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Insinuations erronées

Laure Waridel - Île Verte, juin 2009  9 juin 2009 
Dans Le Devoir des 30 et 31 mai dernier, Jean-François Nadeau écrivait à mon sujet: «Qui s'étonne que la douce Laure Waridel, papesse de l'"équitable" local, devienne porte-parole d'une institution financière comme Desjardins, en attendant avec impatience l'érection, au centre-ville de Montréal, du complexe très écologique de son entreprise?»

D'abord, je ne suis pas porte-parole de Desjardins. J'ai été porte-parole de la campagne pour l'investissement responsable de la Caisse d'économie solidaire Desjardins. Chacune des 513 caisses du Mouvement Desjardins est une coopérative de services financiers qui appartient à ses membres et fonctionne de façon démocratique avec des objectifs et des principes coopératifs. Distincte, la Caisse d'économie solidaire est un levier pour le développement de l'économie sociale au Québec, et ce, depuis sa fondation à l'initiative de la CSN en 1971.

Le fait que votre journaliste ignore qu'au sein de Desjardins existe une diversité d'initiatives pouvant être aussi progressistes que la Caisse d'économie solidaire m'apparaît déjà une raison suffisante pour aborder le projet de cette banque solidaire sur la place publique. Les Québécoises et Québécois devraient savoir que cette institution exemplaire est à l'avant-garde de la construction d'une économie durable. Il n'y a donc pas de quoi s'étonner que je sois membre de cette coopérative et que j'aie envie de la faire connaître.

Quant à l'allusion au projet de Maison du développement durable d'Équiterre au centre-ville de Montréal, permettez-moi de préciser qu'Équiterre est une organisation sans but lucratif et non pas «mon entreprise», comme l'écrit M. Nadeau. Cet édifice, qui sera l'un des plus écologiques au Canada, est un projet porté à bout de bras par plusieurs organisations, pas seulement par Équiterre. Un ou deux clics sur Google auraient permis de découvrir qu'il y a plus de deux ans que je ne suis plus à la tête de cette organisation, ni même employée. Je suis devenue simple membre, comme des milliers d'autres qui croient que la société civile a un rôle crucial à jouer pour assurer une suite du monde plus écologique et plus solidaire.

Je trouve désolant de gaspiller encre et papier à faire circuler des insinuations (erronées en plus) alors qu'il y a tant d'enjeux urgents qui méritent d'être discutés sur la place publique. Est-ce de la paresse intellectuelle? Est-ce simplement de l'aigreur? À moins que ce ne soit un manque de rigueur... ou de coeur?
 
 
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