Libre opinion: Les jeunes ne votent pas. Pourquoi?
Patrick Lebel - Président du Conseil permanent de la jeunesse
14 avril 2003
À quelques jours du scrutin, une incertitude se présente: les jeunes se déplaceront-ils en grand nombre pour exercer leur droit de vote? Et si ce n'est pas le cas, sont-ils désintéressés complètement de la politique? Il importe peut-être, à la veille du rendez-vous électoral, d'attaquer la question de front. Et de faire tomber certains mythes.
En fait, les jeunes s'engagent aussi, plus que jamais. Il existe des centaines d'associations étudiantes secondaires, collégiales et universitaires.
Des milliers de jeunes s'engagent dans les nouveaux mouvements amenés par la mondialisation. Rappelons-nous le Sommet des Amériques. Sans compter le bénévolat, les ailes jeunesse des partis politiques, les regroupements syndicaux jeunesse: des lieux de participation citoyenne qui n'existaient pas il y a encore quelques années.
En fait, pas moins de 1600 organismes jeunesse sont répertoriés par le Conseil permanent de la jeunesse.
Les jeunes ne boudent pas plus la politique provinciale. Mais des nuances s'imposent. S'ils se déplacent moins pour voter, ils ne ratent pas souvent l'occasion de parler politique. De croire que les jeunes Québécois et les jeunes Québécoises s'intéressent moins à la politique que leurs aînés est en effet une fausse conception de la réalité. L'étude électorale canadienne 2000 le montre: 23,5 % des Québécois de 18-35 ans affirment avoir participé fréquemment à des discussions sur les élections, comparativement à 18,3 % des 36-55 ans et 17,2 % des 56 ans et plus.
Mais attention: ils votent moins que leurs aînés. Toujours selon cette étude, 75,6 % des jeunes de 18-35 ans ont dit avoir voté lors de la dernière élection fédérale, comparativement à 84,4 % des 36-55 ans et 93,9 % des 56 ans et plus. Il n'existe pas de chiffres concernant les élections provinciales. Mais, selon un sondage du journal étudiant L'Exemplaire de l'Université Laval, réalisé auprès de 152 étudiants, un étudiant sur quatre n'ira pas voter aujourd'hui.
Alors pourquoi l'intérêt des jeunes envers la politique ne se manifeste-t-il pas nécessairement le jour du vote? Les jeunes sont-ils plus cyniques? Ont-ils moins confiance en la classe politique? Les enjeux électoraux sont-ils à la hauteur de leurs attentes? Ou bien les candidats touchent-ils moins les jeunes lors des élections?
D'autres forces
«Qu'est-ce ça change?» Voilà une question qui revient souvent dans l'esprit des jeunes le jour du vote. Ils ne croient pas que leur voix puisse faire une différence. Ils ne perçoivent pas comment leur choix peut influencer l'échiquier politique, à une époque aussi où d'autres forces bien plus importantes que la leur, internationales et économiques celles-là, peuvent le faire.
Mais le CPJ exhorte les jeunes à se rendre aux urnes. «Chaque vote compte», ce n'est pas un cliché. Il faut se rappeler la dernière élection américaine: George W. Bush a pris le pouvoir par quelques milliers de voix. La situation internationale serait-elle la même aujourd'hui si plus d'Américains s'étaient prévalus de leur droit de vote?
Le deuxième tour des élections présidentielles françaises de 2002 a montré les jeunes sortant massivement dans la rue pour protester contre la montée du parti de Jean-Marie Le Pen, le Front national. Un mouvement spontané de la part d'une jeunesse française consciente et soucieuse de l'avenir de sa nation, et qui a pris conscience de l'importance de son vote.
Plus près d'ici, le référendum de 1995 s'est soldé par une différence de quelques milliers de voix. L'écart entre le Oui et le Non était inférieur au nombre de bulletins rejetés! Ces exemples prouvent que chaque vote a son importance. Même pris isolément.
La vague de cynisme touche peut-être davantage la jeunesse. Les jeunes aujourd'hui sont pragmatiques, réalistes, conscients. Ils comprennent bien les enjeux qui influencent leur existence et leur environnement. Ils s'informent autant de l'actualité nationale qu'internationale.
Alors pour eux, les discours creux, les lieux communs, les promesses sans lendemain, ils n'en ont cure.
Ils se disent également qu'un parti politique ou un autre, c'est du pareil au même. Pourtant, chaque formation politique porte un projet politique bien défini. La prochaine campagne électorale met d'ailleurs en scène des partis qui sont loin de véhiculer la même idéologie.
Dès lors, autant les jeunes ont le devoir de s'informer sur ce que présente chaque parti politique, autant les candidats et les candidates doivent informer les jeunes sur ce qu'ils proposent pour l'avenir de la société québécoise. Les jeunes forment en effet 20 % de l'électorat, une donnée que les hommes et les femmes politiques ne devraient pas sous-estimer.
Le paradigme des jeunes et de la politique doit donc évoluer. Les jeunes doivent prendre leur place! Ils doivent investir plus que jamais les lieux de pouvoir pour promouvoir leurs idées, influencer leur environnement. Ils doivent poursuivre une tradition démocratique forte qui doit être nourrie de débats riches et porteurs.
