Lettres: En Irak, c'est la langue que l'on assassine
Guy Cloutier - Écrivain, Québec, le 31 mars 2003
8 avril 2003
J'observe que la guerre états-unienne en Irak s'articule également sur le fond larvé d'une guerre culturelle.
On le sait, la culture états-unienne, fondée essentiellement sur l'individualisme narcissique, aura érigé presque en système la primauté de l'image sur le symbole, de l'émotion sur la réflexion, de la célébration du territoire sur le culte de la mémoire. Cela n'est jamais aussi évident que dans la primauté quasi absolue conférée à la langue orale sur la langue écrite que l'on peut observer dans les dérives de la culture de masse certes, mais aussi dans les champs usuels de la culture autrement conséquente. Il n'est pas anodin de constater que les missiles états-uniens s'abattent aujourd'hui, dévastant toute vie jusqu'à ses racines mêmes, sur la terre qui a vu naître l'écriture, il y a plus de 4000 ans. On pourrait y voir la dérisoire vengeance culturelle du puritanisme, inconsciente sans doute mais on n'y est pas à une inconscience près, s'il n'y avait, par delà l'abyssale cécité culturelle de la junte au pouvoir à Washington, de la souffrance que l'on y sème et parsème à tous vents. Et si cette souffrance-là n'avait pas charge d'âme.
Décidément, cette guerre constitue un véritable déni de civilisation.
On le sait, la culture états-unienne, fondée essentiellement sur l'individualisme narcissique, aura érigé presque en système la primauté de l'image sur le symbole, de l'émotion sur la réflexion, de la célébration du territoire sur le culte de la mémoire. Cela n'est jamais aussi évident que dans la primauté quasi absolue conférée à la langue orale sur la langue écrite que l'on peut observer dans les dérives de la culture de masse certes, mais aussi dans les champs usuels de la culture autrement conséquente. Il n'est pas anodin de constater que les missiles états-uniens s'abattent aujourd'hui, dévastant toute vie jusqu'à ses racines mêmes, sur la terre qui a vu naître l'écriture, il y a plus de 4000 ans. On pourrait y voir la dérisoire vengeance culturelle du puritanisme, inconsciente sans doute mais on n'y est pas à une inconscience près, s'il n'y avait, par delà l'abyssale cécité culturelle de la junte au pouvoir à Washington, de la souffrance que l'on y sème et parsème à tous vents. Et si cette souffrance-là n'avait pas charge d'âme.
Décidément, cette guerre constitue un véritable déni de civilisation.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

