Climat de siège à Bagdad
Photo : Agence Reuters
Des soldats irakiens se tiennent sur un char américain qui a été détruit dans la banlieue sud de Bagdad, hier, lors de violents affrontements.
Le garrot s'est resserré hier autour de Bagdad — et du président irakien Saddam Hussein — que l'armée américaine veut encercler et que sa population ne peut plus quitter de nuit sur ordre du gouvernement.
Engagés en fin d'après-midi, des combats très intenses se poursuivaient en soirée, notamment dans les faubourgs sud et sud-est de Bagdad, où les violentes déflagrations se succédaient à un rythme quasi ininterrompu, selon un journaliste de l'AFP.
Largement plongée dans l'obscurité, soumise aux bombardements continus, la capitale irakienne a sombré hier dans une atmosphère de siège, avec des habitants terrés chez eux, des rues désertées et le renforcement de la présence de militaires en armes.
Au 18e jour du conflit, le ministre irakien de l'Information a insisté pour sa part sur la résistance opposée par les forces irakiennes aux troupes d'invasion.
Par ailleurs, lors d'un nouveau cas de «tir fratricide», un avion américain a bombardé un convoi transportant des éléments des forces spéciales américaines et des combattants kurdes, tuant 18 Kurdes dont l'interprète du journaliste de la BBC John Simpson. Ce dernier a été légèrement blessé.
D'autre part, sans qu'on sache dans l'immédiat s'il s'agissait d'une «bavure» ou d'une attaque irakienne, un convoi diplomatique russe a été la cible de tirs alors qu'il quittait Bagdad pour la Syrie. Cinq personnes ont été blessées. Pendant ce temps, un officier américain, le colonel Will Grimsley, a déclaré que les forces américaines étaient «sur le point» de contrôler tous les grands axes menant à Bagdad.
Le raid blindé de samedi dans la ville était une «reconnaissance en force», un concept vieux comme la cavalerie. C'est par exemple ce que faisaient les Uhlans prussiens lors de la guerre de 1870. Il s'agit de tester les capacités de la défense de l'adversaire, sans oublier la dimension psychologique. «Sur le champ de bataille, les messages sont cruciaux dans notre stratégie» a reconnu le général Victor Renuart, porte-parole américain. En substance, le message délivré samedi matin est le suivant: «Nous allons où nous voulons, quand nous voulons.»
D'autre part, une source militaire américaine a indiqué qu'un premier avion militaire américain, un appareil de transport C-130, s'était posé hier sur l'aéroport de Bagdad. L'armée américaine affirme y avoir massé 7000 soldats en vue d'y installer un campement.
Aucun bilan n'est disponible en ce qui concerne les pertes civiles irakiennes à Bagdad, mais un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, Roland Huguenin-Benjamin, a déclaré à Reuters: «Au plus fort des bombardements les plus violents, une centaine de blessés arrivent toutes les heures.»
Ailleurs dans le pays, des soldats américains s'employaient à Karbala à rechercher des armes et des combattants irakiens embusqués et à renforcer les arrières des forces concentrées autour de Bagdad. À Bassora (Sud), les forces britanniques ont effectué une deuxième incursion, la plus importante dans la deuxième ville irakienne depuis le début de la guerre le 20 mars. Une colonne de 40 blindés est entrée hier dans la ville et, pour la première fois, des postes de contrôle y ont été installés, a annoncé le capitaine Al Lockwood, un porte-parole des forces britanniques dans le Golfe.
Cela faisait près de deux semaines que les troupes britanniques étaient positionnées autour de la ville portuaire du sud de l'Irak.
