaire. Ce livre aborde la vaste question du bonheur en leur posant des questions et en offrant des pistes de réflexion. Peut-on se tromper en croyant être heureux? Peut-on être heureux sans le savoir? Certains bonheurs parlent-ils plus à ta tête qu'à ton coeur? Dois-tu chercher à être heureux à tout prix? Toutes sortes de questions que les adultes pourraient se poser aussi.
**
Découvert: À moitié, un album de Bernard Friot et Anne Herbauts (La Martinière jeunesse) sur le thème de la solidarité et de la quête d'identité. Monsieur Léon a tout perdu, un bras, une jambe, la moitié du visage, et va faire des rencontres étonnantes avant de retrouver ses moitiés. À partir de cinq ans.
**
Souri: devant l'album Il n'y a pas d'autruches dans les contes de fées, de Gilles Bachelet (Seuil Jeunesse). Les dessins magnifiques, mettant en vedette l'autruche, revisitent tous les contes traditionnels comme Le Petit Chaperon rouge, Peau d'âne, Riquet à la houppe, La Belle et la Bête, Le Chat Botté et Les Trois Petits Cochons. Superbe album fantaisiste pour les 5 à 105 ans.
**
Vu: le film Là-Haut en 3D de Pixar (avec les voix de Charles Aznavour et de Rachid Badouri!). Un monsieur pleurait derrière ses lunettes près de moi. Les enfants riaient. Moi, j'ai fait un peu des deux. Magnifique histoire de révolte du vieillard condamné à la maison de retraite, pleine d'hélium, mais c'est pas donné, à cause du 3D.
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cherejoblo@ledevoir.com
L'école de mon quartier, celle où j'ai inscrit mon B en septembre, c'est un peu une succursale de l'ONU: 98 drapeaux représentés, 595 élèves dont huit «de souche», c'est-à-dire nés de parents québécois.
Nous sommes dans le quartier Côte-des-Neiges, l'un des plus multi-ethniques au Québec. Sur le babillard, à l'entrée de ce magnifique bâtiment de briques de facture très banlieue british, une carte du monde indique tous les pays d'origine des enfants et des enseignants. Burundi: 1. Botswana: 1. Brésil: 3. Cameroun: 5 . Chine: 88. Sri Lanka: 23. Philippines: 80. Maroc: 26. Haïti: 15.
On se croirait devant un jeu de Risk. Qui va remporter l'Océanie ou le Canada? On ne le sait pas encore mais si on veut parler de langue officielle, le français part perdant. Iona est la seule et unique porte d'entrée à la culture québécoise pour beaucoup d'entre eux. Ils arrivent ici les oreilles vierges rayon Beau Dommage, sortent directement des saris ou des voiles de leur mère, font le lien entre les professeurs (en français) et leurs parents (en anglais approximatif, quand ce n'est pas en swahili). Bref, ils servent d'interprètes entre la maison et le monde extérieur, une succursale des États-Unis.
«À Iona, les enfants sont contents d'arriver à l'école le lundi matin. Souvent, à la maison, les activités se limitent à la télé et au magasinage...» me glisse Catherine, la directrice adjointe.
Il est vrai qu'à Iona, on les initie aux sports d'hiver, au patin (les casques de protection sont fournis par le club du Canadien), à la raquette, au ski sur le mont Royal. Les enfants qui le désirent commencent plus tôt le matin et apprennent à nager. «La plupart ne savent pas nager en arrivant à l'école, constate Catherine. Nous découvrons les problèmes au fur et à mesure; nous sommes en contact avec l'équipe du Dr Julien, avec les pédopsychiatres de l'hôpital Sainte-Justine. Nous nous payons aussi trois orthopédagogues et demi pour venir en aide aux élèves en difficulté.»
Et certains enseignants gardent une boîte de biscuits (payée à même leur salaire et destinée aux moins choyés) pour l'heure des collations. Parfois, c'est le ramadan, parfois c'est rien à se mettre sous la dent.
Ethno-éducation 101
Si l'ethno-pédiatrie a le vent dans les voiles, l'ethno-éducation, elle, consiste à éduquer les parents, si j'ai bien saisi — mais je suis un peu cancre, surtout vers la fin juin. En principe, le français est la seule langue acceptable à l'école, même si les enfants s'interpellent en anglais entre eux dès que les adultes ont le dos tourné. «Beaucoup de parents pensent qu'ils peuvent s'en sortir sans apprendre le français. Le message n'est pas passé avec les immigrants. Le seul endroit où ces enfants parlent et entendent du français, c'est à l'école. Ils n'écoutent pas Star Ac, ils sont branchés sur American Idol!» me glisse Roger, un des profs de gym.
Sans oublier que beaucoup d'enfants fréquentent également l'école du samedi, celle de leur langue maternelle, russe, arabe, chinoise ou roumaine. «Parfois, les enfants n'ont pas eu le temps de faire leurs devoirs parce qu'ils en ont trop à l'école du samedi», me confie Luc, un des profs de 5e année.
À Iona, les parents ont droit à des interprètes lors des réunions de parents et on organise des rencontres pour préparer les enfants (mais surtout leurs parents) à la rentrée, ou pour les initier à la discipline familiale au Québec, au choc des valeurs (un enfant ionien qui se couche à minuit, c'est courant); on leur offre une session d'information sur «comment affronter l'hiver au Québec» ou sur l'intimidation et la sécurité sur Internet. On organise également des sorties familiales le samedi: aux pommes, à la cabane à sucre, à la glissade sur le mont Royal, à la Grande Bibliothèque. Je me demande si les parents ne versent pas une larme, eux aussi, à la fin des classes...
