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Non au nom de l'inclusion et de l'intégration

16 mai 2009 
Après de longs débats et un long combat mené par plusieurs de nos concitoyens et concitoyennes, les Québécois ont tranché: les dénominateurs communs de la nation québécoise moderne sont que celle-ci soit plurielle, francophone, laïque et respectueuse de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Cela dit, la pratique religieuse, les rites qui l'accompagnent, les symboles arborés par les croyants font partie de la sphère privée et nul ne conteste les droits qui en assurent l'expression.

Cependant, les agents de l'État (secteurs public et parapublic) dans l'exercice de leurs fonctions agissent dans la sphère publique, au nom de l'État, institution laïque. Le port de signes religieux ostentatoires par ces agents porte ainsi atteinte au principe de la séparation de l'Église et de l'État en plus de compromettre leur indépendance et leur neutralité à l'égard des clientèles qu'ils desservent. Voilà pour la question de la laïcité.

Égalité hommes-femmes

En ce qui concerne l'égalité entre les femmes et les hommes, ces signes ostentatoires sont inacceptables lorsqu'ils symbolisent la soumission des femmes aux hommes ou toute forme de discrimination sexuelle.

C'est pour ces deux raisons que le Parti québécois appuie la position défendue par le Conseil du statut de la femme qui, en 2007, recommandait que «les représentants et les représentantes ou les fonctionnaires de l'État ne puissent arborer de signes religieux ostentatoires dans le cadre de leur travail».

D'ailleurs, si, comme l'avait proposé le Parti québécois, à l'occasion de la modification l'année dernière de la Charte des droits et libertés, le gouvernement avait accepté d'introduire minimalement trois des éléments tirés de l'article 12 du projet de loi sur l'identité — qui se lit comme suit: «dans l'interprétation de la présente Charte, il doit être tenu compte du patrimoine historique et des valeurs fondamentales de la nation québécoise, notamment de l'importance d'assurer la prédominance de la langue française, de protéger et de promouvoir la culture québécoise, de garantir l'égalité entre les femmes et les hommes et de préserver la laïcité des institutions publiques» —, le débat actuel serait sûrement mieux engagé ou encore n'aurait tout simplement pas cours.

Lieux rassembleurs

Tout comme la Fédération des femmes du Québec, nous croyons à la nécessaire intégration des femmes (et des hommes) à la société québécoise, quelles que soient leur origine ou leur croyance. Mais nous sommes persuadées que la meilleure façon d'y parvenir, c'est en les accueillant personnellement, en leur permettant de se franciser le plus rapidement et le mieux possible, en reconnaissant leurs acquis professionnels et leurs diplômes et non en autorisant le port des symboles religieux dans la fonction publique et parapublique, ce qui constitue, de notre point de vue, une entrave à leur pleine intégration.

Car il doit y avoir dans notre société des lieux où nos différences s'estompent, des lieux qui nous rassemblent au lieu de nous diviser. Ce premier espace civique inclusif est tout naturellement celui du service de l'État, une sphère dans laquelle les règles de la vie commune sont laïques. Et les modalités d'exercice de ce service doivent, pour en assurer l'intégrité, être compatibles avec la nature même des valeurs communes qui sont aux fondements de l'action de l'État.






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