Chaleur et exode
Sous une température de plus de 35 degrés centigrades, des milliers de familles ont quitté la ville à pied ou dans des voitures bondées avec une partie de leurs biens, afin de se mettre à l'abri en province. Leur exode a été ralenti par la présence sur la route de convois militaires américains progressant vers Bagdad. Le long des routes, on peut apercevoir des corps de soldats irakiens et des véhicules carbonisés. «L'armée américaine évalue les pertes dans les rangs de l'armée irakienne à environ 2000 depuis le début de l'attaque contre la banlieue de Bagdad», a dit le commandant Rumy Neilson-Green au siège du Commandement central américain, basé au Qatar.
Le ministre irakien de l'Information Mohammed Saïd al Sahaf a déclaré pour sa part que les forces fidèles à Saddam Hussein continuaient à combattre les troupes de la coalition.
Les forces américaines ont déclaré hier avoir capturé ou tué des combattants étrangers qui ont permis la découverte d'un camp d'entraînement «terroriste».
Hier soir, la télévision satellitaire irakienne a montré Saddam Hussein en tenue militaire présidant une réunion avec de hauts responsables politiques et militaires irakiens, dont ses deux fils.
Bush et Blair à Belfast
George Bush et Tony Blair se retrouvent par ailleurs pour la troisième fois en trois semaines avec un programme pour le moins chargé, allant de l'Irak au conflit israélo-palestinien en passant par l'Irlande du Nord.
Les forces de leur coalition ayant gagné un terrain considérable en direction de Bagdad, ce troisième sommet, qui se déroule à Belfast, sera vraisemblablement plus détendu que le précédent, organisé à l'issue d'une première semaine de combats délicate.
Le volet militaire de leur rencontre est certes essentiel, mais le président américain et son hôte n'auront que peu de temps à lui consacrer s'ils souhaitent réellement venir à bout de cet ordre du jour des plus ambitieux. «Je leur souhaite bonne chance. Mais, franchement, s'ils règlent tout cela en deux jours, je veux bien qu'on m'appelle Donald Duck», a ironisé un diplomate occidental en poste à Londres. Issus de familles politiques aux antipodes l'une de l'autre, Blair et Bush semblaient moins disposés à des rapports personnels aussi forts que ceux qui unissaient Bill Clinton au premier ministre britannique. Les événements du 11 septembre 2001, puis les campagnes d'Afghanistan et d'Irak, ont pourtant forgé une entente qui semble à toute épreuve.
Engagés en fin d'après-midi, des combats très intenses se poursuivaient en soirée, notamment dans les faubourgs sud et sud-est de Bagdad, où les violentes déflagrations se succédaient à un rythme quasi ininterrompu, selon un journaliste de l'AFP.
Largement plongée dans l'obscurité, soumise aux bombardements continus, la capitale irakienne a sombré hier dans une atmosphère de siège, avec des habitants terrés chez eux, des rues désertées et le renforcement de la présence de militaires en armes.
Au 18e jour du conflit, le ministre irakien de l'Information a insisté pour sa part sur la résistance opposée par les forces irakiennes aux troupes d'invasion.
Par ailleurs, lors d'un nouveau cas de «tir fratricide», un avion américain a bombardé un convoi transportant des éléments des forces spéciales américaines et des combattants kurdes, tuant 18 Kurdes dont l'interprète du journaliste de la BBC John Simpson. Ce dernier a été légèrement blessé.
D'autre part, sans qu'on sache dans l'immédiat s'il s'agissait d'une «bavure» ou d'une attaque irakienne, un convoi diplomatique russe a été la cible de tirs alors qu'il quittait Bagdad pour la Syrie. Cinq personnes ont été blessées. Pendant ce temps, un officier américain, le colonel Will Grimsley, a déclaré que les forces américaines étaient «sur le point» de contrôler tous les grands axes menant à Bagdad.
Le raid blindé de samedi dans la ville était une «reconnaissance en force», un concept vieux comme la cavalerie. C'est par exemple ce que faisaient les Uhlans prussiens lors de la guerre de 1870. Il s'agit de tester les capacités de la défense de l'adversaire, sans oublier la dimension psychologique. «Sur le champ de bataille, les messages sont cruciaux dans notre stratégie» a reconnu le général Victor Renuart, porte-parole américain. En substance, le message délivré samedi matin est le suivant: «Nous allons où nous voulons, quand nous voulons.»