Dans la classe de madame Alexandra
Aujourd'hui, dans la classe de 3e année, les élèves ont droit à une heure de cours sur l'intimidation. Ils doivent essayer de déceler ce qu'est un comportement intimidant, une mise en scène très amusante de madame Alexandra à l'appui. Dans la bibliothèque, une intervenante en littérature jeunesse tente de sensibiliser les 6e année aux différences et termine l'avant-midi avec des acrostiches autour du thème du racisme. Ils ont beau venir des quatre coins du monde, chacun nourrit sa définition de la «normalité».
Et l'anormalité, c'est parfois une femme qui enseigne: «Certains élèves vont avoir de la difficulté quand c'est une femme qui assume l'autorité. La dynamique est différente avec un homme», constate Luc.
«En général, les immigrants respectent davantage les profs que les Québécois. Ils nous vouvoient d'emblée. L'enseignant jouit d'un statut privilégié», convient Julie, une des enseignantes ioniennes. Roger abonde: «J'ai enseigné en Inde, en Birmanie, en Amérique latine et c'est beaucoup plus facile quand il y a du respect et de la politesse. Iona est remarquable pour ça!»
Dragosh, le professeur d'arts plastiques, doit lui aussi faire de l'éducation auprès des parents, lesquels ont souvent tout quitté pour miser sur l'avenir de leurs enfants: «Ils ne voient pas les arts d'un très bon oeil et ne veulent pas que leur enfant devienne un artiste. Je suis d'accord avec eux. Je ne veux pas créer des artistes qui vont aller à la rue se chercher du BS. Par contre, je peux expliquer aux parents que même en médecine ou en architecture, leur enfant doit avoir une compréhension des volumes et de l'espace, développer sa créativité, sa motricité, son sens de l'observation. Cette génération n'est plus capable de tenir un crayon et n'a plus aucun contact avec la matière! Ils en ont même dédain. Ils se battent à coups de joy sticks!»
En attendant le retour en classe, l'été sera long comme une journée sans joy stick pour les Ioniens. Il n'y a que leurs professeurs qui sauteront de joie en entendant sonner la cloche des vacances...
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Retrouvé: mon passeport québécois (Guides de voyage Ulysse, 9,95 $). On y fournit des explications de base sur le pays et sa géographie. La langue officielle: le français. La fête nationale, une fête païenne associée au solstice d'été reprise par Ludger Duvernay, le 24 juin 1834, et devenue fête officielle en 1977. La population québécoise: de tout mais à l'origine des autochtones auxquels se sont joints des Français, puis des immigrants britanniques et américains. Sur la chicane, rien... Un must pour tous les immigrants qui débarquent mais je n'essaierais pas d'aller à Plattsburgh avec ça.
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Songé: à inscrire mon B à l'école du samedi. Sans blague, faudrait peut-être s'y mettre et leur donner des cours de «québécois», leur patois, leur culture, leurs ancêtres, leur cuisine, leur religion, leur faune et leur flore. Des fois qu'ils l'oublieraient en chemin...
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Aimé: La Rue de Garmann, de Stian Hole (Albin Michel jeunesse), une histoire d'amitié entre le jeune Garmann, collectionneur de plantes, et l'homme aux timbres, un postier à la retraite. Y a aussi le méchant Roy qui pousse Garmann à faire des bêtises. Le triomphe de la bonté sur l'intimidation. À partir de six ans. Magnifiquement illustré par l'auteur.
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Adoré: le livre Le Bonheur, c'est quoi? (Nathan), d'Oscar Brenifier (dessins de Catherine Meurisse). Un jour, j'aimerais bien enseigner la philo aux enfants du primaire. Ce livre aborde la vaste question du bonheur en leur posant des questions et en offrant des pistes de réflexion. Peut-on se tromper en croyant être heureux? Peut-on être heureux sans le savoir? Certains bonheurs parlent-ils plus à ta tête qu'à ton coeur? Dois-tu chercher à être heureux à tout prix? Toutes sortes de questions que les adultes pourraient se poser aussi.
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Découvert: À moitié, un album de Bernard Friot et Anne Herbauts (La Martinière jeunesse) sur le thème de la solidarité et de la quête d'identité. Monsieur Léon a tout perdu, un bras, une jambe, la moitié du visage, et va faire des rencontres étonnantes avant de retrouver ses moitiés. À partir de cinq ans.
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Souri: devant l'album Il n'y a pas d'autruches dans les contes de fées, de Gilles Bachelet (Seuil Jeunesse). Les dessins magnifiques, mettant en vedette l'autruche, revisitent tous les contes traditionnels comme Le Petit Chaperon rouge, Peau d'âne, Riquet à la houppe, La Belle et la Bête, Le Chat Botté et Les Trois Petits Cochons. Superbe album fantaisiste pour les 5 à 105 ans.
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Vu: le film Là-Haut en 3D de Pixar (avec les voix de Charles Aznavour et de Rachid Badouri!). Un monsieur pleurait derrière ses lunettes près de moi. Les enfants riaient. Moi, j'ai fait un peu des deux. Magnifique histoire de révolte du vieillard condamné à la maison de retraite, pleine d'hélium, mais c'est pas donné, à cause du 3D.
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