Éducation: tolérer l'intorérable?
Le 11 juin dernier, le professeur Pierre Anctil publiait une lettre ouverte dans ces pages à propos de la «nouvelle ronde de négociations entre le ministère de l'Éducation et certaines écoles hassidiques».
Personne ne reprochera au professeur Anctil de s'intéresser à l'histoire de la communauté hassidique établie au Québec depuis le début du XXe siècle ou d'avoir traduit du yiddish les souvenirs d'Israël Medresh, un jeune juif d'Europe de l'Est débarqué à Montréal en 1916. Au contraire, il est fort instructif de découvrir et de comprendre les rapports entre la communauté juive et les Québécois francophones depuis leurs premiers contacts.
Par contre, quand sa fascination pour la secte hassidique se transforme en un serment d'allégeance inconditionnel qui l'amène à justifier le jusqu'au-boutisme fanatique, rien ne va plus.
Il est important de comprendre les motivations profondes qui ont amené les hassidim à se replier sur eux-mêmes, à vivre en reclus au milieu d'une société qu'ils abhorrent ouvertement. Les raisons historiques évoquées par M. Anctil sont extrêmement dramatiques, mais pendant combien de siècles encore les sociétés occidentales devront-elles battre la coulpe et faire amende honorable? Il n'y a aucune raison pour la société d'accueil de se plier aux préceptes ultrareligieux de cette frange orthodoxe de la communauté juive. La démocratie ne peut céder à la théocratie d'une minorité sans bafouer les droits de tous, y compris les droits des enfants que sont les petits hassidim.
Que les dirigeants de sectes hassidiques soient ou non motivés par un isolationnisme malveillant ou par un mépris des lois du pays comme le réfute M. Anctil, il n'en demeure pas moins que des ultrareligieux influents font manifestement fi des lois et règlements qui s'appliquent à toutes les autres communautés, qu'elles soient de souche ou non. Doit-on tolérer l'intolérable? Doit-on leur permettre de créer leur propre «apartheid» avec la complicité de certains élus alors que nous décrions et sanctionnons l'abject phénomène partout ailleurs sur la planète?
En matière de scolarisation, Pierre Anctil avance que les rabbins hassidiques ne rejettent pas les exigences officielles. L'excuse pour ne pas se conformer résiderait dans le fait qu'une fois le rigoureux programme judaïque injecté dans le cerveau de leurs jeunes, il ne reste plus suffisamment de temps dans la journée pour le superflu théorique exigé par le ministère. C'est vrai que même pour les pieux hommes, les journées n'ont que 24 heures!
M. Anctil met en garde la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Il insinue qu'elle perd son temps à négocier avec les rabbins un contrat qui les engagerait à respecter le cursus du ministère, dont le cours d'éthique et de culture religieuse. Ce dernier cours violerait supposément la liberté de conscience des juifs de confession hassidique. Mais que faites-vous, M. Anctil, du droit à l'éducation et de celui de devenir un citoyen éclairé à part entière qui ne vive pas aux crochets de la société qui l'accueille et qui lui offre les subventions à l'éducation?
Avez-vous lu le rapport annuel 2008 de la Banque d'Israël qui révèle que seuls 32 % des hommes de la communauté ultraorthodoxe israélienne occupaient un emploi en 2007? Chez nous, le pourcentage de ces hommes en noir sur le marché du travail équivaudrait au nombre de nos... décrocheurs. Que cela nous vaudra-t-il dans quelques années? [...] Pendant combien de temps encore, M. Anctil, endosserez-vous béatement les conséquences de cette redoutable réalité appréhendée?
S'il faut une bataille juridique, que les autorités ne s'en laissent pas imposer, car si certains dirigeants hassidiques ne respectent pas nos lois, ils les utilisent à souhait pour atteindre leurs fins. Ce n'est qu'en abdiquant devant les ultraorthodoxes que nous perdrons vraisemblablement tous, collectivement.
Personne ne reprochera au professeur Anctil de s'intéresser à l'histoire de la communauté hassidique établie au Québec depuis le début du XXe siècle ou d'avoir traduit du yiddish les souvenirs d'Israël Medresh, un jeune juif d'Europe de l'Est débarqué à Montréal en 1916. Au contraire, il est fort instructif de découvrir et de comprendre les rapports entre la communauté juive et les Québécois francophones depuis leurs premiers contacts.
Par contre, quand sa fascination pour la secte hassidique se transforme en un serment d'allégeance inconditionnel qui l'amène à justifier le jusqu'au-boutisme fanatique, rien ne va plus.
Il est important de comprendre les motivations profondes qui ont amené les hassidim à se replier sur eux-mêmes, à vivre en reclus au milieu d'une société qu'ils abhorrent ouvertement. Les raisons historiques évoquées par M. Anctil sont extrêmement dramatiques, mais pendant combien de siècles encore les sociétés occidentales devront-elles battre la coulpe et faire amende honorable? Il n'y a aucune raison pour la société d'accueil de se plier aux préceptes ultrareligieux de cette frange orthodoxe de la communauté juive. La démocratie ne peut céder à la théocratie d'une minorité sans bafouer les droits de tous, y compris les droits des enfants que sont les petits hassidim.
Que les dirigeants de sectes hassidiques soient ou non motivés par un isolationnisme malveillant ou par un mépris des lois du pays comme le réfute M. Anctil, il n'en demeure pas moins que des ultrareligieux influents font manifestement fi des lois et règlements qui s'appliquent à toutes les autres communautés, qu'elles soient de souche ou non. Doit-on tolérer l'intolérable? Doit-on leur permettre de créer leur propre «apartheid» avec la complicité de certains élus alors que nous décrions et sanctionnons l'abject phénomène partout ailleurs sur la planète?
En matière de scolarisation, Pierre Anctil avance que les rabbins hassidiques ne rejettent pas les exigences officielles. L'excuse pour ne pas se conformer résiderait dans le fait qu'une fois le rigoureux programme judaïque injecté dans le cerveau de leurs jeunes, il ne reste plus suffisamment de temps dans la journée pour le superflu théorique exigé par le ministère. C'est vrai que même pour les pieux hommes, les journées n'ont que 24 heures!
M. Anctil met en garde la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Il insinue qu'elle perd son temps à négocier avec les rabbins un contrat qui les engagerait à respecter le cursus du ministère, dont le cours d'éthique et de culture religieuse. Ce dernier cours violerait supposément la liberté de conscience des juifs de confession hassidique. Mais que faites-vous, M. Anctil, du droit à l'éducation et de celui de devenir un citoyen éclairé à part entière qui ne vive pas aux crochets de la société qui l'accueille et qui lui offre les subventions à l'éducation?
Avez-vous lu le rapport annuel 2008 de la Banque d'Israël qui révèle que seuls 32 % des hommes de la communauté ultraorthodoxe israélienne occupaient un emploi en 2007? Chez nous, le pourcentage de ces hommes en noir sur le marché du travail équivaudrait au nombre de nos... décrocheurs. Que cela nous vaudra-t-il dans quelques années? [...] Pendant combien de temps encore, M. Anctil, endosserez-vous béatement les conséquences de cette redoutable réalité appréhendée?
S'il faut une bataille juridique, que les autorités ne s'en laissent pas imposer, car si certains dirigeants hassidiques ne respectent pas nos lois, ils les utilisent à souhait pour atteindre leurs fins. Ce n'est qu'en abdiquant devant les ultraorthodoxes que nous perdrons vraisemblablement tous, collectivement.
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