Pour ce, les liens de confiance entre le politique et la société doivent être ressoudés. Les jeunes doivent être ces porteurs de ce nouvel idéal démocratique.
En fait, les jeunes s'engagent aussi, plus que jamais. Il existe des centaines d'associations étudiantes secondaires, collégiales et universitaires.
Des milliers de jeunes s'engagent dans les nouveaux mouvements amenés par la mondialisation. Rappelons-nous le Sommet des Amériques. Sans compter le bénévolat, les ailes jeunesse des partis politiques, les regroupements syndicaux jeunesse: des lieux de participation citoyenne qui n'existaient pas il y a encore quelques années.
En fait, pas moins de 1600 organismes jeunesse sont répertoriés par le Conseil permanent de la jeunesse.
Les jeunes ne boudent pas plus la politique provinciale. Mais des nuances s'imposent. S'ils se déplacent moins pour voter, ils ne ratent pas souvent l'occasion de parler politique. De croire que les jeunes Québécois et les jeunes Québécoises s'intéressent moins à la politique que leurs aînés est en effet une fausse conception de la réalité. L'étude électorale canadienne 2000 le montre: 23,5 % des Québécois de 18-35 ans affirment avoir participé fréquemment à des discussions sur les élections, comparativement à 18,3 % des 36-55 ans et 17,2 % des 56 ans et plus.
Mais attention: ils votent moins que leurs aînés. Toujours selon cette étude, 75,6 % des jeunes de 18-35 ans ont dit avoir voté lors de la dernière élection fédérale, comparativement à 84,4 % des 36-55 ans et 93,9 % des 56 ans et plus. Il n'existe pas de chiffres concernant les élections provinciales. Mais, selon un sondage du journal étudiant L'Exemplaire de l'Université Laval, réalisé auprès de 152 étudiants, un étudiant sur quatre n'ira pas voter aujourd'hui.
Alors pourquoi l'intérêt des jeunes envers la politique ne se manifeste-t-il pas nécessairement le jour du vote? Les jeunes sont-ils plus cyniques? Ont-ils moins confiance en la classe politique? Les enjeux électoraux sont-ils à la hauteur de leurs attentes? Ou bien les candidats touchent-ils moins les jeunes lors des élections?
D'autres forces
«Qu'est-ce ça change?» Voilà une question qui revient souvent dans l'esprit des jeunes le jour du vote. Ils ne croient pas que leur voix puisse faire une différence. Ils ne perçoivent pas comment leur choix peut influencer l'échiquier politique, à une époque aussi où d'autres forces bien plus importantes que la leur, internationales et économiques celles-là, peuvent le faire.
Mais le CPJ exhorte les jeunes à se rendre aux urnes. «Chaque vote compte», ce n'est pas un cliché. Il faut se rappeler la dernière élection américaine: George W. Bush a pris le pouvoir par quelques milliers de voix. La situation internationale serait-elle la même aujourd'hui si plus d'Américains s'étaient prévalus de leur droit de vote?
Le deuxième tour des élections présidentielles françaises de 2002 a montré les jeunes sortant massivement dans la rue pour protester contre la montée du parti de Jean-Marie Le Pen, le Front national. Un mouvement spontané de la part d'une jeunesse française consciente et soucieuse de l'avenir de sa nation, et qui a pris conscience de l'importance de son vote.
Plus près d'ici, le référendum de 1995 s'est soldé par une différence de quelques milliers de voix. L'écart entre le Oui et le Non était inférieur au nombre de bulletins rejetés! Ces exemples prouvent que chaque vote a son importance. Même pris isolément.
La vague de cynisme touche peut-être davantage la jeunesse. Les jeunes aujourd'hui sont pragmatiques, réalistes, conscients. Ils comprennent bien les enjeux qui influencent leur existence et leur environnement. Ils s'informent autant de l'actualité nationale qu'internationale.
Alors pour eux, les discours creux, les lieux communs, les promesses sans lendemain, ils n'en ont cure.
Ils se disent également qu'un parti politique ou un autre, c'est du pareil au même. Pourtant, chaque formation politique porte un projet politique bien défini. La prochaine campagne électorale met d'ailleurs en scène des partis qui sont loin de véhiculer la même idéologie.
Dès lors, autant les jeunes ont le devoir de s'informer sur ce que présente chaque parti politique, autant les candidats et les candidates doivent informer les jeunes sur ce qu'ils proposent pour l'avenir de la société québécoise. Les jeunes forment en effet 20 % de l'électorat, une donnée que les hommes et les femmes politiques ne devraient pas sous-estimer.
Le paradigme des jeunes et de la politique doit donc évoluer. Les jeunes doivent prendre leur place! Ils doivent investir plus que jamais les lieux de pouvoir pour promouvoir leurs idées, influencer leur environnement. Ils doivent poursuivre une tradition démocratique forte qui doit être nourrie de débats riches et porteurs.
Pour ce, les liens de confiance entre le politique et la société doivent être ressoudés. Les jeunes doivent être ces porteurs de ce nouvel idéal démocratique.
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