dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 00h48
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Lever le voile

Guy Demers - Le 14 mai 2002  15 mai 2009 
Que dire de plus que ce qui a déjà été dit sur la question du port du voile dans notre société? Dans le respect des libertés et des personnes, bien entendu, sans se lasser du discours de tolérance et des belles manières, mais en se rappelant aussi que les êtres humains sont ce qu'ils sont: des anges adorables, mais aussi des bêtes dont il faut se méfier.

Commençons par dire qu'il ne s'agit pas d'empêcher quiconque de montrer la couleur de sa peau, de parler sa langue maternelle, de manifester sa croyance la plus intime, de prendre parti pour tel ou tel groupe de genre, de politique ou de religion, quand cela est à titre privé, dans le cadre d'une association où il et elle est invité à le faire. Mais non pas, c'est ici ce qu'il faut comprendre, non pas dans l'exercice d'une fonction publique. Ce serait donner à cette personne la permission ou le droit, même involontaire, mais tout aussi inacceptable, d'abuser de la position de pouvoir ou d'autorité qui lui est confiée, en lui permettant de mettre cette position au service de telle ou telle croyance, idéologie ou opinion politique. Cela vaut pour le port du calicot aussi bien que pour celui du Petit Livre rouge de Mao. Mais cela est toujours plus dangereux quand il s'agit de signes religieux, car on parle ici de liberté de conscience.

Donnons des exemples. Si une personne (homme ou femme) veut porter un voile ou un turban religieux au sport, c'est son affaire, dans la mesure où cela ne l'avantage pas. C'est à la fédération sportive de le déterminer. Mais si cette même personne veut le faire à titre d'entraîneur ou d'entraîneuse, il faudrait dire non. Parce que ce serait donner à la chose un signe d'autorité qui ne lui appartient pas. Prenons encore le cas du médecin ou celui de l'enseignante. La question n'est pas de savoir si un médecin ou une enseignante peut ou ne peut pas manger kasher. Il s'agit de savoir si, dans l'exercice de leurs fonctions, lui et elle peuvent manifester par le port de signes distinctifs leurs opinions politiques, religieuses ou autres, qui n'ont rien à voir avec l'exercice de leurs fonctions, et ainsi, par la situation d'autorité où ils se trouvent influencer la liberté de conscience et de comportement politique, religieuse ou autre des personnes concernées: du malade visité en blouson blanc dans une chambre d'hôpital, ou encore des enfants à qui l'on fait la classe en blouson bleu, rose ou gris à l'école.

Le chemin des petits cailloux blancs de l'histoire des cultures et des religions est fort instructif à suivre. Voir, par exemple, ce que raconte sur toutes ces questions le très savant Claude Lévi-Stauss dans son livre Tristes Tropiques, en particulier le chapitre XXXIX, Taxila.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012