Charest comparé à Godbout - C'est du côté de Duplessis que logeait l'aplaventrisme
Bernard Amyot - Montréal
8 avril 2003
Lors du débat des chefs, Bernard Landry a comparé Jean Charest au premier ministre libéral Adélard Godbout (1939-44), en insinuant tout à fait injustement qu'il représentait la plus basse forme de faiblesse politique dans l'histoire du Québec. Or, de tels propos, prononcés avec le mépris pontificateur dont seul le président du Parti québécois a le secret, dénotent non seulement une hargne qui n'a pas sa place, mais surtout une lecture historique fort inquiétante pour un homme public de son importance.
En effet, on ne profère pas de telles accusations sans réfléchir. C'est difficilement une affirmation qui s'improvise. Or, celle-ci n'a fait l'objet d'aucune question de la part des journalistes dans les jours qui ont suivi. Pourtant, elle est tout à fait injustifiable historiquement à moins de faire l'apologie du rival de Godbout, Maurice Duplessis, à qui les péquistes, René Lévesque en tête, ont érigé une statue sur la colline parlementaire à Québec dans les années 80. Le choix entre Godbout et Duplessis est pourtant très facile.
Période difficile
Godbout gouverna le Québec entre les deux règnes de Duplessis, pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale. Il est à l'origine de l'octroi du droit de vote aux femmes dans la province de Québec. Il est le fondateur d'Hydro-Québec. On lui doit l'instruction publique obligatoire. Il a favorisé la promotion des Canadiens-français en les encourageant à étudier le commerce et la finance.
Il a permis la création du régime d'assurance chômage canadien alors que les provinces n'avaient ni le désir ni les moyens de le mettre sur pied. Duplessis s'y était opposé non pas tant au nom de l'autonomie provinciale que parce qu'il détestait de telles mesures progressistes. Godbout a également encouragé une Fonction publique propre et au service des citoyens.
Pendant ce temps, Duplessis, le clergé et l'intelligentsia locale prônaient un nationalisme étroit et un isolationnisme redoutable qui, contrairement à ce que laisse entendre Monsieur Landry, ne rendait pas le Québec plus fort, mais le faisait plutôt stagner, si ce n'est reculer, sauf pour la rhétorique creuse évidemment.
Les positions rétrogrades du duplessisme devaient d'ailleurs confiner le Québec à un retard qu'il ne pourra presque jamais vraiment rattraper, en dépit des bonds prodigieux que Georges-Émile Lapalme et Jean Lesage, les successeurs de Godbout à la tête du Parti Libéral du Québec, allaient lui permettre d'effectuer après la mort de Duplessis.
En dépit de ce que semble encore penser Bernard Landry, c'est bel et bien Duplessis, et non Godbout, qui était inféodé. C'est Duplessis qui plaidait le repli sur soi et la soumission à l'Église, faisant en sorte de maintenir les Canadiens-français hors des universités, des affaires et de la culture. C'est Duplessis qui vivait à plat ventre dans le sillon du Famille-travail-patrie pétainiste de l'époque.
En juin 1940, Mackenzie-King et Godbout ont appuyé Churchill, De Gaulle et la France libre avec courage et détermination. L'immense majorité des nationalistes québécois de l'époque n'ont adopté De Gaulle que lors d'un certain jour de juillet 1967.
Aujourd'hui, malheureusement, l'hypothèque duplessiste semble encore peser et l'on continue injustement d'injurier la mémoire de Godbout. Il est consternant de penser que Bernard Landry et ses conseillers semblent toujours, soixante ans plus tard, dénigrer leurs adversaires à la manière de Duplessis. Monsieur Landry ne semble pas non plus avoir oublié certaines des façons de gouverner de ce dernier.
Dans les circonstances, comptons que les Québécois de 2003 ne donneront pas au gouvernement usé de Bernard Landry, toujours obsédé par sa vieille idéologie désuète de pseudo-libération, trois mandats successifs comme Duplessis les aurait aimés. Il est temps que ça change. Le choix est simple.
En effet, on ne profère pas de telles accusations sans réfléchir. C'est difficilement une affirmation qui s'improvise. Or, celle-ci n'a fait l'objet d'aucune question de la part des journalistes dans les jours qui ont suivi. Pourtant, elle est tout à fait injustifiable historiquement à moins de faire l'apologie du rival de Godbout, Maurice Duplessis, à qui les péquistes, René Lévesque en tête, ont érigé une statue sur la colline parlementaire à Québec dans les années 80. Le choix entre Godbout et Duplessis est pourtant très facile.
Période difficile
Godbout gouverna le Québec entre les deux règnes de Duplessis, pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale. Il est à l'origine de l'octroi du droit de vote aux femmes dans la province de Québec. Il est le fondateur d'Hydro-Québec. On lui doit l'instruction publique obligatoire. Il a favorisé la promotion des Canadiens-français en les encourageant à étudier le commerce et la finance.
Il a permis la création du régime d'assurance chômage canadien alors que les provinces n'avaient ni le désir ni les moyens de le mettre sur pied. Duplessis s'y était opposé non pas tant au nom de l'autonomie provinciale que parce qu'il détestait de telles mesures progressistes. Godbout a également encouragé une Fonction publique propre et au service des citoyens.
Pendant ce temps, Duplessis, le clergé et l'intelligentsia locale prônaient un nationalisme étroit et un isolationnisme redoutable qui, contrairement à ce que laisse entendre Monsieur Landry, ne rendait pas le Québec plus fort, mais le faisait plutôt stagner, si ce n'est reculer, sauf pour la rhétorique creuse évidemment.
Les positions rétrogrades du duplessisme devaient d'ailleurs confiner le Québec à un retard qu'il ne pourra presque jamais vraiment rattraper, en dépit des bonds prodigieux que Georges-Émile Lapalme et Jean Lesage, les successeurs de Godbout à la tête du Parti Libéral du Québec, allaient lui permettre d'effectuer après la mort de Duplessis.
En dépit de ce que semble encore penser Bernard Landry, c'est bel et bien Duplessis, et non Godbout, qui était inféodé. C'est Duplessis qui plaidait le repli sur soi et la soumission à l'Église, faisant en sorte de maintenir les Canadiens-français hors des universités, des affaires et de la culture. C'est Duplessis qui vivait à plat ventre dans le sillon du Famille-travail-patrie pétainiste de l'époque.
En juin 1940, Mackenzie-King et Godbout ont appuyé Churchill, De Gaulle et la France libre avec courage et détermination. L'immense majorité des nationalistes québécois de l'époque n'ont adopté De Gaulle que lors d'un certain jour de juillet 1967.
Aujourd'hui, malheureusement, l'hypothèque duplessiste semble encore peser et l'on continue injustement d'injurier la mémoire de Godbout. Il est consternant de penser que Bernard Landry et ses conseillers semblent toujours, soixante ans plus tard, dénigrer leurs adversaires à la manière de Duplessis. Monsieur Landry ne semble pas non plus avoir oublié certaines des façons de gouverner de ce dernier.
Dans les circonstances, comptons que les Québécois de 2003 ne donneront pas au gouvernement usé de Bernard Landry, toujours obsédé par sa vieille idéologie désuète de pseudo-libération, trois mandats successifs comme Duplessis les aurait aimés. Il est temps que ça change. Le choix est simple.
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