Retournons au vrai débat!
Leila Bdeir - Porte-parole de Présence musulmane Montréal (PMM)
14 mai 2009
Dans un article paru dans Le Devoir du 12 mai, Djemila Benhabib s'en prend à la Fédération des femmes du Québec (FFQ) dont les membres ont voté contre l'interdiction du port des signes religieux ostentatoires par les employées de la fonction publique québécoise. Mme Benhabib y cite «l'alliance» entre la FFQ et certaines associations musulmanes locales, dont Présence musulmane Montréal (PMM).
Évidemment, Présence musulmane Montréal appuie la position prise par la FFQ. Cependant, ses membres présentes à l'assemblée extraordinaire de la FFQ s'y trouvaient à titre individuel. Elles étaient là en tant que femmes, en tant que féministes et en tant que citoyennes québécoises dont l'avenir est indissociable de celui de la société. Accuser la FFQ, comme le fait Mme Benhabib, d'une «compromission avec des mouvements politiques des plus rétrogrades [...]» relève de la fumisterie.
Ainsi traite-t-elle les membres de PMM présentes à Québec de «militantes islamistes». De tels propos témoignent d'une grande ignorance quant au travail de PMM, qui oeuvre sur le terrain social et politique québécois depuis plusieurs années maintenant. [...] Présence musulmane Montréal est un collectif de musulmanes et musulmans qui promeut une citoyenneté participative nourrie d'une compréhension contextualisée de l'islam et d'une identité ouverte, tout en cultivant un vivre-ensemble harmonieux dans notre société. [...]
N'en déplaise à Mme Djamila Benhabib (qui affirme que «seule la propagande des femmes islamistes dominait»), les voix des femmes musulmanes, associées à PMM et autres, étaient peu nombreuses à s'exprimer lors de cette assemblée extraordinaire. La grande majorité des interventions pour la proposition de la FFQ venaient des femmes québécoises dites «de souche» et non pas de musulmanes. Par ailleurs, comme elle le dit elle-même dans son article [...],
Mme Benhabib et plusieurs autres femmes qui s'opposent au port du foulard dans la fonction publique ont pris la parole à de nombreuses reprises afin de faire valoir leur point de vue.
Mais où est le vrai débat? Mme Benhabib voudra peut-être détourner notre attention en évoquant le spectre de l'islamisme. En effet, accuser une personne ou un groupe d'«islamisme» est devenu le moyen privilégié de taire tout débat: coupable! Ainsi, Mme Benhabib s'emploie à cacher son mépris pour les femmes et les associations membres qui étaient présentes le 9 mai à l'assemblée extraordinaire de la Fédération des femmes du Québec en insinuant qu'elles ont été «dupées» par les «islamistes». Toutes les femmes qui ont voté pour la proposition faite par le conseil d'administration de la FFQ seraient-elles des auto-aliénées, privées du libre arbitre et à la solde des dangereuses extrémistes que sont les femmes musulmanes? Si la démarche n'était pas si insultante, elle serait totalement risible.
En effet, au lieu de reconnaître que la résolution adoptée par la FFQ est l'expression même de la liberté de conscience et de choix, des valeurs québécoises dont nous sommes tous et toutes si fiers, et un exercice profondément démocratique, Mme Benhabib s'en fait l'unique garante. [...]
La Fédération des femmes du Québec a tranché, ouvertement et démocratiquement. Elle n'a pas retenu l'alarmisme et les fausses représentations dont Mme Benhabib se fait le porte-parole autoproclamé. Le message est clair: c'est aux femmes elles-mêmes de se définir, de préciser les enjeux de leur combat pour la justice et l'égalité. Tout comme la FFQ vient de le faire.
Évidemment, Présence musulmane Montréal appuie la position prise par la FFQ. Cependant, ses membres présentes à l'assemblée extraordinaire de la FFQ s'y trouvaient à titre individuel. Elles étaient là en tant que femmes, en tant que féministes et en tant que citoyennes québécoises dont l'avenir est indissociable de celui de la société. Accuser la FFQ, comme le fait Mme Benhabib, d'une «compromission avec des mouvements politiques des plus rétrogrades [...]» relève de la fumisterie.
Ainsi traite-t-elle les membres de PMM présentes à Québec de «militantes islamistes». De tels propos témoignent d'une grande ignorance quant au travail de PMM, qui oeuvre sur le terrain social et politique québécois depuis plusieurs années maintenant. [...] Présence musulmane Montréal est un collectif de musulmanes et musulmans qui promeut une citoyenneté participative nourrie d'une compréhension contextualisée de l'islam et d'une identité ouverte, tout en cultivant un vivre-ensemble harmonieux dans notre société. [...]
N'en déplaise à Mme Djamila Benhabib (qui affirme que «seule la propagande des femmes islamistes dominait»), les voix des femmes musulmanes, associées à PMM et autres, étaient peu nombreuses à s'exprimer lors de cette assemblée extraordinaire. La grande majorité des interventions pour la proposition de la FFQ venaient des femmes québécoises dites «de souche» et non pas de musulmanes. Par ailleurs, comme elle le dit elle-même dans son article [...],
Mme Benhabib et plusieurs autres femmes qui s'opposent au port du foulard dans la fonction publique ont pris la parole à de nombreuses reprises afin de faire valoir leur point de vue.
Mais où est le vrai débat? Mme Benhabib voudra peut-être détourner notre attention en évoquant le spectre de l'islamisme. En effet, accuser une personne ou un groupe d'«islamisme» est devenu le moyen privilégié de taire tout débat: coupable! Ainsi, Mme Benhabib s'emploie à cacher son mépris pour les femmes et les associations membres qui étaient présentes le 9 mai à l'assemblée extraordinaire de la Fédération des femmes du Québec en insinuant qu'elles ont été «dupées» par les «islamistes». Toutes les femmes qui ont voté pour la proposition faite par le conseil d'administration de la FFQ seraient-elles des auto-aliénées, privées du libre arbitre et à la solde des dangereuses extrémistes que sont les femmes musulmanes? Si la démarche n'était pas si insultante, elle serait totalement risible.
En effet, au lieu de reconnaître que la résolution adoptée par la FFQ est l'expression même de la liberté de conscience et de choix, des valeurs québécoises dont nous sommes tous et toutes si fiers, et un exercice profondément démocratique, Mme Benhabib s'en fait l'unique garante. [...]
La Fédération des femmes du Québec a tranché, ouvertement et démocratiquement. Elle n'a pas retenu l'alarmisme et les fausses représentations dont Mme Benhabib se fait le porte-parole autoproclamé. Le message est clair: c'est aux femmes elles-mêmes de se définir, de préciser les enjeux de leur combat pour la justice et l'égalité. Tout comme la FFQ vient de le faire.
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