Lettres: Un Nobel qui raisonne à vide
Gilbert Dion - Montréal, le 25 mars 2003
8 avril 2003
J'ai lu avec intérêt la lettre que Georges Leroux a adressée à Elie Wiesel. Toutefois, je comprends mal toute cette déférence ostentatoire pour la pensée de ce Prix Nobel.
Je n'aurais pas mis de gants blancs pour débouter les arguments avancés par M. Wiesel pour justifier l'intervention unilatérale des Américains. Ce sont là de bien faibles thèses, qui reprennent les mots d'ordre de Washington sans leur ajouter aucune légitimité supplémentaire. Son soutien envers Colin Powell est un acte de foi (justement!) difficile à défendre. Le secrétaire d'État s'est totalement discrédité avec sa démonstration Powell Point le 5 février dernier, ses preuves ayant été réfutées par le chef des inspecteurs lui-même. Sans parler du document plagié présenté par Tony Blair et vanté par ce même Powell.
Mais il y a plus qu'un raisonnement creux à l'oeuvre dans le texte de M. Wiesel. Il y a quelques mensonges, dont le plus évident concerne le retrait des inspecteurs de l'ONU en 1998. Non, les inspecteurs de l'UNSCOM n'ont pas été expulsés par Hussein, ils ont été évacués sur ordre du chef des inspecteurs de l'époque, Richard Butler, à la veille d'une intensification des bombardements anglo-américains. Les médias l'avaient alors rapporté sans détour. Mais on a, parfois, la mémoire bien courte! Cette seule fausseté, sous la plume de l'écrivain nobélisé, me suffit pour rejeter tout le reste. Je n'y vois franchement pas matière à «méditer fraternellement». Il faut dire que je ne partage absolument pas le point de vue de M. Leroux concernant l'attaque par l'OTAN de la Yougoslavie. Ce qui me prive, sans doute, du minimum de sympathie pour les «convictions» de M. Wiesel.
Je n'aurais pas mis de gants blancs pour débouter les arguments avancés par M. Wiesel pour justifier l'intervention unilatérale des Américains. Ce sont là de bien faibles thèses, qui reprennent les mots d'ordre de Washington sans leur ajouter aucune légitimité supplémentaire. Son soutien envers Colin Powell est un acte de foi (justement!) difficile à défendre. Le secrétaire d'État s'est totalement discrédité avec sa démonstration Powell Point le 5 février dernier, ses preuves ayant été réfutées par le chef des inspecteurs lui-même. Sans parler du document plagié présenté par Tony Blair et vanté par ce même Powell.
Mais il y a plus qu'un raisonnement creux à l'oeuvre dans le texte de M. Wiesel. Il y a quelques mensonges, dont le plus évident concerne le retrait des inspecteurs de l'ONU en 1998. Non, les inspecteurs de l'UNSCOM n'ont pas été expulsés par Hussein, ils ont été évacués sur ordre du chef des inspecteurs de l'époque, Richard Butler, à la veille d'une intensification des bombardements anglo-américains. Les médias l'avaient alors rapporté sans détour. Mais on a, parfois, la mémoire bien courte! Cette seule fausseté, sous la plume de l'écrivain nobélisé, me suffit pour rejeter tout le reste. Je n'y vois franchement pas matière à «méditer fraternellement». Il faut dire que je ne partage absolument pas le point de vue de M. Leroux concernant l'attaque par l'OTAN de la Yougoslavie. Ce qui me prive, sans doute, du minimum de sympathie pour les «convictions» de M. Wiesel.
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