D'autre part, une source militaire américaine a indiqué qu'un premier avion militaire américain, un appareil de transport C-130, s'était posé hier sur l'aéroport de Bagdad. L'armée américaine affirme y avoir massé 7000 soldats en vue d'y installer un campement.
Aucun bilan n'est disponible en ce qui concerne les pertes civiles irakiennes à Bagdad, mais un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, Roland Huguenin-Benjamin, a déclaré à Reuters: «Au plus fort des bombardements les plus violents, une centaine de blessés arrivent toutes les heures.»
Ailleurs dans le pays, des soldats américains s'employaient à Karbala à rechercher des armes et des combattants irakiens embusqués et à renforcer les arrières des forces concentrées autour de Bagdad. À Bassora (Sud), les forces britanniques ont effectué une deuxième incursion, la plus importante dans la deuxième ville irakienne depuis le début de la guerre le 20 mars. Une colonne de 40 blindés est entrée hier dans la ville et, pour la première fois, des postes de contrôle y ont été installés, a annoncé le capitaine Al Lockwood, un porte-parole des forces britanniques dans le Golfe.
Cela faisait près de deux semaines que les troupes britanniques étaient positionnées autour de la ville portuaire du sud de l'Irak.
Chaleur et exode
Sous une température de plus de 35 degrés centigrades, des milliers de familles ont quitté la ville à pied ou dans des voitures bondées avec une partie de leurs biens, afin de se mettre à l'abri en province. Leur exode a été ralenti par la présence sur la route de convois militaires américains progressant vers Bagdad. Le long des routes, on peut apercevoir des corps de soldats irakiens et des véhicules carbonisés. «L'armée américaine évalue les pertes dans les rangs de l'armée irakienne à environ 2000 depuis le début de l'attaque contre la banlieue de Bagdad», a dit le commandant Rumy Neilson-Green au siège du Commandement central américain, basé au Qatar.
Le ministre irakien de l'Information Mohammed Saïd al Sahaf a déclaré pour sa part que les forces fidèles à Saddam Hussein continuaient à combattre les troupes de la coalition.
Les forces américaines ont déclaré hier avoir capturé ou tué des combattants étrangers qui ont permis la découverte d'un camp d'entraînement «terroriste».
Hier soir, la télévision satellitaire irakienne a montré Saddam Hussein en tenue militaire présidant une réunion avec de hauts responsables politiques et militaires irakiens, dont ses deux fils.
Bush et Blair à Belfast
George Bush et Tony Blair se retrouvent par ailleurs pour la troisième fois en trois semaines avec un programme pour le moins chargé, allant de l'Irak au conflit israélo-palestinien en passant par l'Irlande du Nord.
Les forces de leur coalition ayant gagné un terrain considérable en direction de Bagdad, ce troisième sommet, qui se déroule à Belfast, sera vraisemblablement plus détendu que le précédent, organisé à l'issue d'une première semaine de combats délicate.
Le volet militaire de leur rencontre est certes essentiel, mais le président américain et son hôte n'auront que peu de temps à lui consacrer s'ils souhaitent réellement venir à bout de cet ordre du jour des plus ambitieux. «Je leur souhaite bonne chance. Mais, franchement, s'ils règlent tout cela en deux jours, je veux bien qu'on m'appelle Donald Duck», a ironisé un diplomate occidental en poste à Londres. Issus de familles politiques aux antipodes l'une de l'autre, Blair et Bush semblaient moins disposés à des rapports personnels aussi forts que ceux qui unissaient Bill Clinton au premier ministre britannique. Les événements du 11 septembre 2001, puis les campagnes d'Afghanistan et d'Irak, ont pourtant forgé une entente qui semble à toute épreuve.
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