Far West ou Sud-Ouest?
Siegfried L. Mathelet - Petite Bourgogne, Montréal
18 juin 2009
Dimanche soir, dans le quartier Petite Bourgogne est survenu le treizième homicide sur le territoire de Montréal depuis le début de l'année. Dans un petit quadrilatère qui ne dépasse pas deux coins de rue vers le sud et deux coins de rue vers l'ouest, les échanges de coups de feu sont fréquents depuis le début de l'année. D'ailleurs, depuis 2007, ce quartier a eu plus que son lot d'homicides.
Ce portrait désolant n'est pas sans conséquence pour l'avenir du quartier. Et ces conséquences appellent des actions immédiates.
Nous pensons particulièrement aux enfants qui grandissent dans ce quartier, l'avant-dernière fusillade ayant eu lieu près des balançoires d'une aire de jeu pour les tout-petits. L'intrusion du milieu de vie par une violence meurtrière peut déjà être extrêmement traumatisante pour un adulte. Que penser des conséquences sur les enfants, en plein développement psychologique et moral?
La résolution de conflits armés, où qu'ils soient, est une entreprise de longue haleine. Surtout, c'est une entreprise que nous ne pouvons pas laisser au hasard. Le Sud-Ouest est un quartier dynamique, capable d'initiative citoyenne. C'est un quartier qui peut se prendre en main.
Le problème n'est pas unique non plus. Il existe dans d'autres quartiers et d'autres villes. Il est largement étudié par le Centre international de prévention du crime, qui siège à Montréal. Ici comme ailleurs, il faut favoriser la reprise en main du milieu par le milieu. Il faut soutenir les initiatives populaires qui vont dans ce sens. Et surtout, donner aux citoyens les moyens de réussir.
Entre autres, et nous ne le répéterons jamais assez, il faut donner aux jeunes des solutions de remplacement au désoeuvrement, aux gangs criminalisés et à la violence. Déjà, ce ne sera pas possible si les aires de jeux — là où les tout-petits vont s'amuser — sont le théâtre de (multiples) crimes violents. La communauté doit reprendre possession de son territoire.
Ensuite, une fois passé l'âge des balançoires, il faut encore proposer aux jeunes des activités constructives. Car on ne devient pas adulte à douze ans. Et sans infantiliser les adolescents, au contraire, il faut les accompagner vers l'âge adulte et la responsabilité citoyenne.
Concrètement, offrir des activités artistiques et sportives a démontré une certaine efficacité. Celles-ci offrent l'occasion aux jeunes et aux moins jeunes de s'exprimer. Et l'activité physique permet également de canaliser l'agressivité.
Ces deux types d'activités sont structurantes pour le développement personnel. Elles permettent de se fixer des objectifs et de les réaliser. Donc, de se définir en tant que personne par des moyens positifs; ce qui manque souvent aux personnes qui sombrent dans la toxicomanie, les gangs criminalisés et la violence.
De plus, le cadre de ces activités est un lieu propice à l'éducation citoyenne. C'est-à-dire à l'apprentissage, dans un premier temps, de mécanismes pacifiques et concertés de résolution de conflits qui sont essentiels, par la suite, pour apprendre à s'entendre pacifiquement sur des objectifs communs et pour apprendre à vivre ensemble.
Dans l'ensemble, ces méthodes ne sont pas nouvelles. La communauté déploie déjà des efforts en ce sens. Le programme Tandem et le Burgundy Urban Mediation Group (BUMP) en sont des exemples. Mais il faut encore encourager, multiplier et, surtout, soutenir ces initiatives.
Bref, c'est maintenant aux intervenants politiques de se prononcer sur la mise en oeuvre de solutions déjà développées pour réduire la violence à moyen et long termes. Car il ne suffit pas d'aménager l'environnement physique et de mettre des lumières dans les parcs pour augmenter le sentiment de sécurité. Il faut aussi encadrer, éduquer et promouvoir une culture citoyenne. Car nous ne pouvons tolérer cette violence du seul fait qu'elle ne touche que des jeunes déjà criminalisés souvent issus de milieux défavorisés et appartenant à des minorités visibles.
À l'approche des élections montréalaises, va-t-on nous proposer quelque chose qui dépasse l'interdiction de se voiler le visage ou de manifester dans les parcs? Quelque chose qui soit vraiment structurant et de nature à rétablir un climat de sécurité dans le quartier?
Nous ne pouvons que le souhaiter, car, si la vapeur n'est pas renversée rapidement, tout semble propice à ce que s'installe durablement un nouveau cycle de violence meurtrière.
Ce portrait désolant n'est pas sans conséquence pour l'avenir du quartier. Et ces conséquences appellent des actions immédiates.
Nous pensons particulièrement aux enfants qui grandissent dans ce quartier, l'avant-dernière fusillade ayant eu lieu près des balançoires d'une aire de jeu pour les tout-petits. L'intrusion du milieu de vie par une violence meurtrière peut déjà être extrêmement traumatisante pour un adulte. Que penser des conséquences sur les enfants, en plein développement psychologique et moral?
La résolution de conflits armés, où qu'ils soient, est une entreprise de longue haleine. Surtout, c'est une entreprise que nous ne pouvons pas laisser au hasard. Le Sud-Ouest est un quartier dynamique, capable d'initiative citoyenne. C'est un quartier qui peut se prendre en main.
Le problème n'est pas unique non plus. Il existe dans d'autres quartiers et d'autres villes. Il est largement étudié par le Centre international de prévention du crime, qui siège à Montréal. Ici comme ailleurs, il faut favoriser la reprise en main du milieu par le milieu. Il faut soutenir les initiatives populaires qui vont dans ce sens. Et surtout, donner aux citoyens les moyens de réussir.
Entre autres, et nous ne le répéterons jamais assez, il faut donner aux jeunes des solutions de remplacement au désoeuvrement, aux gangs criminalisés et à la violence. Déjà, ce ne sera pas possible si les aires de jeux — là où les tout-petits vont s'amuser — sont le théâtre de (multiples) crimes violents. La communauté doit reprendre possession de son territoire.
Ensuite, une fois passé l'âge des balançoires, il faut encore proposer aux jeunes des activités constructives. Car on ne devient pas adulte à douze ans. Et sans infantiliser les adolescents, au contraire, il faut les accompagner vers l'âge adulte et la responsabilité citoyenne.
Concrètement, offrir des activités artistiques et sportives a démontré une certaine efficacité. Celles-ci offrent l'occasion aux jeunes et aux moins jeunes de s'exprimer. Et l'activité physique permet également de canaliser l'agressivité.
Ces deux types d'activités sont structurantes pour le développement personnel. Elles permettent de se fixer des objectifs et de les réaliser. Donc, de se définir en tant que personne par des moyens positifs; ce qui manque souvent aux personnes qui sombrent dans la toxicomanie, les gangs criminalisés et la violence.
De plus, le cadre de ces activités est un lieu propice à l'éducation citoyenne. C'est-à-dire à l'apprentissage, dans un premier temps, de mécanismes pacifiques et concertés de résolution de conflits qui sont essentiels, par la suite, pour apprendre à s'entendre pacifiquement sur des objectifs communs et pour apprendre à vivre ensemble.
Dans l'ensemble, ces méthodes ne sont pas nouvelles. La communauté déploie déjà des efforts en ce sens. Le programme Tandem et le Burgundy Urban Mediation Group (BUMP) en sont des exemples. Mais il faut encore encourager, multiplier et, surtout, soutenir ces initiatives.
Bref, c'est maintenant aux intervenants politiques de se prononcer sur la mise en oeuvre de solutions déjà développées pour réduire la violence à moyen et long termes. Car il ne suffit pas d'aménager l'environnement physique et de mettre des lumières dans les parcs pour augmenter le sentiment de sécurité. Il faut aussi encadrer, éduquer et promouvoir une culture citoyenne. Car nous ne pouvons tolérer cette violence du seul fait qu'elle ne touche que des jeunes déjà criminalisés souvent issus de milieux défavorisés et appartenant à des minorités visibles.
À l'approche des élections montréalaises, va-t-on nous proposer quelque chose qui dépasse l'interdiction de se voiler le visage ou de manifester dans les parcs? Quelque chose qui soit vraiment structurant et de nature à rétablir un climat de sécurité dans le quartier?
Nous ne pouvons que le souhaiter, car, si la vapeur n'est pas renversée rapidement, tout semble propice à ce que s'installe durablement un nouveau cycle de violence meurtrière.
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